‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 172 sur 277 · ANTÉCÉDENTS · texte numérisé non relu

ANTÉCÉDENTS

Par lésion intracardiaque.

Lésion fin faisceau de His (gomme). Lésion myocardique venlriciilaire (rare) ( mij Kordiie scléreuse ou rhumatismale).

Bradycardie.

Jo Très marquée (30- 10 et mo/ns à la mi mile).

I t?o Permanente (fil paroxystique.

Désliannonie complète entre les balteinenls auriculaires dont le taux reste

sensiblement

normal et les

battements

ventriculaires dont le taux est fortement réduit.

{Blocaqe dû cœur.

Dissociation auriculo - venlricutaire. )

Béaclion nulle à Vatropine.

Réaction nulle aux mouve mcnts respiratoires, aux efforts et aux attitudes, à la fièvre.

Antécédents spécifiques les plus fréquents.

Parfois coexistence :

ictère, urémie.

Pendant la période de début (bradycardie

paroxystique) :' attaques nerveuses graves et prolongées, épileptiformes (maladie de Stokes-Adams).

Par lésion ou fonctionnement défectueux du pneumogastrique.

Bradycardie. |.\ l'ordinaire : bralo Modérée : 50 à dvcardit* totale

*^o Pn.ssriijère.

sans tioii.

dissocia-

Réaction marquée {accélération) à Vatropine, Réaction positive (accélération à

mouvements, attitudes, respiration, efforts, llèvTe.

Dépression nerveuse :

fatigue, épuisement, shock, neurasthénie, psychoses.

Hépatique : ictère.

Médicamenteuse : strophantus, digitale.

Auto-intoxication : uré mie.

Lésions nerveuses atteignant :

Noyau bulbaire : hémorragies, ramollissement, artériosclérose, etc.

Émergences : m é n i n gites.

Trône: adénopathio trachéo-bronchique, tumeurs médiastinales, anévrysmes.

('.♦'tte division schématique est commode en clinique, mais à la condiiiori de savoir qu'il existe encore bien des points obscurs incomplètement

rlll(i<li's.

1^ Anatomiques : il existe des faisceaux auriculo-ventriculaires en drlior- du faisceau de His (Stanley Kent).

oo Physiologiques : persistance de la transmission auriculo-ventri- (iilfUrc après section du faisceau de His (Stanley Kent).

-ro'Z

î^ Physio-pathologiques : a] rJ«*l»lorage de certains cœurs par Tadrénîiliiu^ (\). Routier).

*V vvyv<»»»V¥Vwvyvvvwir ww *vwv^ w >vw vw ^^ w w ¥ w

Fiç. r>7(>. — lU'tanl do conduclihilité (Daniel Poulicr). h Blocage de certains cœurs par compression oculaire (P<»tzet;ikis> l^'épreuve de ïatropine consiste à injecter au sujet bradycanJique

Fig. 577. — Blocage partiel (Daniel Roiilier).

Ok'jOOI de sulfate d'atropine (1 centimètre cube d'une solution au mil lième) et ultérieurement, les jours suivants, 2 centimètres cubes si la promien» épreuve a été négative, mais bien supportée par le sujet.

ww^^wv w^ "w"^ *^v "^ "v "^ * V v^ »^v w V ^^^'"w v~v ■ V" w "^"v V ^r «*— w ^ V V v^^ ^^^r^< v v v * v v^ v

i.ôJS.Ûissoc complète

V\V^. 57»^. — Di-soeialioii complète (Daniel Houlier).

r L'épreuve est considérée couime négative si, dans l'heure qui suil, Tar célération est inférieure à dix puisât i<jns.

-VV v»<»vyo<»y ^"^r

l'ijr. 079. - nriMiv«s«nlii* lnlai"' 'Daniel Routifri.

1/épreuve est (•()n>idéié(' ronmi»' p<»-iliv«' si. dans l'heure (jui suil. Taccélération est supérieure i\ vingt pulsations.

