‹ Diabète Insipide SyphilitiqueChapitre 7 sur 16 · MARQUES · texte numérisé non relu

MARQUES

mie propre du diabète insipide spécifique, physionomie qui nous semble justifier sa classification en marge du groupe important des polyuries simples, souligner la fréquence de ses manifestations comme aussi l'efficacité souvent remarquable du traitement anti-syphilitique appliqué dans des con-

ditions pathologiques favorables, nous a paru tâche

utile.

Nous avons été incité à l’entreprendre par notre Maître, M. le Professeur LEBON, qui très bienveillamment, nous a communiqué une observation personnelle inédite particulièrement typique. Nous le prions de bien vouloir trouver ici l'expression de notre plus vive gratitude.

Nous avons pensé devoir adopter pour notre travail le plan classique.

Rappelant tout d’abord dans un premier châpitre les données essentielles du diabète insipide, nous avons, dans les suivants, successivement abordé létiologie, la pathogénie, la symptomatologie de cette affection sous langle spécial de la cause spécifique.

Rapportant ensuite les observations qui nous ont semblé les plus caractéristiques, nous avons mis en parallèle les méthodes curatives habituellement mises en œuvre dans les cas de diabète insipide selon que leur étiologie en est ou non syphi-

‘litique et nous avons souligné les résultats obtenus.

Nous avons enfin présenté les conclusions qui nous ont paru s'imposer.

Le nom de diabète, formé du grec « dia » et « bainein », passer à travers, fut créé pour désigner précisément un trouble de la fonction urinaire caractérisé par une augmentation considérable et permanente du volume des urines émises, en dehors de toute lésion cliniquement appréciable des reins ou de toute influence toxique ou médicamenteuse.

Il est donc strictement synonyme de polyurie.

Les travaux de Thomas Wiczis (1674), en révélant la présence de sucre dans les urines de certains polyuriques, montrèrent qu’il existait deux sortes de diabètes : le diabète sucré et le diabète non sucré qui fut dit énsipide.

PR. Wiuus, en 1838, montrant que certains diabètes insipides s’accompagnaient d’une él'inination excessive d’urée, ouvrit la voie à de nouvelles 1!:divisions fondées sur la nature des produits d’excrétion en excès, et l’on détacha successivement le diabète azoturique, le diabète oxalique, le diabète phosphaturique, etc.

Ces polyuries peuvent être considérées comme conditionnées par la nécessité d’augmenter la quantité du solvant destiné à diluer les substances solubles en excès.

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En dernière analyse, il reste une polyurie caractérisée, d’une part, par l’absence de toute substance anormale, et, d’autre part, par le fait que l’élimination journalière des produits d’excrétion habituellement rencontrés dans l'urine ne subit aucune modification quantitative, et que, seul de tous les éléments RU de l’urine, l’eau est éliminée en excès.

C’est à elle que convient le nom de polyurie essentielle, dont on la nomme souvent, et à qui Mar- TINET proposait de donner celui de cryptogènétique, ce qu’il estimait plus conforme à l’état actuel de notre connaissance, en attendant que la physiologie pathologique ait livré le secret du mécanisme intime de sa production.

Nous continuerons à l’appeler le diabète insipide, et nous le définirons ainsi :

un état morbide caractérisé par une polyurie plus ou moins considérable sans aucun trouble quantitatif portant sur les autres éléments normaux de l’urine.

Symptôme capital, la polyurie est d'importance variable; s’établissant le plus souvent entre 4 et 10 Litres, elle pourrait atteindre, au dire de certains auteurs, 20 et même 490 litres par jour. Il faut avouer que de tels chiffres n’ont jamais été rigoureusement contrôlés et que des observateurs dignes de foi les contestent fortement.

Les mictions sont toujours très copieuses. Elles sont généralement assez espacées pour permettre Pexercice des occupations habituelles. Certains malades, cependant, ont une pollakiurie et une

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polydipsie si accusées que leur existence se passe littéralement à boire et à uriner.

