‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 130 sur 277 · Hématies · texte numérisé non relu

Hématies

de m:Outon

-ianiigèm).

Fig. 445. — Réaction liémolytique spécifique^

médiablement sa propriété spéciliqcie s'il -est «onirais à une tempihrat'ore de 80» ou au-dessus.

€ha«ilé à »5o il perd de même sa propiTcté spécifique, mais il suffît d'ajouter au sérum ainsi inactivé ime petite quantité de ^énnn normal d'un animal quelconque pwir ia lui faire rècuT^érer.

Par exemple {fig., 445),, le sérum d*un co:baye auquel on a injecté préalablement des héCTBaties de nM>ul)on est h^otytâque poBr lesdites hématies. Il coBstitu-e avec iesdites hénMities un système héfnolytique, c'est-à-dire que si, à une émulsion d'hématies d'C mo«tan, on ajoute du sérum de cobaye préparé (sérum antimouton), les hématies seront détruites et l'hémoglobine ratise en liberté teintera en roiîigc le tiabe Hl''e!JOpéFience.

Si on mélange de même des hématies de mouton à dti sérum de cobaye préparé (antimouton), mais préalablement chauffé à 55<>, l^^hémolyse ne se produira pas, le liquide rest/era elair ; mais H suifira ^'ajouter au mélange pi'écédent une petite quantité de sérum de cobaye <M»dinaire, non préparc, non hémolytique pour les hématies de mouton, pour qiie l'hénrolyse se

produise. Le sérum de cobaye préparé (antimouton) inactivé par la chaleur à 55° a été réactivé par addition de sérum de cobaye ordinaire, sérum de cobaye ordinaire qui ne possède aucunement la propriété spécifique d'hémolyser les hématies de mouton.

Pour expliquer ce phénomène et en faciliter Texposé on admet de façon hypothétique que le sérum de cobaye préparé antimouton, hémolytique pour les hématies de mouton, renfermait deux substances :

Une substance spécifique, Vanticorps, thermostabile, non détruite par la chaleur à 55° ;

Une substance banale, le complément^ thermolabile, détruite par la chaleur à 55°.

Uanlicorps spécifique ne se rencontre que dans les sérums spécifiques d'animaux préparés.

Le complément non spécifique se rencontre indistinctement dans tous les sérums d'animaux, préparés ou non. Il complète Tanticorps. L'anticorps isolé (sérum inactivé) est « en sommeil », il a perdu momentanément sa propriété hémolytique ; Taddition de complément le réveille, le complète, la lui fait récupérer. L'anticorps isolé, sérum inactivé, le complément isolé ne sont pas hémolytiques. Le système anticorps (sérum inactivé + complément) est hémolytique. On admet que le complément agit banalement à la façon d'un mordant qui prépare et rend possible la fixation de l'anticorps spécifique sur l'antigène correspondant, en l'espèce de l'anticorps spécifique antimouton sur l'hématie.

Ajoutons que le complément n'existe dans un sérum quelconque qu'en quantité limitée et que s'il a servi, par exemple, comme dans l'expérience précédente, à l'hémolyse d'hématies, il ne pourra plus réactiver un nouveau sérum inactivé, il aura été dévié, absorbé, fixé au cours de l'hémolyse antérieure : c'est ce phénomène qu'on désigne sous le nom de fixalion du complément.

Ajoutons encore, pour terminer ces préliminaires, que cette démonstration limitée à un exemple particulier : l'action hémolytique d'un sérum préparé (antimouton) sur les hématies de mouton, est très générale. La loi générale peut s'exprimer de la façon suivante en adoptant la terminologie hypothétique précédente :

Un sérum spécifique complet donne lieu avec Vantigéne correspondant d une réaction spécifique {hémolyse^ bactériolyse, toxityse^ etc.).

Un sérum spécifique privé de son complément par chauffage à 55°, mis en présence de Vantigène correspondant, ne donne plus naissance à la réaction spécifique. Il est décomplélé, inactivé.

Un sérum spécifique inactivé par chauffage à 55° est réactivé par addition de sérum normal lui restituant son complément. Son anticorps est complété. Le système ainsi réalise mis en présence de r antigène correspondant donne à nouveau naissance à la réaction spécifique.