L'épreuve e>t eonsich'rée rrininn- d<»uteu>e .--i. dans l'heure qui suit, l'arrélération <'st e()nipri>e enfr«* «iix ff vinirt pul>ations.

BRADYCARDIES

En ivgl(* on admet qu'une bradyrardie qui ne s'est pas modifiée par l'épreuvi* de Tatropine ne peut être consdién^e comme une bradyrardie

^^-^^-^^»*^^^^— ^^ii^^^i^^-^^*^i^^^^"^^

Fiî?. hm.

— Rradycardic par dissociation auriculo-vcntriculaire consécutive à

une gomme du faisceau de His.

Obs. 1-257. H..., 1855, 27 — . Spécificité ancienne. W +.

nerveuse. L'atropine, « curare des nerfs du cœur» (Fr. Franck), inhibe l'action frénatrice, bradycardique du pneumogastrique. Toutefois cette

Rd

23<9.H.iMt.i'*^ es" Fig. 581. — Bradycardie totale consécutive à une psyclionévrose dépressive.

r^gle est actuellement fort discutée et ne peut être acceptée qu'à titre provisoire et sous bénéfice d'inventaire.

CEPHALALGIES

^KÂifl. têle, i^yo(, douleur.

doiilur de fêle.

La céphalalgie est un des symptômes les plus communs de la svint.M<ilogie médicale. Ce terme n'a guère besoin d'être défini ; il désiyne, en somme, d'une façon générale, lesdouleura le plus souvent difTuBe^iessenties dans quelque partie de la région crânienne.

Ladite région comprend :

1" Le contenu encéphalique : cerveau, cervelet, leurs enveloppes, les vaisseaux et les nerfs intracraniena ;

2" La cavité crânienne avec ses dépendances : sinus frontaux, maxillaires, ethmoïdaux, cavités auriculaires et orbitaires ;

3" Les lissas péricraniens : muscles, insertions et aponévroses pcr- «raniens (frontaux, occipitaux, temporaux) et particulièrement les masses

\-if. jb'Z. — Figure muiilranl Ips ni[i|)orlf (Hruils (les sinus frontaux, ellniioldaiix ri sptiËnoIdaux et «les niombratics c^réhrales. Les sinus etlimolduiix sont r<'- |»r*sentfï scliéma tique ment.

urrninntraiil ti-s:

iinuf ethiiiiilijaux <'t itc^

c^r^bmlcs.

occipitales (muscles de la nuque) et temporales ; la peau et le tissu cellulaire des régions frontale, temporale et du cuir chevelu.

Tous CCS tissus, à l'exception de la niasse encéphalique, sont pourvus 4Je nerfs sensilifs ; au surplus, si la masse encéphalique même est en fait insensible, les artères cérébrales sont pourvues de plexus synq)athiqucs, la durc-mèrc, la jiie-mére et leurs prolongemenls riuheinenL innervé-!,

CÉPHALALGIES

Oi)D

Fig. 584.

— Zones crâniennes de Head.

en sorte que maintes afTections cérébrales profondes (tumeurs, par exemple) peuvent donner naissance à des céphalées tenaces, peut-être par irritation méningée ou vasculaire.

Cette complexité de structure explique au moins en partie la fréquence extraordinaire des réactions céphalalgiques, dont Ténumération ci-des ous ne donnera qu'une incomplète idée :

1« Le cuir chevelu même peut être le point de départ des excitations pathogènes : parasites, perruque, chapeau, teintures.

2« La masse musculaire et aponévrotique de la nuque peut être le siège de sclérose, d'inflammation, d'infiltrations douloureuses, dont nous verrons plus loin Timportance.

3<* Les sinus crâniens, frontaux, ethmoïdaux, auriculaires (oreilles moyennes), du fait (le leur contiûuïté avec la muqueuse rhinopharyngée, sont particulièrement exposés aux catarrhes et aux infections qui frappent si fréquemment celle-ci.

40 Les membranes inlracraniennes (méningées, vasculaires) sont de même fréquemment sujettes à des processus douloureux congestifs ou inflammatoires.