Il est assez curieux de noter que les polyuriques sont en même temps des bradyuriques. Une ingestion excessive de liquide se traduira par une augmentation de l'élimination plus tardive chez eux que chez le sujet normal.

Le rapport de la quantité d’eau ingérée à celle éliminée par l’urine est plus élevé chez ces malades que chez l’homme sain. Alors que chez celui-ci il est de 60 à 70 pour 100, il s’élève chez ceux-là à 80 ou 90 pour cent, et l’élimination peut même être supérieure à l’absorption, surtout si celle-ci a été volontairement restreinte.

Le premier résultat de cette élimination excessive de l’élément eau est, naturellement, une forte diminution de la concentration des autres éléments

de l’urine. D’où abaïissement de la densité qui os-

cille généralement entre 1001 et 1005, ne dépassant pas 1010, et une teneur en urée, chlorures, phosphates, etc. probablement inversement proportionnelle au volume des mictions.

Une deuxième catégorie d'effets résulte de la deshydratation de l’organisme de tels malades.

La soif est ardente et les polyuriques sont en même temps des polydipsiques satisfaisant leur besoin de récupérer le liquide éliminé en excès par l'absorption, en quantités considérables, de boissons de toute nature, même, a-t-on dit, (BoOUcHUT), leur propre urine. Ils paraissent même jouir, à l'égard de la quantité ou de la qualité des liquides ingérés, d’une tolérance particulière. Certains

ont pu impunément absorber les liquides les plus pollués, et l’on connaît le cas de TROUSSEAU, dont le malade pouvait absorber, sans que-livresse en résultât, 20 litres de vin en une séance, et celui de NEWMARK, dont le malade, âgé de 10 ans, pouvait boire, sans être incommodé, 6 litres de vin.

Ce phénomène constant n’avait pas échappé aux observateurs qui l'ont longtemps considéré comme une cause et non comme un effet. FT

Les sécrétions externes de la plupart des glandes sont influencées par cette déshydratation.

La sécrétion sudorale est diminuée, ce qui peut engendrer des dermatoses variées. Mais aussi la sécrétion des glandes sébacées est ralentie, et les séborrhées grasses et diverses séborrhéïdes peuvent s’en trouver améliorées.

Les glandes du tube digestif elles-mêmes voient leur activité diminuée, ce qui explique nombre de troubles dyspeptiques secondaires.

Cependant, les différentes fonctions rénales restent intactes et seule l'hyperperméabilité du rein à l’eau caractérise la maladie.

Sont aussi absolument normaux, le fonctionnement du foie, du poumon, du cœur. Le sang des polyuriques est normal, et il est tout à fait rare de trouver chez eux de l’anémie globulaire ou de la lymphocytose.

Encore qu’on doive noter assez Souvent quelques troubles fonctionnels dépressifs, tels qu’asthénie, frilosité, hypotension, ralentissement du pouls, narcolepsie, etc, c’est toujours la polyurie qui constitue à peu près uniquement la sSymptomatologie du diabète insipide.

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L'évolution est d'ordinaire très lente, et nombre de malades paraissent n’avoir, durant de longues années, qu'une infirmité dont ils s’accomodent.

Les facteurs étiologiques du diabète insipide sont actuellement bien connus.

On en a fait longtemps une maladie nerveuse, le diabète nerveux, et à l’époque où le génie de CHARCOT avait marqué de son empreinte toutes les conceptions pathogéniques et ouvert le domaine illimité de l’hystérie, on ne manqua pas de l'y faire entrer. L’émotion violente paraît certainement plusieurs fois avoir marqué son début, encore qu’elle semble plutôt être un facteur de la pollakiurie. Des observations probantes ont été faites par R. BEs- NARD, M. BRIAND, ROUQUIER, de diabète post-encéphalitique.

Les maladies infectieuses, pneumonie, typhoïde, tuberculose, ont été, à différentes reprises, notées parmi les antécédents des malades sans que leur caractère causal puisse être nettement établi.