Mais le complément employé dans la réactivalion précédente a été complètement absorbé, fixé par ladite réaction et ne peut plus servir à une réactivation ultérieure.

TECHNIQUE BACTÉRIOLOGIQUE

b) Technique de la réaction de Wassermann, basée sur 1 mène précédent, se réalise comme suit {fig. 446 et 447), Dans un tube on met en présence :

Éléments de la riaclion de Wassermann (Bordel-Gengou).

phéno-

A. Aniiatne.

(Foie de nouve

j-nè ayphlli-

B ! Comme oi-toQtxe.

B. Sérum suspect

nacUv« par

A' AntlBbie.

chauflaee à 55»

(Sérum de cobaye

\ llvè (onfUwpi).

) SysWme

, hémolytlqae

' ^ décomptétè.

A. L'anligène spécifique, représenté en l'espèce par une macération de foie de nouveau-né syphilitique ;

B. Le sérum du sujet suspect ; sérum privé de son complément, ■ décomplémcnté » par chaufTage à 55°;

Héaeiion de Wauermann.

Pas d'himolgte.

Fixation du complément.

Anticorps spécifique

dans le sérum suspect.

Himotgte.

Pas de fixation du complément.

Pas d'anticorps spécifique

dana le sérum suspect.

Syaléme hémolyticiue décomplété.

-*- y. Aniigéne. -*- Hématies mon Ion.

-•- B'. Antlearp*. -*-

Sènim de cobaye antlmoaton

-4- C. Complément. -^-

-4- B. Anticorps. Sérum suspect. Pas

d'anlleorps, -^

-*- A. Aniigéne eyphilitlque. -►-

Système

hèmolytique

complet.

SysUme eyphilltlqae

incomplet.

Fig. 447,

C. Du sérum normal non chaufTé et, partant, complet, de cobaye normal; bref le complémenl.

Que va-t^il se passer?

Si le sérum du sujet est normal, si le sujet n'est pas spécifique, il ne

renferme pas d'anticorp& spécijBque correspondra ni à Tantigène, en conséquence aucune réaction n'aura lieu ; le complément ne sera pas absorbé, dévié, fixé, il restera libre et pourra contribuer à une réaction ultérieure. Si le sérum du sujet est anormal, si le sujet est spécifique, il renferme au contraire Fanticorps spécifîque correspondant à Tantigène ; un système spécifique complet sera réalisé par antigène + anticorps + complément ; le complément sera absorbé, fixé et ne pourra contribuer à aucune réaction ultérieure.

Comment décélera-t-on que le complément a été fixé et, partant, que le sujet suspect est spécifique, ou qu'au contraire il n'a pas été fixé et, partant, que le sujet nVst pas spécifique? Précisément en mettant le système précédent (antigène + sérum suspect + complément) en présence d'un système hémolytique décomplété, réalisé par des hématies de mouton (antigène'^ additionné de sérum de cobaye préparé antimouton inactivé par chauffage à 55° (anticorps). Si le complément a été fixé par la réaction antérieure, c'est-à-dire si le sujet est spécifique ou, plus exactement, si le sérum du sujet examiné renferme actuellement l'anticorps^ spécifîque, ledit complément ne pourra plus réactiver le sérum inactivé de cobaye ; il n'y aura pas hémolyse. Si, au contraire, le complément n'a pas été fixé par la réaction antérieure, si le sujet n'est pas spécifique, ledit complément non fixé réactivera le sérum inactivé de cobaye : il y aura hémolyse. Tel est le principe de la réaction de Bordet-Wassermann. En fait, la technique est assez délicate et les résultats d'une interprétation plus délicate encore. Il intervient en effet des notions de masse respective des diverses substances employées dans la réaction ; la réaction est plus ou moins nette ; les techniques employées par différents observateurs ne sont pas identiques. Il en résulte des discordances tenant aux différences de techniques, aux interprétations différentes des observateurs. Il serait fort désirable d'obtenir une relative unité de technique et d'interprétation.

11 n'en est pas moins vrai que ladite réaction, pratiquée correctement, par un laboratoire consciencieux, avec une technique éprouvée, fournit des renseignements précieux, parfois indispensables, et quelques faits douteux ou erronés ou incompréhensiJ:)les ne peuvent pas être sérieusement valables contre la masse des faits avérés, précis et homogènes recueillis jusqu'ici.

