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laquelle on se trouve. Eliminant volontairement les formes moyennes et subaiguës qui ne nous paraissent pas intéresser spécialement le médecin légisté, nous ne décrirons ici que les formes aiguës et suraiguës, qui, rapides, foudroyantes parfois, présentant peu de symptômes et nécessitant souvent une hémoculture pour l'établissement ferme du diagnostic, nous semblent se rapprocher davantage du but de notre travail.
De plus, ayant observé et expérimenté seulement sur certaines espèces microbiennes, nous décrirons spécialement la symptomatologie des septicémies qu'elles peuvent provoquer.
STREPTOCOGCÉMIE. — Forme suraiguë. — La brièveté de l’évolution, la gravité de l'infection, l'absence de toute localisation caractérisent cette forme. Le début en est brusque, la langue est sèche, les ailes du nez sont pincées, le pouls est faible, rapide, incomptable, la peau est moite. Tantôt la température est élevée, l’état typhoïde très marqué, tantôt il y a hypothermie : l’absence de réaction de l'organisme est toujours un syndrome de mauvais augure. C’est dans ces cas d'hypothermie que l’on voit apparaître le délire aigu avec agitation extrême: le malade tombe dans un état voisin du coma et meurt. La durée totale est de deux à trois jours, elle peut ne
pas excéder quelques heures.
C'est à cette forme que se rattachent les cas de purpurafulminans à streptocoques.
Forme aiguë. — Cette forme est caractérisée par sa gravité : sa durée est de trois à quinze jours. La température est élevée, les rémissions matinales sont faibles, les sueurs abondantes et répétées, l’anémie est précoce, ainsi que l’amaigrissement. Le pouls est rapide, souvent incomptable, pas de localisation secondaire. L'organisme succombe à la seule pullulation du microbe dans le sang. La mort est la terminaison régulière de cette forme.
STAPHYLOCOGGÉMIES. — La forme suraiguë des staphylococcémies est calquée sur celle des streptococcémies; sa gravité est peut-être un peu moins grande et sa durée plus longue, mais la mort est la terminaison régulière dans un cas comme dans
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l'autre, et seule l’hémoculture et l'examen bactériologique peuvent faire le diagnostic entre les deux affections.
PxeumococcémiEs. — La fréquence est beaucoup moins grande que les généralisations streptococciques. La cause principale est la pneumonie. C’est du sang d’un pneumonique que Talamon, le premier, a isolé le pneumocoque.
Tandis que Baduel, Silvestrini, Sertohi, rencontrent le pneumocoque dans le sang au cours de presque toutes les pneumonies, la majorité des auteurs, Beco, White, Marchoux, Lémierre et Cotoni, ne le décèlent que dans la moitié, le tiers, le quart des cas, et surtout dans les cas graves.
En dehors de la pneumonie, les causes de la septicémie à pneumocoques sont assez obscures, on les appelle pneumococcémies cryptogénétiques ou primitives. La porte d'entrée semble être cependant le poumon ou l’amygdale (Netter). Elles peuvent se développer à la suite d’une plaie pénétrante du poumon, la rate noire paraît y être plus spécialement prédisposée.
Forme aiguë et suraiquë. — Elle évolue avec ou sans pneumonie. Le tableau est celui d’une infection générale grave, avec prédominance des symptômes généraux, état typhique accentué, début et terminaison brusques. Une endocardite peut apparaître, bientôt compliquée de méningite, et l’évolution se fait très rapidement, en quelques jours ou même quelques heures, vers la mort.
SEPTICÉMIES A COLIBACILLES. — Formes aiguës et suraiguës. —Elles succèdent à une ulcération intestinale, une occlusion intestinale, une hernie étranglée, parfois même une simple ptose intestinale ou une constipation chronique. Le début est plus où moins brusque et le symptôme dominant est la diarrhée accoinpagnée de météorisme abdominal et de douleurs. La température est inconstante; elle peut osciller entre 38 et 39°5 ou monter jusqu'à 40 degrés et s’y maintenir. L'état général est celui d’un typhique : céphalée, abattement, langue saburrale. Une endocardite ulcéro-végétante peut survenir accompagnée ou non de péricardite suppurée. Parfois c’est une
broncho-pneumonie ou une méningite qui emporte le malade en deux ou trois jours. Ces formes graves peuvent affecter deux types : soit celui de la fièvre typhoïde, soit celui du choléra.
SEPTICÉMIE CHARBONNEUSE. — La bactéridie charbonneuse peut provoquer chez l’homme deux sortes d'accidents
1° Une infection générale sans porte d'entrée appréciable, c’est la septicémie charbonneuse ou charbon interne; .
2° Une infection locale, la pustule maligne ou l’œdème malin, c’est le charbon externe.
La septicémie charbonneuse survient presque toujours à la suite d’une inoculation d’origine animale. Quelques heures après l'accident, qui passe généralement inaperçu, des vomissements bilieux et du hoquet apparaissent, la langue est très sale, le ventre se ballonne, une diarrhée proluse survient; les urines se suppriment, le pouls est faible, une sueur froide recouvre le malade, le plus souvent hypothermique, et la mort survient dans le collapsus, précédée quelquefois de phénomènes convulsifs. Bourgeois a comparé ce tableau clinique à celui présenté par les cholériques à la période algide.