Plus proche de la réalité paraît être l’influence de la diphtérie (CATOLO) ou d’une infection de l'amygdale (cas signalé et non publié de polyurie passagère ayant duré un mois après un abcès amygdalien), comme s’il subsistait entre le pharynx et l’hypophyse un souvenir de la parenté embryogénique.

Les lésions de l’hypophyse et de la région périhypophysaire se retrouvent très souvent dans l’étiologie du diabète insipide et paraissent y jouer un rôle déterminant.

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De nombreux cas ont été signalés à la suite de tumeurs primitives ou secondaires de la base du crâne (Professeurs SIMMON, NEWMARK, Guiseppe JoNa), de corps étranger de la région hypophysaire (MaRANON et PiINTos), de traumatisme (LANCE- REAUX).

Enfin, la syphilis tient dans l’étiologie du diabète insipide une place considérable et dès longtemps signalée par les anciens auteurs qui n’oubliaient pas de mentionner la paralysie générale et la sclérose en plaques parmi les antécédents de ces polyuriques.

C’est à l'examen de ce facteur, dont les acquisitions récentes dans le domaine de la sérologie parmettent de mesurer la fréquence même en dehors de toute manifestation clinique, que nous nous proposons de consacrer la suite de la présente étude.

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Il ne pouvait s’agir d'apporter dans cette étude le résultat de notre pratique personnelle. Le diabète insipide est une maladie d’évolution lente et à laquelle on finit par s’accomoder, elle ne conduit guère à l’hospitalisation. C’est à peu près uniquement à la consultation qu’on la rencontre. Heureux quand la fidélité du malade permet d’en suivre la marche et de mesurer les effets des traitements institués.

C’est pourquoi les observations complètes sur le sujet qui nous occupe sont relativement rares, bien que la maladie elle-même soit loin de l'être. Mais si tout a été dit sur sa symptomatologie, la pathogénie en est encore fort obscure, et le traitement ordinairement fort inconstant dans ses résultats, ce qui encourageait peu les observateurs à mettre le public au courant de la stérilité de leurs recherches et de l’échec de leur thérapeutique.

Il est cependant des cas où le traitement donne des résultats immédiats et durables.

C’est lorsque l’origine spécifique de la lésion causale — quelle qu’elle soit — a pu être établie. Dans ce cas, le traitement antisyphilitique peut amener de véritables guérisons.

Nous avons eu la bonne fortune d’être autorisé par Monsieur le Professeur LEBON à nous servir d’une observation recueillie par lui et particulièrement probante à cet égard.

Nous ne pouvions cependant, quel qu’en fut l’intérêt, asseoir des conclusions générales sur un cas particulier. Aussi, nous a-t-il paru nécessaire autant qu’intéressant de rassembler les observations qui ont été publiées sur ce sujet, dans la littérature médicale de ces dernières années, de les étudier sous l’angle d’un rapport possible entre la syphilis et le diabète insipide, et de rapprocher celles où ce rapport a été recherché, des faits consignés dans l'observation qui fait l’objet principal de ce travail.

Nous pensons que de cette confrontation pourraient se dégager quelques idées générales utiles quant à la pathogénie et au traitement du diabète insipide d’origine spécifique.

Nos investigations ont porté sur une période de vingt années (1910-1930). Nous avons pensé pouvoir négliger les publications antérieures parce qu’en matière de syphilis, ce n’est guère que depuis la découverte et l'application systématique des méthodes nouvelles de diagnostic sérologique, que l’on peut dépister l’existence d’une maladie dont les symptômes visibles ont depuis longtemps disparu, et, soit qu’ils aient été oubliés du malade, soit qu’il les ait ignorés, soit encore qu’il tienne à les dissimuler, demeurent inaperçus du clinicien.

En nous excusant par avance si quelques études

ont échappé à nos recherches, nous enregistrons

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r Les méthodes de séro-r 1

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