‹ Diagnostic Chimique des Comas BarbituriquesChapitre 5 sur 19 · SIGNES · texte numérisé non relu

SIGNES

Nous prendrons Comme type de description le coma profond, celui dont le diagnostic étiologique est le plus difficile, lorsqu'on ignore les circonstances qui l’ont précédé.

Le malade est amené dans le coma, en résolution musculaire complète, profondément endormi, les paupières closes. La torpeur est absolue, aucune excitation périphérique (douloureuse, lumineuse ou auditive) ne le réveille.

L’hypotonie musculaire est grande, les membres peuvent être maniés Comme ceux d'une poupée de son, ils restent dans la position où on les place. Si on les élève, ils retombent comme des masses. Le tronc peut être plié en deux, jusqu'à mettre la

tête entre les jambes.

Les réflexes lendineux sont abolis dans le coma

profond, d’après les auteurs classiques. Toutefois

nous avons vu des comas barbituriques profonds où les réflexes étaient conservés.

Il n’est pas rare de voir, même dans les intoxications graves, une torpeur intense, entrecoupée de convulsions, parfois tétaniformes, parfois épileptoides.

Les réactions pupillaires sont très variables, d’un sujet à l’autre, et chez un même malade, d’un moment à l’autre. Pour certains auteurs, la mydriase serait d’un bon pronostic et le myosis annoncerait une issue fatale.

Les sphinctlers, eux aussi, réagissent de façon variable: on note tantôt de la rétention, tantôt de l’incontinence d'urine. La constipation, toutefois, serait la règle.

La respiration est habituellement lente et profonde. Elle s'accompagne parfois de stertor, ronflement dû au flottement du voile du palais devenu inerte, et à la présence de mucosités dans l’arrière-gorge.

Le pouls est parfois petit et rapide, mais bien souvent son rythme n’est pas accéléré. Les bruits du cœur ne présentent pas de modifications. La ‘aso-dilatation est fréquente, se traduisant par de la rougeur de la face, accompagnée de transpiration.

Les troubles de la fonction urinaire sont constants, quoiqu'habituellement peu intenses. L’oligurie est de règle, se terminant par une débâcle qui coincide avec la reprise de connaissance. L’albuminerie, fréquente, peut s'accompagner de cv-

se: ER

lindrurie, d'hématurie, d’hématoporphyrinurie (MARTIN et Mac LEAx). Mais l'atteinte grave du rein peut être plus tardive, ainsi que nous le verrons dans les complications.

Les troubles des fonctions hépatiques ont été étudiés en détail dans la thèse inaugurale d’Auguste MAITRE. Cet auteur conclut que la cellule hépatique peut être touchée dans tous les aspects de son activité. Mais les manifestations cliniques de cette atteinte du foie nous paraissent peut fréquentes. Nous n'avons pas eu l’occasion d’en constater.

Nous reviendrons à propos du pronostic sur les modifications de la formule sanguine (FLANDI, JoLY et CaARLOTTI). Retenons seulement ici qu’il v a presque toujours leucocytose, de 15.000 à 25.000, avec polynucléose neutrophile aux environs de 85 %. Vers le quatrième ou cinquième jour, on note une augmentation des éosinophiles, qui peut atteindre 8 ou 9%. La formule revient à la normale vers le dixième jour. Une réaction neutropénique peut apparaître par la suite, avec mononucléose rappelant le barbiturisme chronique.

Il est un phénomene à peu près constant, bien qu'innatendu, qui a été étudié par JACQUET et DE- LORME : c’est la fievre barbilurique. La température, habituellement basse dans les premières heures, s'élève à la fin du premier jour ou au début du deuxième, Il n’est pas rare à la fin du deuxième jour, de voir une pointe à 39° ou 40°. Cette hyperthermie dure autant que le coma et baisse à mesure que le malade reprend connaïssance.

On a beaucoup épilogué sur la signification de cette pyrexie. Un seul fait reste assuré: elle apparaît en dehors de toute complication pulmonaire ou infectieuse, et elle est une conséquence directe de Pimprégnation barbiturique de lorganisme, peut-être de l’action du poison sur les centres mésencéphaliques.

Pour JACQUET et DELARUE, elle est de bon pronostic.

Pour ACHAR»D, elle est d'autant plus inquiétante qu'elle est plus marquée.

Pour River, elle n’est d'aucune valeur pronostique.

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