‹ Diagnostic bactériologique post mortem au point de vue médico-légal de certaines septicémies (Travail de l’Institut médico-légal)Chapitre 12 sur 40 · RON RE · texte numérisé non relu

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longue : lorsqu'il succombe, on trouve dans différents organes des lésions circonscrites de même ordre que celles que produit le microbe au point d’inoculation, dans le cas d’inoculation sous-cutanée : en l'espèce, ce sont des abcès. La culture du sang faite à ce moment ne révèle pas nécessairement la présence du microbe, qui peut avoir disparu du sang. On interprète la première modalité comme la résultante de l'injection d’une dose considérable de microbes, ou, si la dose est faible, on attribue à ces microbes une qualité spéciale qu’on appelle la virulence.

Le second cas est interprété comme l'expression de l’inoculation d’une dose faible, ou, si la dose est forte, du manque ou de l’atténuation de la virulence. Dans ce second cas, on obtient, avec une virulence très atténuée, des lésions seulement sur les séreuses, en particulier les articulations, les méninges, les centres nerveux médullaires.

Gilbert et Lion avec le colibacille, Gilbert avec le staphylocoque, Widal et Bezançon avec le streptocoque, ont obtenu par l’inoculation intravasculaire de races atténuées des myélites tardives. Gilbert a même obtenu avec le colibacille des méningites après inoculations intraveineuses. Besançon et Griffon, expérimentant avec le pneumocoque, ont obtenu par la voie veineuse la septicémie hémorragique avec des races virulentes et des arthrites suppurées tardives en vaccinant préalablement

l'animal.

La septicémie observée chez l’homme est calquée sur l’exemple choisi expérimentalement chez l'animal. La plupart des micro-organismes peuvent la provoquer : les cocci (streptocoque, staphylocoque, pneumocoque, tétragène, méningocoque, gonocoque, micrococcus melitensis), les bactéries (bacille d’Eberth, coli, pneumobacille, bacille de la peste, etc.).

Mieux encore que ces bactéries, les spirochètes sont des agents de septicémie obligatoire quand ils atteignent l’orga:nisme. Le spirochète d’Obermeier, agent du typhus récurrent.

La fièvre jaune, attribuée jadis à un virus filtrant, est, comme l’a découvert Noguchi, déterminée par un spirochète

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qui foisonne d'abord dans le sang avant de détruire le foie. Dans le sodoku, Futaki et Takaki ont découvert un spirochète qui paraît bien être l’agent pathogène. Ce spirochète envahit d'abord le système lymphatique, puis passe dans le sang.

La syphilis peut être considérée comme une septico-pyohémie chronique. La phase de septicémie correspond à la période secondaire et paraît être constituée avec la roséole. Cette septicémie a été démontrée par les recherches de Palido-Valente, de Uhlenhut, et Mulzer, de Brown et Pearce.

La même conception s'applique au pian.

Si nombre de microbes sont susceptibles de pulluler dans le sang et de créer la septicémie, cette aptitude présente des degrés et paraît faire totalement défaut pour quelques espèces bactériennes.

Alors que l’hématozoaire du paludisme et le bacille du charbon peuvent se multiplier dans le plasma sanguin jusqu’à devenir aussi abondants que les hématies elles-mêmes, nous savons que les bacilles tétanique, diphtérique, botulique, agissant sur l’organisme par des toxines, restent cantonnés au point d’inoculation et ne passent pas dans le sang pour s'y multiplier. Ils paraissent incapables de provoquer la bactériémie. Il en est de même pour le bacille dysentérique de Shiga et pour le vibrion cholérique.

Pour le bacille tuberculeux, tandis qu’en France la majorité des auteurs (Besançon, Philibert, Bernard, Debré, Verbizier) constatent qu’en dehors des cas de granulie, le bacille ne se trouve jamais, ou exceptionnellement, dans le sang, certains auteurs étrangers : Rosemberg, Liebermeister, Kurashige, prétendent qu'il y existe d’une façon constante au cours de la tuberculose pulmonaire, et même chez nombre d'individus sains. Mais la constatation de quelques bacilles isolés dans le sang ne constitue pas la septicémie, et on peut conclure que la tuberculose n’est pas cliniquement, pour l’homme, une septicémie.