> La région du trijumeau, hypersensibilisée, semble-t-il, par les raffmements de la civilisation, est soumise aux excitations anormales des afTections oculaires, nasales, dentaires. Et on peut dire d'ailleurs, semble-t-il, av(M.* une approximation suffisante, que le centre principal de la sensibilité céphalique, '( le centre de la céphalalgie », si nous osons ainsi nous exprimer, est principalement constitué par les « centres trijumeaux ».

«)" Nombre d'observations obligent à admettre l'existence de céphalées réflexes provoquées par l'excitation anormale de régions exlracraniennes, parfois fort éloignées, du fait, probablement, de connexions plus ou moins intimes entre les centres pneumogastriques et la cinquième paire. C'est ainsi que Head a décrit des zones céphaliques qui seraient particulièrenn'nt « attendries » et douloureuses au cours des affections viscérales f horaco-abdominales. On sait que les afTections desdits viscères déterminent une hyperesthésie et une douleur réflexe de zones déterminées de la paroi thoraco-abdominale. Mais si cette douleur dépasse une certaine intensité, une hyperesthésie et une douleur similaire tendraient à apparaît re dans une zone crânienne correspondante. La loi générale de distribution serait la suivante : plus élevée est la zone afTectée du tronc, plus antérieure est la zoneafTectée de l'encéphale. C'est ainsi que, d'après Head,

NF, naso-frontale = 6*" régions thoraciques supérieures.

T, temporale = 7« région thoracique.

Affection des sommets pulmonaires et de la base duca'ur.

Affection de la base des poumons, du ventricule gauche, de la région stomacale supérieure.

AP,antéro-pariélale = 8* région thoracique.

PP, postéro-pariétale = 9* région thoracique.

G, occipitale = 10® région thoracique.

les correspondances douloureuses tronculo-cranicnnes s'établiraient comme suit :

G premières régions ttioracique'?, aires iiaso-frontales.

7« ri'gion Ihoraoiqiie aire temporale (ce sérail une des plus fréquentes). jn'-' — — aire verticale (antéro-pariétale).

y« — — aire pariétale.

10« — — aire occipitale.

La zone hyperesthésic de la septième région thoracique, qui correspond à une affection viscérale de la base des poumons, de la région supérieure de Testomac ou du cœur gauche, et plus particulièrement de la mitr«le, .s'accompagne en effet souvent de céphalée temporale.

On a signalé des céphalées réflexes d'origine plus éloignée, par exemple utérine, ovarienne.

7° Les connexions étroites existant entre les centres corticaux et soui.corticaux de la sensibilité céphalique et les centres sensoriels (visuels, auditifs, gustatifs etj olfactifs en particulier), Thyperesthésie générale et sensorielle des hyper-civihs^s, expliquent enfin ces céphalées d'origine sensorielle provoquées chez les algiques-hyperesthésiques par une excitation sensorielle violente ou prolongée : luminosité trop grande (céphake et névralgie de la Côte d'Azur), bruits violents ou discordants, odeui-s fortes ou nauséeuses, saveurs désagréables, etc.

Si Ton ajoute que toutes les excitations céphalalgo-génétiques précitées peuvent être directes ou indirectes, circulatoires, inflammatoires,, toxiques, etc., on conçoit l'extraordinaire fréquence du symptôme, la multiplicité de ses causes et la quasi impossibilité d'en donner une classification complète, pratique et logique.

Faute de mieux, et sans nous dissimuler tout ce que cette classification a de défectueux, et combien sont artificielles en bien des cas les séparations établies entre les groupes de céphalalgies ainsi cataloguées, nous adopterons la suivante, la moins incommode :

(Céphalalgies d^origine toxique et ioxinique (toxines infectieuses}.

Céphalalgies d'origine névralgique et névropathiqne.

Céphalalgies par compression (inflammatoire, méningo-encéphalique ou ncoplasique).

Céphalalgies d'origine réflexe.

Céphalalgies d'origine musculaire.

Les céphalalgies d origine toxique sont In's fréquentes et d'un diagnostic souvent délicat, Ifurs modalités, l<nir sévérité, leurs localisations, leur durée étant fort variables.