Quant à l'interprétation, il conviendrait peut-être d'adopter une terminologie précise.

Ce qui a singulièrement compliqué les exposés innombrables qui ont été faits de la réaction de Bordiet-Gengou. — et celle de Wassermann qui n'en constitue qu'un cas particulier — c'est la terminologie très compliquée et très différente employée par les auteurs, une même substance voire purement hypothétique étant désignée par trois, quatre et plus dénominations différentes.

Aussi croyons-nous utile de donner un résumé de cette terminologie et de ces synonymies.

TECHNIQUE BACTÉRIOLOGIQUE 407

Anlicorps = sensibilisatrice = ambocepteur = substance intermédiaire = sérum anti-décomplémenté = sérum inactivé. Complémenl = alexine =^ cytase.

Antigène.

0} Technique dans ses éléments essentiels ^ — Quant à la réaction, elle se dispose de la façon suivante : « Dans des tubes à réaction on met en présence le système syphilitique (antigène et sérum à examiner pouvant contenir l'anticorps syphilitique) et le complément. On porte à l'étuve à 37^, pendant un temps qui varie de trente minutes à trois heures suivant les auteurs, pour donner le temps à la fixation du complément de s'effectuer sur l'antigène, s'il y a de l'anticorps syphilitique dans le sérum à examiner. On ajoute ensuite au mélange précédent le système hémolytique, c'est-à-dire les hématies de mouton et le sérum hémolytique inactivé. On reporte ensuite à l'étuve à 37°. Si, après une, deux ou trois heures, il n'y a pas d'hémolyse des globules rouges de mouton par le sérum hémolytique de lapin antimouton, c'est que le complément a été dévié dans la première partie de l'opération, c'est qu'il a été fixé sur l'antigène, c'est donc qu'il y avait de l'anticorps, de l'ambocepteur, de la sensibilisatrice syphilitique dans le sérum k examiner, c'est que le sérum provenait bien d'un sujet syphilitique. Au cas où, au contraire, l'hémolyse se produit, c'est que le complément était resté libre, n'avait pas été fixé sur l'antigène, c'est qu'il n'y avait pas d'anticorps dans le sérum à examiner, c'est que ce sérum n'appartenait pas à un syphilitique. Dans le premier cas, la réaction de Wassermann est dite positive; dans le second, elle est dite négative,

« On voit que le système hémolytique joue le rôle d'un véritable réactif indicateur, qui décèle la fixation ou la non-fixation du complément par le système sy{)hilitique.

« La réaction est fort délicate. Aussi, dans la pratique, chaque opération comporte neuf tubes, trois où la* réaction est faite avec des doses variables d'antigène et six tubes témoins dans lesquels les réactifs doivent se comporter de façon déterminée pour indiquer la valeur de la réaction. Pour plus de certitude encore, on peut faire parallèlement la réaction avec un sérum normal et un sérum sûrement syphilitique. »

En fait, les questions de préparation d'antigène, de chauffage, de dosage, ont donné naissance à d'innombrables procédés et variantes. Qui n'a pas son petit procédé? D'où, il faut bien en convenir, une certaine confusion, et trop souvent des résultats discordants et difficilement interpréta l)le.>.

Nous devons renvoyer aux traités spéciaux.

Nous donnerons seulement comme type de séro-réaction, rapide et relativement élémentaire, le procédé de Latapie-Levaditi {Soc. debioiogiey mars 1917).

La séro-réaction de la syphilis. — M. A. La ta pie propose la modification suivante au procédé de séro-diagnostic, dit rapide, décrit nagujère par M. Levaditi et lui-même.

Le sang qui vient d'être aspiré, au moyen d'une seringue, dans la veine du coude, est réparti, à raison de 2 centimètres cubes par tube, dans deux tubes à essai, dont un (tube A) renferme \^^,b d'antigène (extrait alcoolique titré de foie de fœtus hérédo-syphilitique), et Tautre (tube B) est vide et servira de témoin. Après douze et quarante-huit heures, on répartit les parties liquides, exsudées après coagulation, dans trois petits tubes de 10 millimètres de diamètre, de la façon suivante :

l«r tube : 0cc,4 du liquide provenant du tube A.

