II. - A L'ÉTAT CHRONIQUE
Les convulsions peuvent se présenter à l'état chronique ou du moins récidivant. Le paragraphe précédent (crises convulsives aiguës au cours d'un état pathologique chronique sans fièvre) devrait faire en somme logiqtiement partie intégrante du chapitre actuel dont nous ne l'avons distrait que parce que, dans la pratique, le problème clinique se poge dans des conditions tout à fait différentes. Dans les cas envisagés au paragraphe précédent, le médecin est en présence d'une crise convulsive aiguë au sujet de laquelle il n'a que peu ou pas de renseignements, que le sujet soit recueilli sur la voie publique ou frappé pour la première fois par une crise, qui surprendra son entourage inavisé et inaverti. Dans les cas que nous envisageons maintenant, des crises similaires se sont produites antérieurement. Un diagnostic a été fait exact ou erroné ou décevant, mais en tout état de cause maints renseignements utiles peuvent être obtenus soit du malade même, soit de son entourage, touchant l'état antérieur; ici,cen'est pas l'absence de renseignements qui sera réeueil, mais bien souvent leur surabondance contradictoire, voire erronée, de bonne ou de mauvaise foi.
La plupart deë cas de convulsions]^chroniques[^ou récidivantes relèTent
de V urémie, de Vépilepsie, de V hystérie, du diabète, de Vatcoolisme^ de la paralysie générate progressive et du syndrome de Stoclces-Adams (pouls lent paroxystique).
L'urémie â forme convulsive est d'une très grande fréquence. On y pensera toujours chez un sujet d'âge moyen ou élevé, chez un syphilitique ; la présence de Talbumine dans Turine, la constatation ordinaire d'une tension artérielle élevée, la coexistence des signes habituels de l'urémie chronique (céphalées, vomissements, prurit, insomnie ou au contraire somnolence anormale, etc.), orienteront le diagnostic ; le dosage de l'urée sanguine l'affirmera.
h'épiïepsie, que feront soupçonner les tares dystrophiques héréditaires (malformations crâniennes, dentaires, etc.). les antécédents familiaux (épileptiques, éthyliques, démentiels, syphilitiques), les antécédents infantiles (arrêts de développement, crises convulsives de l'enfance, terreurs nocturnes, incontinence d'urine), et que confirmeront les caractères de l'accès sus-déçrit.
L'hystérie. — On sait combien cette question a été rénovée au cours de ces dernières années et combien peu il reste des conceptions classiques. C'est seulement une étude attentive des réactions psychonévropathiques du sujet, de sa suggestibilité, la constatation d'une mythomanie invincible, qui, rapprochée des caractères sus-décrits de lacrise, permettra de porter le diagnostic de crise convulsive hystérique.
Le dÎBbète. — Ici l'examen de l'urine, qui doit être systématique, imposera le diagnostic. Toutefois il faut bien savoir que le diabète simple ne (i(»nne jamais lieu à des crises convulsives. et que les dites crises, au cours du diabète, sont l'indice à peu près certain d'une des deux compHcations suivantes : hyperacidose ou urémie. Le dosage systématique de l'acidité urinaire, la recherche de la réaction de l'acétone et de l'acide diacétique (voir Anatyse de V urine), permettront de solutionner la question acidose et de prévoir et parfois d'empêcher le coma menaçant et si souvent fatal ; la recherche de l'albumine et des cylindres, la mesure de la pression artérielle, le dosage de l'urée sanguine solutionneront celle de l'urémie.
L'alcoolisme chronique se révélera par les stigmates habituels : treml^lement des extrémités, exagération des rétlexes, douceur «satinée >» anormale de la peau, en particulier de la peau du ventre (ce signe, mentionné par Cabot, est en elTet très fréquent; il semble surtout caractéristique chez les sujets à profession manuelle, à épidémie normalement épai«it*t rude), troubles gastro-hépatiques et cardio-rénaux. L'alcoolisme chronitpie ne donne naissance à des crises convulsives ou qu'à l'orrasion d'un excès alcoolique aigu ou que chez un hystérique, un épileptit]u<% un uréniique (voir plus haut;.