‹ Diabète Insipide SyphilitiqueChapitre 8 sur 16 · ARR CE · texte numérisé non relu

ARR CE

ETIOLOGIE

L’examen très attentif de ces 132 observations ne révèle vraiment parmi les antécédents héréditaires ou personnels des malades aucun caractère morbide commun se représentant avec une fréquence suffisante pour qu’on puisse penser à en faire un facteur déterminant.

Les auteurs signalent assez souvent cependant des tares somatiques, des états de dégénérescence physique ou mentale, ils parlent de neurosyphilis, et toutes ces mentions, quelques vagues et imprécises qu’elles soient, incitent assez souvent à considérer comme possible l'établissement d’un lien causal entre l'affection syphilitique probable et la polyurie.

Mais la plupart du temps, non seulement la syphilis ne fut pas rigoureusement recherchée, maïs surtout il ne fut institué aucun traitement spécifique, et nous ne pouvons utiliser ces observations au point de vue spécial qui nous occupe, puisque l'hypothèse ne fut pas posée, et qu'aucune épreuve ne vint ni la confirmer, ni l’infirmer.

Retenons-en seulement la confirmation de cette indication des anciens auteurs que la syphilis se retrouve fréquemment dans ies antécédents des polyuriques.

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Nous ajouterons cette notion à celle qui découle de l'étude des 22 cas où la syphilis fut recherchée par les méthodes sérologiques, ou prouvée, soit par l'existence certaine de lésions spécifiques antérieures, soit par l'examen anotomo-pathologique, soit par l'effet du traitement d’épreuve.

Dans 13 de ces cas, la preuve d’une infection syphilitique fut faite. Dans les 9 autres cas, examen clinique, séro-réaction ou traitement spécifique ne donnèrent aucun résultat.

Cependant, nous pensons que l'application SYStématique des méthodes d'investigation modernes qui devient une règle à laquelle se soumettent de plus en plus étroitement les cliniciens, confirmera dans l’avenir l’idée qui se dégage de cette modeste étude, que la syphilis est très fréquemment le facteur déterminant du diabète insipide.

Selon les anciens auteurs, la polyurie était surtout une maladie des adultes jeunes s’observant le plus souvent avant la vingtième année.

Les auteurs modernes reconnaissent qu’elle s’observe plutôt entre la vingtième et la quarantième année.

Il semble qu’en ce qui concerne le diabète insi-. pide d’origine syphilitique, les limites moyennes de l’âge des sujets soient quelque peu reculées.

Si dans nos observations nous relevons un cas à 12 ans, nous en trouvons 3 entre 20 et 30 ans, 4 de 30 à 40 ans et 3 au-dessus de 40 ans, le plus ancien à 65 ans.

Il serait donc plus fréquent dans la seconde moi-

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tié de la vie. Nous pensons pouvoir en donner tout à l’heure une explication satisfaisante.

Le sexe paraît n’être pas sans influence sur l’apparition de la maladie.

BrissAUD a insisté sur la plus grande fréquence chez les hommes, bien que la plupart des auteurs s’accordent à trouver la femme aussi souvent atteinte, et que quelques-uns, parmi ceux qui ont serré la question de plus près, concluent à sa prédominance chez le sexe féminin.

S'il s’agit de polyurie essentielle, de diabète nerveux, de diabète hystérique, ceux-ci peuvent avoir raison.

S'il est question de diabète insipide traumatique ou conditionné par une tumeur de la base, il est évident que l’influence du sexe ne doit pas jouer.

Il en va autrement si l’on considère seulement le diabète insipide syphilitique.

Déjà dans nos onze observations, nous trouvons 8 hommes et 3 femmes seulement.

Est-ce à dire que celles-ci sont moins exposées de par la constitution de leur sexe au diabète insipide ?

Ce n’est pas notre pensée.

Mais les hommes, pour des raisons qu’il est inutile de développer ici, sont plus exposés à contracter la syphilis.

Or, le diabète insipide paraît être une complication de la syphilis, et de la syphilis acquise.

Les observations que nous rapportons ci-après sont démonstratives à cet égard. Elles nous mon-

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trent la syphilis acquise à l’origine de la polyurie 9 fois, et l’érédo-syphilis une fois seulement.

Le simple bon sens fait comprendre que cette complication d’un stade d’évolution tardif de la syphilis sera plus fréquemment observée dans le sexe qui est le plus souvent infecté, et à un âge assez éloigné de celui où on la contracte d’habitude.

C’est ainsi, du moins, que nous nous expliquons les prédominances d'âge ou de sexe que nous avons constatées.

En résumé, il semble que nous puissions sans apparence d'erreur, énoncer le fait suivant : Le diabète insipide syphilitique sera une affection de l'homme l'atteignant surtout dans la deuxième moitié de sa vie. C’est une manifestation de la syphilis tertiaire, encore qu’il ne soit pas illogique de penser qu'une poussée méningitique en pleine période secondaire soit susceptible de la provoquer.

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