2® tube : 0cc,2 du liquide provenant du tube A. 0cc,2 d'eau physiologique.

3® tube ; O^c,! du liquide provenant du tube B. 0cc^3 d'eau physiologique.

On ajoute ensuite dans les trois petits tubes O^c,! de globules de mouton à 6 p. 100, et on les porte à Tétuve à 37° pendant une heure. Après une nouvelle heure de séjour au laboratoire, on peut procéder à la lecture des résultats.

Cette technique a l'avantage d'être plus simple que l'ancienne et de donner des résultats meilleurs.

d) Interprétation des résultats. — La réaction de Wassermann n'est pas, à proprement parler, spécifique.

l^ On peut, en effet, comme on sait, la pratiquer avec des antigènes non spécifiques^ lipoïdes divers. Elle paraît, en dernière analyse, dépendre d'une réaction biochimique d'adsorption, subordonnée à la présence dans le sang des spécifiques de lipoïdes globulaires particulièrement volumineux.

2® Elle peut être positive dans d'autres maladies que la syphilis.

Cette circonstance ne lui enlève pas pourtant toute valeur clinique, parce que, si le fait est exact en lui-même, au point de vue absolu, en pratique, les résultats positifs sont très rares en dehors de la syphilis. Ils peuvent être tels dans la frambœsia, le pian, la maladie du sommeil, la fièvre récurrente, quelques cas de paludisme, la nagana, le mal de Caderon, la dourine, la scarlatine, la lèpre et certains cas de fièvre typhoïde à type ambulatoire.

La confusion entre la syphilis et ces diverses maladies est en général peu à craindre, la plupart d'entre elles étant vraiment par trop exceptionnelles et les autres ayant une symptomatologie suffisamment précise.

Il s'ensuit donc qu'en pratique une réaction de Wassermann positive présente une grande valeur diagnostique et peut même suffire parfois pour permettre d'affirmer, selon la plus grande vraisemblance, que l'on a affaire à un sujet atteint de syphilis et même à un sujet probablement encore porteur de virus syphilitique.

D'autre part, il ne faut pas oublier en pratique qu'une réaction de Wassermann négative n'est pas un indice certain d'absence de syphilis.

Aussi, la positivité ou la négativité de la réaction ne pourrait servir de critérium absolu pour affirmer l'existence ou l'absence de la maladie;

TECHNIQUE BACTÉRIOLOGIQUE 409

on voit que ce serait aller beaucoup trop loin dans les déductions relatives à la valeur de la réaction de Wassermann que de conclure de sa seule disparition à la suite d'un traitement par l'arsénobenzol à la guérison parfaite de Finfection syphilitique.

L'expérience pratique, au surplus, montre sans réplique qu'il faut s'attendre souvent, en pareils cas, à des retours offensifs de la maladie.

En somme, l'examen des résultats donnés par les séro-réactions de Wassermann montre que, tout en conservant une grande valeur clinique, cette réaction doit être interprétée avec un esprit critique avisé et ne doit pas être considérée, même si elle est positive, comme un signe de certitude absolue.

3® La pratique prolongée de la réaction de Wassermann et de ses innombrables variétés a démontré, d'autre part, comme nous l'avons vu antérieurement pour le séro-diagnostic de la fièvre typhoïde, la nécessité du titrage des éléments de ladite réaction en vue d'une évaluation biométrique nécessaire à l'interprétation correcte des résultats obtenus.

Chaque procédé, et, pourrait-on dire, chaque observateur a son barème, malheureusement pas toujours concordant. Nous nous contenterons de donner ici, à titre d'indication, celui proposé par Hallion et Bauer.

Notions pratiques sur V interprétation de la réaction de Wassermann (D" Hallion et Bauer). — « Nous employons la méthode de Wasser^ mann proprement dite, et nous y ajoutons une épreuve avec sérum non chauffé, suivant la technique personnelle que nous avons décrite à l'Académie de médecine et à la Société de dermatologie.

