EXAMEN D'UN SUJET CHRONIQUE DÉAMBULANT (CONSULTATION COURANTE
Types : artériosclérose, ataxie locomotrice, urémie progressive,
cirrhose atrophiquc.
Interrogjtoiic et examen seront dans l'ensemble In's comparables h ceux pFvC^demment exposés à Toccasion des aigus. Toutefois le type chronique de ralTection, le fait que le sujet peut déambuler amènent à y appoiter les modifications suivantes :
a, INTERROGATOIRE
Ici r interrogatoire a une importance capitale, la maladie chronique étant toujours l'aboutissant d'une série plus ou moins longue d'affections antérieures, voire de prédispositions héréditaires.
On recherchera toujours avec soin :
a) Les tares héréditaires et plus particulièrement :
Les tares diathésiques : goutte, diabète, gravelle, obésité, pléthore, scrofule, hyposphyxie.
Les tares infectieuses : syphilis, tuberculose.
Les tares toxiques : alcoolisme.
Les tares névropathiques : névroses et vésanies.
h) Les tares acquises et plus particulièrement :
Les grandes infections : tuberculose, syphilis, paludisme et maladie^ infectieuses, fièvre typhoïde, scarlatine, etc.
Les grandes intoxications : alcoolisme, tabagisme, morphinomanie, cocaïnomanie et saturnisme.
Les grandes diathèses : goutte, diabète, gravelle, obésité, pléthore, scroiulc, hyposphyxie.
Les grandes névropathies : hystérie, épilepsie, neurasthénie, vésanies.
On se fera décrire avec soin l'évolution et la chronologie des accidents.
On fera préciser enfin les symptômes actuels, en s'efforçant de recueillir méthodiquement des indices fonctionnels des différents systèmes (circulaluire, respiratoire, digestif, urinaire, nerveux).
L'interrogatoire se pratiquera comme suit :
Le sujet étant assis, la face tournée vers la lumière, sera prié de raconter Non histoire pathologi([ue.
Si l'on se trouve en présence d'un de ces sujets précis et méthodiques comme sont souvent les ingénieurs, les comptables, etc., qui feraient d'excel- Irnts chefs de clinique, il n'y a qu'à les laisser exposer leur cas, quitte à compléter à la fin par quelques questions visant, conformément aux indications rappelées plus haut, des sujets restés dans l'ombre.
Si, au contraire, on se trouve en présence d'un de ces sujets verbomanes, <liffus et confus, dont les discours, surchargés d'incidente-^, très caractérisli(iues au point de vue psychique, sont dépourvus de signification au point <le vue somatique, il convient, à la première accalmie, d'interrompre cette logorrhée et d'y substituer un interrogatoire méthodique et serré. Si Ton
obtient des réponses précises, utilisables, on poussera cet interrogatoire conformément à un plan préétabli, soit du type de celui eonseiilé à roccasion des maladies aigués, soit inspipé par la stiggestion d'enquête exposée ci-dessus.
Si enfin le sujet est rebelle mém<? à T interrogatoire, s'il ne «rend » pas, fuyant devant la question, échappant à l'étreinte verbale, se dérobant, répondant à côté, inutile d'insister : l'interrogatoire ne sera qu'une formalité inutile et dangereuse, les réponses seront erronées et fallacieuses ; il convient, dès que la chose est opportune et avec tact, de couper court o1 de passer à l'examen direct.
b. EXAMEN
L'examen pourrait à la rigueur être identique, ou presque, à celui exposé pour les affections aiguës. Toutefois, le fait que le sujet est «déambulant », que la mesure de la tension artérielle est chez les chroniques aussi importante que celle de la température chez les aigus, amène à conseiller deux modifications importantes :
10 Examiner le sujet successivement : debout, assis, couché ;
2° Adopter une méthode sphygmomanométrique permettant la me^ur/ des tensions maxima et minima (méthodes oscillatoire, ausculta to ire oi palpatoire, ou mixte).
Ceci donné, l'examen peut se pratiquer comme suit :
Malade debout. 1° Stabilité yeux ouverts, yeux fermés; sur les deux jambes,
sur une jambe; au repos et en marche, «exercice à la Fournier».
2° Amener le sujet devant une fenêtre, et examiner la tête :
a) Crfine.
h) Yeux : réflexes à la lumière, à la distance, opacités, diplopie, etc., etc.
c) Nez et oreilles.
^0 Bouche : langue, dents, pharynx, voile du palais, joues et glandes salivaires.
3^ Fréquence du pouls.
Près d'une table sur laquelle aura été disposé l'inslrunietrt sphygmomanométrique :
lô Mesure des tensions artérielles maxima et minima ; 2° Fréquence du pouls ;
.3<* Examen des régions cervicale et sus-claviculaires 4<* Recherche des réflexes patellaires.
(\oir Examen des maladies aiguës.)
\^ Examen des membres inférieurs ;
'Z° Examen des organes génitaux de l'homme ;
.3° Examen méthodique de l'abdomen par région, conjugué à celui des régions lombaires ;
4" Examen du thorax, face antérieure, le sujet restant étendu ;
5» Examen du thorax, face postérieure. Je sujet étant assis ;
6° Examen de la colonne vrrtéhrale et des régions lonihosacrées ;
7° Examen des appareils génital (de la femme), vésical et reclal ;
s» Compter à nouveau le pouls, et prendre à nouveau la tension artérielle; au besoin même se livrer une dernière fois à ces mensurations après quelque exercice (épreuve fonctionnelle circulatoire).
L examen sera complété par l'analyse extemporanée des urines au point de vue: eolorulion, précipités (à Toeil), albumine et sucre.
Comm^ pour les aiguSj le diagnostic étant « aiguillé »par les explorations
Malade aseis.
Malade couché.
et constats précédents, rexamen sera, le cas échéant, complété à loisir, et le diagnostic assis par des examens spéciaux complémentaires :
lo Examen des crachats.
2° Ponction lombaire et examen cytoloi^ique et sérologique du liquide obtenu.
3° Dosage de l'urée sanguine.
4° Réaction de Wassermann.
5° Analyse complète de l'urine recueillie avec les précautions convenables.
0° Examens hématolo^iques : numération globulaire, hématimétrie, viscosiniétrie, etc., etc.
7® Analyse du suc gastrique, dos fèces après repas d'épreuve.
&o Examens radioscopiques.
9» Tracés polygraphiques.
10« Examens spéciaux des organes des sens : yeux, nez, oreilles et larynx, etc., etc.
Ce type d'examen correspond sensiblement au type do la consultation courante au cabinet du médecin.