Dans cette catégorie on peut mentionner les céphalalgies prodromiques des maladies infectieuses. En rèule, elles sont nud localisées, d'une violence moyenne; elles >'atténuent habituellement dans la matinée «•t augmentent au contraire d'intensité dans l'après-midi et la soirée ; elles sont souvent associées à une rb'vation gradin*lle de la température; a])rès la période prodromique, elles cessent ou s'atténuent en général.

CÉPHALALGIES

;jo/

<'.t'flf^ <(''phalal*jio lu'odroniique est spécialemoiiL accusée dans la fièvre li/fthoïde, la mniœin ef la grippe. La jjremière do ces affections peut rtrc soujïconnt'e par l'examen attentif de la eour'ue Hi.?rmoniétrique et la riM-licnhe des autr<*s signes prodromiques (épistaxis, vertiges, diarrhée, a })«'rt de la laniruc, s}d «mi oméga lie, etc.' et ultérieurement vérifiée par h' sérodiagnostir et riiémorulture. La malaria sera reconnues à la périodicité (les accès félnilcs avcr leurs stades caraetéristiques; la recherche de la plasmodic pourra tran<dier la question de façon rigoureuse. La grippe sera à l'ordinaire caractérisée par l'épidémie régnante, le début hrusque de l'alYectitm. le catarrhe respiratoire, l'évolution rapide.

I es céphalals^ies d'crigine urémique semblent surtout le plus marquées dans Vaznlémie. Souvent on constatera une rémission matinale relative. Stmvent associées à la forme digestive, elles s'accompagneront de nausées, de vertiges, d'hébétude, parfois de vomissements; elles revêtent souvent le mas(|uede la migraine; l'hypertension artérielle est à peu près constante ; le dosage de l'urée sanguine tranchera la question sans appel. Danii les fi^rmes hyperlensives sans azolémie marquée, qui semblent assez souvent réalisées par les formes interstitielles avec polyurie de faible densité, sans albumine, avec grosse hypertension, Ja ioxémie est souvent moins marquée, la céphalalgie en dépend peut-être moins que du manque d'élasticité des artères avec élévation de la pression sanguine dans la cavité crânienne. De semblables conditions provoquent une céphalalgie qui varie avec chaque modification circulatoire et qui prend souvent le type pulsatile. Renon a signalé une forme spéciale de céphalalgie matinale iWi^ hypertendus s'accompagnant de polyurie, de nycturie, d'albuminurie aiguë, d'hypertrophie du ventricule gauche.

La céphalalg^ie de la stercorémie, de la constipation, est généralement du type toxique, et l'association répétée de la cause et de l'efTet est le j)lus souvent reconnue par le patient lui-même.

l'n*» céphalalgie beaucoup plus violente est la céphalalgie bilieuse qui, cht»/. certains individus, reparaît à intervalles irréguliers et varie depuis la simple lourdeur frontale persistante jusqu'à la douleur lancinante, puisât i h', perforante. Elle est communément associée à des nausées, des vomi.-sements ; les premières matières rendues sont des aliments plus ou nnûns digérés, et ensuite du mucus et de la bile. Cette céphalalgie est due en partie à la présence de substances toxiques dans le sang, mais surtout à la congestion cérébrale résultant de vomissements répétés. Des symptômes concomitants très conmiuns et très désagréables de cette céphalalgie sont les palpitations et les vertiges.

L'ne céphalalgie qui se manifeste régulièrement le matin, habituellement peu violente, et qui se dissipe après le déjeuner et la marche au jirand air, est due à Vinsuffisanle aération de la chambre à coucher. En pareils cas les conduites de gaz, les cheminées doivent être l'objet d'un examim des plus attentifs, car, outre les dangers mortels qu'une telle intoxication peut faire courir (cas de Zola, de Tarbé des Sablons;, une intoxication légère mais continue peut provoquer à la longue une cépha-

lalgie très pei^sistante et une altération profonde du sang. Rentrent très vraiseml)lablement dans cette même catégorie ces céphalées hivernales rebelles des citadins^ qui coïncident avec la mauvaise saison et le chauffage des appartements et cessent pendant toute la belle saison et le séjour à la campagne.