«Nous distinguons six catégories de réaclions: 1° fortement positives; 2° moyennement positives ; S® faiblement positives ; 4^ subpositives ; 5° négatives, mais suspectes ; ô® complètement négatives. Chacune de ces nuances a sa signiflcation^ que nous allons indiquer.

c Notions relatives au diagnostic. — Au point de vue du diagnostic, il sufUrait de diviser les réactions en quatre catégories, car les trois degrés de réaction positive ont la même signification.

« L'essentiel à retenir est ceci :

0 10 Toute réaction positive (même faiblement positive) permet la conclusion : syphilis (1).

«2oIl en est de même, croyons-nous, de la réaction que nous appelons subposiiive. Elle permet pour le moins de regarder la syphilis comme presque sûre, nous dirions volontiers comme sûre, bien qu'elle se range parmi les négatives si l'on lient compte uniquement de l'épreuve de Wassermann proprement dite ; «

« 30 La réaction que nous disons négative, mais suspecte, comporte, en faveur de la présence de la syphilis, une probabilité encore très forte (plus de 95 p. 100) ;

« 40 La réaction complètement négative ne permet point, par elle-même, et à elle seule, de conclure que le siijet examiné est indemne de syphilis. Mais, comme nous allons le voir, sa signification devient beaucoup plus importante lorsque certaines données cliniques la viennent éclairer.

(1) Exception faite pour certains cas de lèpre et peut-être de malaria aiguë.

e) Indications pratiques relatives au mode de prélèvement du sang en vue d'une réaction de Wassermann (d'après Hallion). — Quand on prélève du sang pour des examens hématologiques tels. que dosage de l'hémoglobine, numérations globulaires, recherche de la formule leucocytaire, une technique toute spéciale est indispensable. Quand c'est pour une recherche microbienne par hémoculture, une ponction intraveineuse et une asepsie des plus rigoureuses sont requises. Rien de tel quand il s'agit d'une réaction de Wassermann, ou de toute autre réaction de fixation (échinococcique, par exemple). Ici, comme pour le sérodiagnostic typhique ou paratyphique, rien de plus simple que le prélèvement du sang nécessaire.

L'opération se résume en ceci : poser ou faire poser une ventouse scarifiée, recueillir ainsi la valeur d'une cuillerée à soupe de sang, laisser le sang se coaguler et le sérum se séparer du caillot, prélever la plus grande quantité possible de ce sérum et l'envoyer au laboratoire.

A ces données ajoutons quelques commentaires.

Manière de prélever le sang. — La quinzaine de centimètres cubes de sang à prélever s'obtient de la façon la plus simple, la plus anodine et la moins impressionnante, par un procédé d'autant mieux agréé du malade qu'il est très banal, presque absolument indolore, et qu'il exclut la cause d'émotion inhérente à la vue du sang qui coule : nous voulons parler de l'application d'une ou deux ventouses scarifiées, bien propres, dans la région lombaire, par exemple.

On peut aussi ponctionner une veine du pli du coude ; il faut employer alors une aiguille assez forte pour que le sang s'écoule assez vite et ne se coagule pas dans l'aiguille. On aspire le sang dans une seringue de 10 à 20 centimètres cubes, que l'on déverse ensuite dans un tube ou un récipient quelconque où s'opérera la coagulation. A défaut de seringue, on laisserait le sang s'écouler directement de l'aiguille dans le récipient.

La simple piqûre de la pulpe d'un doigt avec une lancette, qui suffît pour fournir les quelques gouttes de sang nécessaires au séro-diagnostic typhique de Widal, serait ici insuffisante en général.

Quantité de sang à prélever. — Il est bon, sinon indispensable, que le technicien appelé à exécuter la réaction de Wassermann dispose de plusieurs centimètres cubes de sérum du malade, de manière à pouvoir aisément faire, le cas échéant, toutes les épreuves et contre-épreuves utiles.

Un volume de sang égal à 15 centimètres cubes (une cuillerée à soupe) peut être regardé comme la quantité moyenne convenable.

Séparation du sérum. — Ce sang étant une fois recueilli, on le laisse tranquillement se coaguler, puis exsuder son sérum. Au bout de quelques heures, on recueille ce sérum par décantation, puis on l'envoie au laboratoire d'analyses. Si le sérum reste souillé et opacifié par un plus ou moins grand nombre de globules rouges, cela importe peu ; le laboratoire lui fait subir une centrifugation qui le clarifie.

