LAURE
Il semble que le sujet ne soit qu'au début du brightisme el seuls, les procédés expérimentaux d'exploration rénale rendent le diagnostic certain. C'est ainsi que le bleu de méthylène n'est apparu que très tard dans l'urine, et que son élimination a persisté trois jours. La cryoscopie a établi un schéma d'insuffisance rénale très accentué.
Comment faire cadrer avec une néphrite, le chiffre 12 de tension que présente le pouls du sujet ? On doit, vraisemblablement, considérer cette hypotension comme tributaire de la tuberculose. (La tuberculine possède un pouvoir hypotensif nettement établi à l'heure actuelle.) Notre malade a un sommet suspect et une séro-réaétion positive.
Nous avons poursuivi, durant un mois, le dosage des chlorures urinaires. Leur chiffre atteint 20 grammes en 24 heures, en moyenne, avec un régime alimentaire qui n'en contient que 9. L'épreuve de la chlorurie alimentaire a amené une décharge chlorurée qui a persisté durant trois jours après la suppression de la potion salée.
La polydipsie, la sécheresse de la peau, l’amaigrissement de l'organisme ne figurent pas dans l'observation. Il y a trop peu de temps que le sujet a commencé à se déchlorurer pour que ces signes soient assez accusés pour frapper l'attention.
Nous avons enregistré dans ce travail les observations suivantes, parce qu'elles nous ont paru pleines d'intérêt, bien plus que pour le syndrome chlorurique qui y est très discutable.
Observalion V (1). — L'évolution morbide se trouve
(4) MM. Cramin et Pnizippe. Lyon Médical, 6 octobre 1907.
ici bien différente. Le sujet n'est plus un brightique. Le rein ne présente que des phénomènes aigus et la néphrite a disparu quand le malade revient dans le service pour des lésions pleuro-pulmonaires.
Avant de parler de diabète hyperchlorurique, dans le cas présent, il s’agit de résoudre l'objection suivante l'observation mentionne chez le sujet un « œdème généralisé » avant l'entrée à l'hôpital et de la « bouffissure de la face », à la réception du malade. La hausse du taux des chlorures urinaires ne proviendrait-elle pas de la fonte des œdèmes ?
Il ne faut pas perdre de vue que le 3 mai, date de l'arrivée du sujet, l'œdème généralisé a disparu et ne saurait être, par sa résorplüion, la source de l’hyperchlorurie qui, d’ailleurs, n'existe pas encore. ;
On ne saurait admettre, d'autre part, que l'æœdème de la face contenait une quantité de NaCI capable d'alimenter une hyperchlorurie, qui a duré du 6 mai au 1* Juin, atteignant des chiffres de 27 gr. 95 avec un régime hypochloruré.
Le malade puise donc bien dans les éléments consütuuils de ses tissus, pour éliminer pareille quantité de chlorures.
La polyurie, très marquée, s'élève jusqu'à 4 litres 500. La polydipsie en est le corollaire.
Quant à l'adynamie, elle se manileste bien aussi, mais dans une affection aiguë, on peut aussi bien la mettre sur le compte de l'état fébrile, sans y voir un signe de diabète.
La sécheresse de la peau n’a pas été notée. C'est naturel, car lhyperchlorurie n’a pas duré longtemps.
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Ce qui donne de l'intérêt à ce diabétique, n’est-çe point l'évolution aiguë de son syndrome et son âge peu avancé (24 ans)?
Le syndrome ne figure plus ici une affection chronique
Ÿde longue durée. Il débute au contraire avec la néphrite, évolue et disparaît avec elle. Le tout a duré deux mois à peine, et quand le malade revient dans le service, en octobre, c'est pour une pleuro-pneumonie. La néphrite el le syndrome de diabète sont terminés.
Observalion VI (1). — L'histoire de ce malade n’est pas dénuée d'intérêt. Depuis huit ans, il parcourt les hôpitaux à la recherche d’une guérison, qu'on est impuissant à lui procurer. On lui pratique la cystostomie sans obtenir d'amélioration, et la néphrotomie est inefficace. Une troisième laparotomie reste sans résultats. Il arrive enfin, dans un service de médecine, où il offre à résoudre un problème clinique des plus attrayants.
Depuis seize ans environ, le malade émet des urines presque toujours purulentes et très souvent hématuriques. Hématuries notables évaluées approximativement à 100 grammes de sang en 24 heures et durant plus de 50 jours par an. L'hypothèse d’une cystite se trouve éliminée par la cystostomie et l'examen cystoscopique. La néphrotomie qui a permis de constater des lésions de néphrile interstitielle, rattache à ce dernier diagnostic, qu'il serait bien difficile d'établir à l’aide des seuls signes cliniques.
(1) Service de M. Paul Courmonr. — En partie inédite,
op
La faiblesse de tension pourrait s'expliquer par les hémorragies, mais il n'y a ni gros cœur, ni galop. L'albuminurie ne s'accompagne pas de cylindres. Seules, les douleurs qu'éprouve le malade avant d'uriner des caillots sanguins, font penser à l’uretère et à des lésions rénales.
Quoi qu'il en soit, on doit porter le diagnostic de néphrite hématurique, de nature indéterminée.
C'est dans ce cadre qu'on pourrait peut-être voir le syndrome hyperchlorurique. Polyurie, polydipsie, polyphagie, sécheresse de la peau, muqueuse buccale desséchée, chlorurie de 20 grammes environ, dépassant la moyenne.
Toutefois, le sujet est un gros mangeur et la hausse du taux chloruré des excreta pourrait bien n'avoir sa cause que dans la hausse de ce taux dans les ingesta. En faveur de cette remarque, il suffit de lire les analyses urologiques où l’on constate aussi une hyperazoturie ct une hyperphosphaturie.