PARALYSIES DU LARYNX
Par le I.t' d. /..W/Z/^AS
Hiippelez-vous les deux fonctions du larynx : respiratoire, phonatoire. Pendant la resi)iration, les cordes vocales s'écartent, la glotte s*entr*ouvre; pendant la phonation, les cordes te rapprochent et vibrent, la glotte se
Fijr. 4î?l.- - raralysicrrcurroniiclledroitc Vifs.A^ï).- -I*oralysicrécurrcnlielle droite.
Pciulynt la respiration, on voit la rordo vocale irauclnî sr drplarer, tandis (\\iv. la droite rrste iinrnobih*.
Pendant la phonation, on voit les deux rondes au contact présentant une image laryntroscopique normale.
ferme. Tous ces niouvenienls sont dus au jeu des muscles du larynx, dont les uns sont constricteurs 'fernu'nt la glotte), les autres dilatateurs (Tentr'ouvrent).
APHONIES. — ENROUEMENTS
Un dernier mot enfin. Dans l'épaisseur même des cordes, il existe des muscles [muscles tenseurs des cordes vocales) dont le fonctionnement assure la voix, et le relâchement produit renrouement.
Tous les muscles du larynx, sauf un, sont innervés par les nerfs récurrents. 11 peut y avoir des paralysies d'origine centrale, myopathique, récurrenlielle (fig. 493). Ces dernières sont les plus fréquentes.
I. Paralysies récurrentielles. — Elles peuvent être uni ou bilatérales. ,
a) Paralysies unilatérales : un anévrysme de t.
l'aorte, par exemple, comprimant le récurrent gau- Fig. 486. — Paralysie des che. Dans ce cas, la vocale correspondante restera ^^"^ récurrents,
immobile. Comme symptôme : renrouement.
b) Paralysies bilatérales : compression du récurrent par une tumeur de l'œsophage, du corps thyroïde (rare). Dans ce cas, Técartement des cordes est impossible. Elles restent absolument au contact.
Comme symptômes : enrouement et dyspnée.
IL Paralysies isolées des muscles du larynx. — Très souvent myopa-
Fig. 487. — Paralysie isolée des muscles
laryngés.
Fig. 488. — Paralysie isolée des muscles
laryngés.
Les muscles tenseurs des cordes (thyro-aryténoldiens) sont paralysés, les cordes sont flasques, la glotte a une forme dite « en boutonnière ».
Fig. 489. — Paralysie partielle des muscles postérieurs du larynx (muscles ary-aryténoïdiens).
Formation d'un triangle isocèle rétroglottique.
Fig. 490. — Paralysie des muscles tenseurs des cordes (muscles crico-thyroldiens).
L'aspect des cordes vocales est sinueux.
thiques, consécutives à une laryngite, ou hystériques, ces paralysies se traduisent par de l'enrouement.
Les figures 487 à 490 donnent Timage glottique de ces paralysies.
LES Si'MPTOMES
INTERPR^ATION D'UNE PARALYSIE LARYNGÉE- — Un malade vous a consulté pour un enrouement ou une dyspnée, l'image laryngoscopique vous a révélé une paralysie laryngée.
Quelles données allez-vous en tirerau point de vue diagnostic, pronostic, thérapeutique.
Procédez par exclusion, du eimplo au complexe.
Premier cas. — S'agit-il d'une paralysie unilatérale, affectant la totalIU de le corde avec intégrité du larynx, absence d'hypcrémie : c'ettt une paralysie du récurrent. Rappelez vos souvenirs anatomiques et cherchez quel est l'oi^ane compresseur, au moyen d'un examen cervical et thoracique. Donc auscultez, radiographiez, cesophagoscopiez, etc.
et vous trouverez un organe suspect.
Voici les causes de leur compression et par -iiite des paralysies du larynx :
1, Récurrent droit. — Z. Récurrent fcauche-
'■i. Canrer de l'tr»nph/ige. — Le nerf récurrent gauclie est situé derrière la trachée, dons l'nniçle qu'elle forme avec IV^sopliuge. Par suite, loute tumeur de cet organe coinprimvra ic nerf et déterminera une pnralysîc laryngée.
-1. l^rps thyroïde. — [.'liypertroptiie du corps tliyrolde, un goitre, développés aussi hien dnns le lobe fCK'ielie que dans le lubc droit, compriment le nerf récurrent et le paralysent. Il arrive aussi que dans les tliyruldectoinies le ner[ peut être blessé.
h. Anévrysme de Vaurle. — La crosse aorlique ntTecte dos rapports intimes avec le ri^arrent. Son ccUisie risque de le paralyser.