Les céphalalgies loxiques provoquées par le labac el l'alcool sont généralement facilement reconnues.

Mentionnons, pour finir, la céphalalgie parfois si caractéristique des hypotendus, des hijposphijxiques (voir Hypotension artérielle) : céphalalgie occipitale exagérée par la position horizontale, tenace, rebelle à tous les traitements anticéphalalgiques usuels, non influencée i)ar les saisons ou la digestion, toujours associée à une tension basse et à une viscosité sanguine relativement élevée.

Le terme de céphalalgies {Torigine nerveuse n'est évidemment qu'un pis aller pour désigner les céphalalgies dont l'origine parait consister en un trouble fonctionnel du système nerveux même, quoiqu'à la vérité une analyse clinique attentive dépiste presque toujours une cause prochaine réflexe, congestive, anémique ou toxique.

La plus caractéristique est la migraine : céphalalgie unilatérale se reproduisant à intervalles réguliers ou irréguliers chez des patients manifestement névropathes et dont l'histoire familiale décèle la fréquence de la migraine chez les ascendants et les collatéraux, surtout chez les femmes. La migraine est une céphalalgie très violente du type perforant, pulsatile, s'accompagnant généralement de symptômes oculaires très nets. Quelquefois la douleur commence dans un œil et s'étend à tout le côté correspondant de la tête, d'autres fois c'est l'inverse. Le patient a souvent l'impression de particules lumineuses dans l'œil alTecté^ les vaisseaux cutanés sont engorgés, il y a communément des nausées et des vomissements.

Ces attaques peuvent durer plusieurs jours et sont regardées par les neurologistes comme des « décharges nerveuses » pour la production desquelles une prédisposition héréditaire et une cause provocatrice sont nécessaires. Dans un grand nombre de cas, il existe des troubles de la réfraction et de la motilité oculaires qui nécessitent un examen attentif^ car beaucoup peut être fait dans cette voie pour diminuer la fréquence des attaques. Mais si la migraine, comme répilcf>sie, peut être regardée comme résultant d'une instabilité nerveuse héréditaire, il n'en est pas moins digne de remarque que, chez un même individu, la crise est souvent ]>rovoquée par la même cause. Le traitement est des plus hasardeux <'t c'est une grande consolation pour le patient (jue de savoir que ses crises deviendront beaucoup moins fréquentes dans la deuxième moitié dt* la vie.

Les névralgies faciales j^ruvoqueiit souvent des douleurs qui peuvent simuler la céphalalgie. La douleur peut être violente, lancinante,, avoir un début brusque, s'accompagner de points douloureux à la près-

CÉPHALALGIES 059*

siun sur le trajet du nerf malade. Dans les cas sévères, elles peuvent s'accompagner d'un œdème local considérable. Il faut toujours se rappeler (jue les névralgies et, d'une façon générale, toutes les céphalalgies d'origine nerveuse peuvent être purement toxiques ou anémiques.

La neurasthénie et l'hystérie s'accompagnent souvent de céphalali:ie dont la caractéristique est une sensation de pression ou d'engourdissement du sommet de la tète, ou de compression, de constriction des régions latérales (sensation de casque). Rappelons en passant cette variété de neurasthénie si bien caractérisée par Krishaber sous le nom de ncrropalhie cérébro-cardiaque ^ à cause de la prédominance des phénomènes cérébraux (céphalée, insomnie, dépression) et cardiaques (palpitations,^ f jH'hycardie, angoisse, etc.).

On trouve associés à l'oFdinaire d'autres symptômes névropathiques fris (pie: épuisement facile, alternati\es d'exaltation et de dépression et^ (Tune façon générale, irritabilité nerveuse. Il ne faut pas oubher, comme nous l'avons déjà dit, que ces céphalalgies dites d'origine nerveuse et leurs causes prochaines mêmes sont souvent l'expression d'une irritatior^ réflexe d'un système nerveux affaibli, et que céphalalgie et neurasthénie peuvent avoir pour cause quelque hyperesthésie latente des yeux, ou nez ou de l'estQmac.