Quelques précautions à prendre pour éviter le laquage du sérum.

TECHNIQUE BACTÉRIOLOGIQUE 413

— On peut aussi envoyer le sang en totalité, sérum et caillot, en le transvasant dans un récipient quelconque. Si, pour ce faire, on est obligé de morceler le caillot, il convient d'opérer ce morcellement avec quelque ménagement, pour ne pas détruire un trop grand nombre de globule^ rouges et, par suite, libérer une trop grande quantité d'hémoglobine.

Il importe, en outre, qu'à aucun moment le sang ne soit en contact avec de l'eau, qui, même en quantité minime, pourrait détruire des globules rouges. Il faut donc que la ventouse employée au prélèvement, aussi bien que le tube ou le flacon utilisés pour l'envoi, soient bien secs à l'intérieur. Si le prélèvement était fait avec une seringue difficile à assécher, il suffirait de rincer cette dernière à l'eau salée physiologique, puis de bien l'expurger, car la solution physiologique ne lèse pas les globules rouges.

Les précautions très simples qui précèdent ont pour but d'éviter que le sérum soit trop laqué, c'est-à-dire trop chargé d'hémoglobine dissoute, ce qui rendrait moins facile l'appréciation de l'hémolyse, par laquelle se juge le caractère négatif ou positif de la réaction de fixation.

Une dernière recommandation, très banale, n'est peut-être pas superflue: il faut s'assurer que le récipient où l'on a inclus le sang est bien bouché. Tel bouchon de liège, dont la défectuosité n'apparaît pas tant que le sang est en caillot, laissera, dans le cours du voyage, suinter le .sérum au fur et à mesure de son exsudation.

oo PROCÉDÉS DIVERS.

a) Bien des procédés ont été étudiés avec des résultats divers, tels l'inoculation aux animaux, l'intradermo-réaction, la cuti-réaction. La première est à peu près impraticable, la deuxième s'est jusqu'ici montrée trop infidèle. Mais il ne semble pas douteux que la dernière au moins sera quelque jour cliniquement utilisable.

b) Les derniers en date, et qui paraissent du plus grand avenir, sont basés sur la conception d'une origine purement physique de la réaction dépendant exclusivement du nombre et de la grandeur des lipoïdes globulaires du sérum des syphilitiques. C'est Mac Donagh qui a poussé le plus loin cette étude ; il lui a donné une sanction effective (gel-réaction). L'importance doctrinale et probablement pratique de ces faits nouveaux est telle que nous croyons devoir en donner un aperçu à nos lecteurs. J^ous en emprunterons l'exposé succinct à Burnier.

La réaction de Mac Donagh dans la syphilis (gel-réaction). — Principe de la métiiode. — Mac Donagh (1), au cours de ses recherches en 1913-1914 sur le principe de la réaction de Wassermann, arriva à cette conclusion que cette réaction était une simple réaction physique dépendant do la grandeur et du nombre des particules de protéines qui se trouvent dans le sérum des syphilitiques.

L'examen ultra-microscopique d'un certain nombre de sérums a montré

(1) Mac Donagh, The Médical Press and Circular, 27 juin 1916, Londres.

à l'auteur que les sérums syphilitiques non seulement contiennent plus de molécules de protéine que les sérums normaux, mais que ces molécules sont de plus grandes dimensions. Mac Dona^ constata en outre que le sérum syphilitique contient plus de protéines nitrogènes, d'aminés et d'électrolytes que le sérum normal. En comparant les temps de coagulation des divers sérums, Mac Donagh est arrivé à cette concliasion que les parcelles colloïdes seraient une protéine ou plus exactement une lipoïdeprotéine.

Ces m^olécules de lipoïde-protéine existant dans le sérum dont elles forment la substance protective (ou anticorps) sont des émulsoïdes parfaits : leurs molécules contiennent de Teau et sont en partie en solulion. Étant en solution, elles restentinvisibies k r<Bil nu, mais, si on kss prive des sels qui les accompagnent, ces f>arcelles deviennent visibles, se précipitent et deviennent des suspensoïdes.

