‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 166 sur 277 · ARYTHMIE PERPÉTUELLE · texte numérisé non relu

ARYTHMIE PERPÉTUELLE

L'arythmie perpétuelle, delirium cordis des anciens, a longtemps dérouté la sagacité des cardiologues. C'est l'électro-cardiographie qui en a donné, sinon la signification absolue, intégrale, du moins l'explication qui correspond au plus grand nombre des cas et qui en explique le mieux le mécanisme.

L'arythmie perpéluelle est, comme son nom l'indique, constituée par une arythmie permanente d'une irrégularité extrême et qui déjoue toute description. Les systoles se succèdent irrégulières quant à leur durée et (juant à leur force.

On a discuté longtemps relativement à sa pathogénie exacte; — l'électro-cardiographie semble avoir nettement démontré que cette arythmie était conditionnée par un état particulier de la contraction auriculaire qu'exprime bien le terme : fibrillation auriculaire.

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Nous en empruntons la description à Th. Lewis. « Quand nous examinons les battements cardiaques d'un animal, les systoles auriculaire t't ventriculaire sont parfaitement distinctes. La systole auriculaire consiste en une rapide contraction rythmique, particulièrement perceptible dans le sens de la longueur où le raccourcissement est le plus grand. Quand l'oreillette est en état de fibrillation ou de délire, le phénomène est tout à fait différent. Les parois musculaires restent comme fixées dans la position diastolique ; une systole complète ou incomplète n'est jamais réalisée ; dans l'ensemble l'oreillette paraît immobile ; mais une observation attentive de la surface musculaire révèle son activité

Fig. 556. — Les flbres auriculaires ne se contractent pas de façon coordonnée et rythmique, mais au contraire le tissu auriculaire est dissocié en un grand nombre de petites aires contractiles indépendantes. Quelques-unes des impulsions auriculaires, à intervalles absolument irréguliers, atteignent le ventricule, y déterminani des contractions tout à la fois rapides et irréguliéres.

J, jugulaire. — /?» radiale.

extrême et incessante, sous forme d'ondulations rapides et minimes de chacun de ses points.

« C'est comme si la masse du tissu auriculaire avait subi une fragmentation fonctionnelle et s'était dissociée en un grand nombre de petits foyers indépendants donnant naissance à des impulsions locales.

(( L'effet de la confusion auriculaire sur l'activité ventriculaire est double. D'une part les contractions auriculaires régulières, normales, coordonnées, étant supprimées, les ventricules ne reçoivent pas les excitations régulières correspondantes qui déterminent leurs contractions normales. Elles sont remplacées par des impulsions nombreuses et incoordonnées, dont quelques-unes seulement parviennent aux ventricules: le changement apporté au travail ventriculaire est en conséquence profond. La fréquence des contractions ventriculaires s'élève considérablement et elles se succèdent sans ordre aucun. »

Le diagramme ci-dessus donne une idée 'schématique du processus (fig. 556).

En fait, l'électro-cardiographie met bien en évidence la réalité du méca- Diagnoslic. 34

, — (D'après In Cambridge- atirciaUnn]. Éleclro-cardioarammes dwa Iro connexions dans un cas de rélréciesemcnt milral aves (Ibrlllalion aurbulatr L'ondulation H dans la connexion I est bien petite, alors que S est profonde : danC*

e la plus haule. 11 y a des sliniei> d'hypertrophie du ven-^ (ricute droit. Le rythme ventriculaire est trèa Irrjttutler. Il n'y n pas d'ondulation P, mais, en revanche, l'on constate un certain nombre d'oscillations rapides /. f produites par la (Ibrittallon des oreillettes.

fibrillaires de l'oreillette sur un bon tracé polygraphîque [flg, 558, 559)J Seule l't^lecti'o-cardîoprapliie peut conduire A la constatation objectivé'!

Rbnllêtion auneukîre Fi?. 5De, -

à l'enregistrement i^ertiiiii île Va filirillalinn auriuula perpétuelle.

CïiDiquement et pratiquement on peut en faire le diagnostic aveel ou sans le concours de la niêthodc graphique.

On peut donner les trois rt^gles prallque* suivantes :

1" Toute larhij'arylltniie donl le laus dépasse 120 est prei^que toujouEfl lii^e à la flbiillatlon auriculaire et à l'arythmie perpétuelle (la notiol de l'irrcgulsrilé de l'arythinic élimine les tachycardies léhriles, ém») tionnelles, nerveuses, paroxystiques, etc.).

2" Toute arythmie permanente conjuguée à des riigncs de défaillance

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cardiaque avancée est à peu près sûrement dépendante de la fibrillation auriculaire. La probabilité devient une quasi-certitude si Tarythmie est associée à la tachycardie ;

3° Toute arythmie, même non accompagnée de signes actuels évidents <le défaillance cardiaque, toute arythmie qui s'exagère par l'accélération du pouls provoquée par exemple par un exercice modéré, est vraisemblal)lement une arytlimie perpétuelle. A l'ordinaire, en effet et au contraire, les autres arythmies, et en particulier les arythmies extra-systoliques, s'atténuent, voire disparaissent sous l'influence de l'accélération du pouls.

La polygraphie enregistre une arythmie extrême et permanente. Le tracé radial est constitué par des systoles inégales et irrégulières, de durée et de force incessamment variables ; le tracé jugulaire prend à l'ordinaire le type dit ventriculaire, présentant une série d'oscillations synchrones aux systoles ventriculaires, l'ondulation a caractéristique de la systole auriculaire est absente; quelquefois, sur des tracés très réussis, on note

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Fi?. 559. — Obs. 248. H., 56 ans, l^.ôO, 64^1,800. Arythmie perpétuelle. 23.6 1913. 72 (?) |~|^ Ws = 4,3. H = I 200, alb. « 0.

une série de petites ondulations présystoliques minimes et rapides tra- <luisant précisément la fibrillation auriculaire (fig. 558 et 559).

L 'électro-cardiographie enregistre plus ou moins nettement cette fibrillation auriculaire (fig. 557).

Y a-t-il toujours insuffisance tricuspidienne en cas d'arythmie perpétuelle? et reconnaître l'existence de l'arythmie perpétuelle serait-il reconnaître, ipso facto, la présence d'une insuffisance tricuspidienne ? Certains auteurs croient pouvoir l'affirmer. Nous avons observé maints cas d'arythmie perpétuelle dans lesquels nous n'avons pas constaté de signes nous permettant de reconnaître l'existence d'une insuffisance tricuspidienne. Elle nous a paru relativement fréquente, mais non constante.

La fibrillation auriculaire et l'arythmie perpétuelle sont toujours associées et probablement sous la dépendance d'une dégénérescence profonde -du myocarde et d'une insuffisance cardiaque avancée. On en trouvera <ionc les signes associés à ceux de la dégénérescence myocardique et de l'insuffisance cardiaque (dyspnée d'effort, cyanose, stase veineuse, congestions passives, engorgement hépatique, œdèmes, oligurie, etc., etc.) et il est bien difficile de dire si quelqu'un de ces symptômes en dépend ou même s'ils sont exagérés par l'existence de la fibrillation et de l'arythmie (ce qui est toutefois bien vraisemblable). ^^

ARYTHMIES CARDIAOUES

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