Céphalalgies par compression du fait :

D'une inflammation : méningo-encéphaiite, syphilis ;

D'une tumeur;

D'un alKès endocranien ;

De glaucome.

Leur diagnostic différentiel soulève souvent de grandes difficultés et exige parfois l'intervention d'un neurologiste. En i*ègle, elles se distinguent par leur continuité, leur violence croissante, leur exacerbation nocturne ; elles s'accompagnent de fièvre dans les maladies aiguës, telle la méningite ; exceptionnellement, toutefois, m'^me dans le ca& d'aiïcès cérébral, elles peuvent être accompagnées d'hypothermie. L'examen du liquide céphalo-rachidien, la recherche du signe de Kernig s'imposent dans tous les cas. Un secours très efficace peut être apporté, tant au point de vue du diagnostic causal que de la localisation, par l'examen du fond de l'œil ou la constatation d'une paralysie localisée.

Une céphalalgie très violente est provoquée par le glaucome aigu qui est souvent confondu avec la névralgie. La possibilité de cette erreur est accrue par ce fait qu'il y a souvent de l'a^dèîue avec points hyperesthésiques autour de l'orbite et que le patient a l'illu^ûon de points lumineux. Cette erreur est très grave, car un glaucome, même correctement fraité, peut provoquer des troubles profonds de la vision, et un glaucome méconnu, et par suite non traité, peut déterminer en quehpies heures la perte complète delà vue. Dans le glaucome, l'ceil est rouge et la sécrétion lacrymale profuse, mais les points cardinaux du diagnostic sont la tension douloureuse du globe oculaire, l'état trouble et insensible de la

cornée, la dilatation large de la pupille qui réagit trè.^ mal à la lumière et aux niyotiques.

iMention spéciale doit être faite de la céphalée syphilitique, d'une si grande importance diagnostique. A ce point de vue, il convient de rappeler le:) deux modalités les plus ordinaires de ladite céphalée : 1° la ci':phalée syphilitique secondaire profonde, gravati\e, continue, à exacerba tions vespérales, qui semble liée en somme à un véritable processus de méningo-encéphalite congestive syphilitique secondaire avec liy})ertension céphalo-rachidienne, ainsi que le démontre la ponction lombaire ; 2^ la céphalée syphilitique tertiaire, circonscrite, térébrante, persistante, à exacerbations nocturnes, subordonnée à une néoplasie gommeuse. La réaction de Wassermann, l'efficacité du traitement spécifique emporteront la conviction.

La céphalée des tumeurs de Tencéphale est souvent localisée, exagérée par la percussion, assez intense pour arracher des cris aux patients; elle se manifeste sous forme d'accès paroxystiques et s'accompagne à Tordinaire de vomissements, de vertiges, de troubles pupillaires.

Céphalalgies (Torigine réflexe. — Elles sont, nous l'avons dit, -d'une fréquence chaque jour croissante, du fait, semble-t-il, d'un développement progressif delà civilisation, qui, accroissant l'acuité sensitive, développant les spécialisations fonctionnelles, provoque la formation d'une série de réflexes normaux ou pathologiques inexistants chez le sauvage. Une longue et patiente étude permettra au médecin de reconnaître si une céphalalgie est sous la dépendance réflexe d'une irritation oculaire, digestive, génitale ou autre.