Mac Donagh a clierché un moyen de rendre visibles -ces parcelles en les précipitant, k degré de ce précipité et la rapidité avec laquelle il se formera variant avec le nombre des amoiécules en solttiion dans un sérum donné.

Dans oe bat, Ta^jteur a eo recours k Tacide acétique glacial, puis à un clectrolyic.

Technique. — Retirer par ponction veineuse ^ à 20 centimètres cubes de sang ; le laisser se coaguler pour sépa>ner le sérum ; la ceritrifugation n'est pas à conseiller. Ne pas se servir d'un sérum opaque ou teinté d'hémoglobine, ni d'un sérum datant de quelques jours.

Dans un but de contrôle, employer en même temps un sérum non syphilitique et un sérum syphilitique pour éviter les erreurs qui peuvent dépendre de la température ou d'autres causes.

Verser 2 centimètres cubes d'acide acétique glacial dans un tube sec et propre et y ajouter 0^^,b du sérum à examiner ; agiter ensuite le tube.

Quatre tubes A, B, C et D sont nécessaires pour chaque sérum à examiner.

Verser d'abord 1 centimètre cube d'acide acétique glacial dans chaque tube, puis ajouter 2 gouttes de sérum-acide dans le tube A, 4 dans le tube B, 6 dans le tube G et 8 dans le tube D.

Les gouttes doivent être aussi petites que possible : pour ce faire, se servir d'une pipette droite et terminée en pointe. La même pipette devra être employée pour chaque série d'épreuves, afin que les résultats ne soient pas faussés par la dimension de la goutte.

Agiter les tubes et ajouter dans chaque tube 0cf^2 d'une solution saturée de sulfate de lanthanium dans Tacide acétique glacial et agiter de nouveau les tubes.

Les laisser ensuite immobiles et observer les modifications apparues.

Si la réadion est positive, un précipité apparaît immédiatement en D, puis en G, en A et en B ou bien en G, en B et en A.

Environ une demi-heure plus tard, un précipité s'est formé dans les quatre tubes, et le liquide surnage clair en A et D. Plus tard le liquide devient également clair dans les deux autres tubes.

TECHNIQUE BACTÉRIOLOGIQUE 415

Si la réadion est négative^ le précipité se forme lentement, mais apparaît en même temps dans tous les tubes, et le liquide surnageant des quatre tubes ne devient pas clair, même si les tubes sont laissés au repos pendant tonte la journée.

Pour obtenir des résultats uniformes dans les réactions, il -est bon de n'employer que des séruras obtenus le même jour, à la même heure. Comme élcctrolyte, on peut employer, au lieu de sulfate de ianthanium. une solution saturée de sulfate ou de nitrate de thorium dans l'acide acétique glacial.

Le précipité se forme plus rapidement avec le sulfate de thorfam.

Si le précipité apparaît trop rapidement ou si l'observateur doit s'absenter avant d'avoir vérifié les réactions, il suffît d'ajouter Occi ^'eau dans chaque tube et de les agiter; le précipité retourne en solution^ mais plus complètement dans le «cas de sérum négatif que dans le «cas de sérum positif, car un sérum syphilitique se différencie d'un sérum normal par une opacité plus graïKle dans les quatre tubes.

^Si on ajoute ensnite 0^%2 de l'électrolyte employé, le précipité apparaît de nouveau rapidement dans les twbes positifs (syphilitiques), lentement dans les tubes négatifs (non syphilitiques).

Résultats. — Cette réaction simple et rapide permet non seulement de distinguer rapidement le sérum d'un syphilitique de celui d'un nonsyphilitique, mais aussi de constater les degrés de la maladie et de régler les effets du traitement.

Mac Donagh a pratiqué cette réaction sur plus de 250 sérums, contrôlant les 200 premiers cas avec la réaction de Wassermann.

Sur 200 sérums examinés, 1 donna une forte réaction de Wassermann et 2 une légère réaction positive, alors que les malades, autant qu'on puisse l'affirmer, n'avaient jamais été syphilitiques ; la gel-réaction donna dans ces trois cas un résultat négatif.

Dans 37 cas, on trouva une réaction de Wassermann négative, alors qu'elle aurait dû être positive. La gel-réaction fut positive dans tous ces cas.

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