0. L'adénopalhie trach^i-bruiichique, développée au niveau de la biFureation de la Iraetiée, comprime fréquemment. L's nerfs laryngés.
Il faut retenir, an point de vue clinique, la phis grande /riquence des paralysies récurrcrti elles g-aucbes, en raison de leur ori)^ne lesopliaito-nortique.
La significntion de cette paralysie est capitula, au point de vue diagnostic puthogi^iiiqup cl pronoslif Lu enrouement vous aura fait découvrir un anévrysmede la crosse aortique ou delà sous-clavière droîtel Traitement =0.
Fig. <19'2. — Coupe liorizonlale du cou avec la situation schématique des récurrents l't leurs organes compresseurs.
1. Tracbéo, — 2. Récurrent gauche. — 3. Hécurrent droit. — 4. Œsophage- — ;'). Cancer de l'cesopliage. — 6. Goitre. On voit que le récurrent gauche est ■ntre deu\ fi-u\.
tie l'xpliirutiim i-iTvii-o-llior.iciqui.' est-elle négative, rOLriili's du riVuiTi'iil qui sont en cause. Donc, exa- IX îiu point di- vue lalies, sclérose en plaques, etc., etc. vous mellni le dokrl sur le point de départ de la parampporl avee la causi\
Deuxiimc cas. ■ — - ■ ■e sont les origines ni'ii du système ner^ ..e neuro-pulhologisl ysie. -- Pronostic e
APHONIES. - ENROUEMENTS
Troisième cas. — L'enrouement est-il apparu au cours d'une grippe, d'une laryngite aiguô, se traduit-il par une paralysie isolée des muscles d'une ou des deux cordes, la muqueuse laryngée est-elle encore enflammée: pas de doute, il s'agit d'une paralysie myopathique. Pronostic bénin.
Fi^. 493. — Les trois causes des paralysies des muscles du larynx.
1. Les paralysies récurrenlielles sont de beaucoup les plus fréquentes ; ilsulTit d'une compression quelconque sur Tun des points du trajet nerveux. Sur la figure 493, on voit le trajet sous, pré, et sus-aoriique du récurrent gauche.
2. Les paralysies myopalhiques s'observent assez souvent. Voici leur origine : à la suite d'une laryngite aiguë, catarrliale, banale, le malade est pris
d'enrouement. C'est que Tinflammationide la muqueuse a gagné le muscle sous-jacent <il provoqué une myosite, en quelque sorte. Le pronostic de ces paralysies est bénin.
3. Les paralysies d'origine centrale, consécutives h des affections cérébrales et médullaires, sont beaucoup plus rares.
TRAITEMENT. — Inefficace dans les paralysies d'origine centrale, et bien souvent aussi dans les paralysies récurrent ielles par compression.
Utile dans les affections myopathiques, c'est-à-dire dans les paralysies consécutives à une laryngite aiguë : dans l'hystérie, dans les intoxications, dans la syphilis.
Vous prescrirez alors le repos vocal, des inhalations (s'il y a encore des traces de catarrhe et d'hyperémie laryngée), de la strychnine, l'électrisation, <iu bromure avec suggestion (hystérie), au besoin du massage vibratoire externe. Un conseil pour terminer : Dans les cas de paralysie où la cause échappe, n'hésitez pas à prescrire le traitement antisyphilitique : il ne peut que réserver à votre malade d'heureuses surprises.
Les paralysies récurrenlielles sont de beaucoup les plus fréquentes, représentant peut-être 95 p. iOO des laryngoplégies.
Les T) p. 100 restants sont représentés par :
Des névrites périphériques (diphtérie, alcoolisme, syphilis, diabète).
Des lésions médullaires (tabès).
Des lésions bulbaires (syphilis, tumeurj, ramollissement, pachyméningite, paralysie lahio-glosso-laryngée, sclérose en plaques, tabès, etc.).
Des lésions cérébrales du pied de la troisième frontale et des fibres imni«'»diates sous-jacentes.
Pour terminer, deux mots de Vhystérie et de la simulation.
L'aphonie est un des symptômes les plus faciles à simuler et une simulation de^ plus faciles à dépister grâce au signe de Zuber. Si on ordonne de sifTler au simulateur aphone, il affirme ne pouvoir le faire ; Taphone non simulateur siffle à l'ordinaire sans difficulté, car, dans cet acte, c'est le facial qui est en j*îu, nerf que les affections génératrices de l'enrouement n'intéressent pas.
APHONIES. — ENROUEMENTS
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