De telles céphalalgies sont parmi les symptômes les plus fréquents des •affections oculaires, et cette cause peut être soupçonnée quand la douleur est surtout localisée à la région sourcilière, à la région frontale ou aux tempes; (piand, absente au lever, elle croît ensuite graduellement à mesure que le travail des yeux augmente et s'exaspère par T usage continu des yeux pour un travail délicat. La violence de ces céphalalgies est sans aucun rapport avec le degré du trouble oculaire ; de légers troubles de la réfraction provoquent souvent des céphalalgies beaucoup plus violentes que des troubles accentués. Des patients ont souvent des vices évidents de réfraction sans aucun symptôme de fatigue oculaire, du fait d'une réaction instinctive de correction. Par exemple les hypermétropes sont très nombreux qui, sans fatigue oculaire apparente, voient les ol>jets distinctement par une contraction contenue des muscles ciliaires. Mais s'ils sont surmenés ou s'ils perdent leur hypertroi)hie des muscles ciliaires par usure ou par maladie, la vision est pénii)le et le travail à petite distance impossible.

Les myopes dont la vision à distance est la meilleure quand les muscles ciliaires sont complètement relâchés et, en conséquence, pie^iue atrophi«'*s, ont de même des céphalalgies fréquentes à l'occasion de tout travail continu exigeant quelque efïort d'accommodation. Un résultat iden-

CÉPHALALGIES 561

tique est souvent provoqué par V « hypercorrection » de la myopie évaluée seulement d'après les méthodes objectives des opticiens.

Des céphalalgies tcès douloureuses sont aussi provoquées par un degré même léger d'astigmatisme.

Normalement les muscles oculaires maintiennent le globe dans une position telle que les rayons lumineux d*un objet distant tombent directement sur les macula sans nécessiter aucun effort de la part de Tindividu, Très souvent un groupe de muscles est trop fort ou trop faible, en sorte que le parallélisme des globes oculaires n'est obtenu que grâce à une hypercontraction des muscles trop faibles. En général le muscle est adéquat à sa tâche et il n'est pas possible de déceler la tendance à la déviation, sauf par des épreuves particulières ; mais Teffort constant nécessité par la vision binoculaire peut provoquer toute une série de symptômes nerveux douloureux et en particulier la céphalalgie. Quelquefois les muscles les plus faibles sont momentanément insuffisants et on constate un strabisme temporaire ; en d'autres cas le strabisme est permanent. Quand il y a strabisme continu, permanent, le patient arrive à négliger entièrement une des images, et il faut alors une grande patience pour arriver à le convaincre qu'il « voit double » ; il n'y a aucun effort pour superposer les deux images et, partant, aucune asthénopie, et à l'ordinaire aucune céphalalgie.

Les céphalalgies d'origine nasale sont moins fréquentes que celles d'origine oculaire. Elles sont habituellement localisées à la région frontale, et associées à quelque trouble nasal évident. Elles résultent de l'irritation des terminaisons de la cinquième paire dans la membrane pituitaire. Par exemple le gonflement du revêtement mu queux des cornets dans les rhinites aisées est accompagné d'une céphalalgie sourde, en< particulier si les cavités nasales sont trop exiguës pour permettre sans compression cette expansion muqueuse ; cette céphalalgie est très soulagée par l'emploi de» astringents vaso-constricteurs, tels la cocaïne ou l'adrénaline. Une céphalalgie revenant régulièrement à telle ou telle saison ou quand le vent a telle ou telle direction est très souvent une céphalalgie réflexe d'origine nasale. Dans la rhinite subaiguë la céphalalgie est plus accusée le matin par suite de l'accumulation des sécrétions muqueuses dans les fosses nasales pendant la nuit. Une ulcération de la piiuilaire qui met à nu les terminaisons nerveuses peut être la cause d'une céphalalgie réflexe. C'est aussi, comme on sait, un symptôme important des inflammations des sinus.

Head, avons-nous dit, a fait une étude spéciale des zones d'hy pères thésie cutanée et des zones crâniennes céphalalgiques correspondantes, au cours des affections viscérales tboraco-abdominales sous la dépendance du. vague. Le tableau ci-après quintessencie ses conclusions :

DiagnosUc. 36

Zones de Hesd.

3* et 4* cervicales.

8* et 9" dorsales.

10* dorsale-

Anléro-pariitaU et parié-

vise EUES ï

COR RELATION AT CBS ÏDtfSa.

estomac, oriflce aortique.

Poumon, cœur, arc aorlique.

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