En résumé, 1l y a des microbes qui ne peuvent créer la maladie qu’en passant dans le sang; ils ont une aptitude pré-

pondérante à y vivre et à s’y multiplier. Dans la maladie qu'ils déterminent, la bactériémie est obligatoire. |

Il est d’autres microbes, opposés à ceux-ci, qui paraissent complètement inaptes à végéter dans le sang. S'ils y pénètrent, ils ne s’y multiplient pas et disparaissent.

Enfin, il y a des microbes, plus nombreux, qui, susceptibles de créer des lésions locales, peuvent passer dans le sang; s'ils sont aptes à s'y développer, ils créeront une septicémie clinique; s ils sont inaptes, leur passage, que pourra déceler une hémoculture, sera éphémère; une localisation secondaire pourra résulter de ce passage.

Le premier groupe constitue les septicémies essentielles, et comprend le charbon, la fièvre jaune, la peste, etc.

Le troisième groupe, qui constitue les septicémies secondaires, est celui qui nous occupe plus particulièrement.

IT. — Etiologie des septicémies.

La pénétration du microbe dans le sang peut se produire dans des circonstances différentes. Dans un premier mode, l’inoculation est réalisée directement dans les vaisseaux par une piqûre où une blessure. Le type de ce genre est la piqüre anatomique. Les germes ainsi apportés dans la circulation sont en très petit nombre, mais leur virulence a été exaltée par un premier passage dans le milièu humoral humain. C'est à ce fait que tient la gravité de la piqûre anatomique.

Les grands traumatismes, les blessures de guerre, se compliquent fréquemment de septicémie; Abrami et Loygue ont établi un pourcentage de un tiers.

Toutes les plaies peuvent être l’origine d’une septicémie, mais ce sont surtout les plaies musculaires et les fractures ouvertes des os longs des membres qui se compliquent de septicémie dans à peu près la moitié des cas.

Dans une seconde modalité, la contamination du sang se fait par l'intermédiaire d’une infection locale. Tout foyer infectieux microbien, suppuré ou non, peut être la cause d'une. septicémie, à condition toutefois que les germes soient aptes à se développer dans le sang,

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L'infection de la plaie utérine se place en tête de la liste des affections à citer. Après un accouchement ou un avortement, l'infection puerpérale se produit, favorisée par ka rétention placentaire.

Toutes les affections locales, les abcès, panaris, phlegmons, otites aiguës, l’abcès dentaire, peuvent être la cause d'une septicémie. Le furoncle, l’anthrax, et, chez les enfants, l’ostéite, l’ostéomyélite, la suppuration du cordon ombilical, deviennent souvent la source d’un essaimage de microbes dans le sang.

La septicémie peut venir encore compliquer une maladie caractérisée, comme l’érysipèle, la méningite cérébro-spinale, la pneumonie, la variole, la scarlatine, la fièvre typhoïde. Dans ces trois dernières affections, ce n’est pas l’agent infec tieux de la maladie qui provoque la septicémie secondaire, mais bien un microbe tout différent, le plus souvent le strep tocoque.

Les causes de la généralisation dans le sang de microbes can tonnés dans un foyer local ne sont pas toutes élucidées. Très souvent un traumatisme et surtout un acte opératoire sont à la base de la septicémie. J

A côté de ces septicémies chirurgicales existent les septicémies médicales, où le traumatisme ne semble pas intervenir. Dans beaucoup de cas d’ailleurs, un traumatisme minimum existe : exulcération, éraflure, mais d’autres causes doivent intervenir pour expliquer la dissémination des germes dans le sang. Ce sont le terrain : soit une albuminurie prédisposante, soit de grandes hémorragies, dans l'avortement par exemple. Dans les maladies infectieuses, comme la typhoïde et la variole, l'affection primitive a peut-être modifié l'organisme, le rendant plus réceptif vis-à-vis d’un microbe secondaire.

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