‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 180 sur 277 · CONVULSIONS · texte numérisé non relu

CONVULSIONS

La paralysie générale progressive se décèlera par l'étude attentive des modifications intellectuelles et affectives du sujet que signalera presque toujours l'entourage; modification de l'écriture parfois illisible; incapacité de se livrer correctement à certaines opérations psychiques élémentaires, comme une addition, une multiplication ; optimisme singulier non justifié par la réalité, incapacité de fixer longtemps l'attention sur un sujet donné; absences singulières, bizarrerie, étrangeté, défaillances de la mémoire. Ultérieurement, inconscience, mégalomanie, phénomènes para* lytiques ; presque toujours antécédents spécifiques.

La période de torpeur, voire de coma, qui suit presque toujours une forte crise convulsive, s'accompagne à l'ordinaire d'un ralentissement plus ou moins marqué du pouls qui peut descendre à 60, 56, 54, sans qu'il y ait lieu d'y attacher une signification particulière. Mais si la crise convulsivo-comateuse s'accompagae d'une bradycardie inférieure à 40, on peut porteravec une quasi-certitude le diagnostic de inaiadie de Stokes-Adams. Cette appellation doit être, à notre avis, momentanément conservée, parce qu'elle désigne précisément le syndrome clinique: bradycardie paroxystique avec crises convulsivo-syncopales, sans préjuger de sa nature qui ne semble pas univoque (voir Arylhmies, Bradycardies) .

DÉLIRES r^^ ^^' ^^^^ ^^' "^^^^ sillonn l^hors du sillon, divaguer. j

Nous ne pouvons évidemment avoir ici pour objet que de rappeler lee notions cliniques essentielles relatives aux « délires », c'est-à-dire celles que doit nécessairement posséder tout praticien non spécialisé dans la psychiatrie.

Il est assez difficile de bien définir le délire. Nous accepterons la définition de Grasset ; « On peut appeler délires les troubles du raisonnement et du jugement avec conclusions erronées que le sujet croit justes et exactes. » Seglas, cité par le même auteur, fait remarquer que les conceptions délirantes peuvent être, suivant les cas, vagues, indéterminées ou précises et nettes ; fixes ou mobiles, polymorphes ou uniformes ; diffuses, monotones, systématisées (jusqu'à la cristallisation et à la stéréotypie) ; vraisemblables, impossibles, niaises, extravagantes, absurdes^ incohérentes, contradictoires, contrastantes, antagonistiques... et il les étudie successivement sous les formes d'auto-accusation, de persécution^ de défense, de grandeur, d'hypocondrie, de négation, d'énormité, dr mysticisme, d'érotisme, de métabolisme, de transformation corporelle, etc.

Pour les besoins de la clinique, l'énorme groupe des délires peut être dissocié en les trois sous-groupes suivants : délires oniriques, délires partiels ou sijslémalisés, délires d'inlerprélalion.

1° Les délires oniriques ou délires de rêve sont, et de beaucoup^ ceux qu'aura le plus souvent à observer le praticien non spécialis»'. Le malade est alors constamment comme s'il dormait : il rêve. Le deliriuni tremens en est le type. On se rappelle la définition célèbre de Lasègue : «Le delirium tremens est un rêve vécu )>, c'est tout le consensus du délire onirique. Nous en emprunterons à Régis les éléments descriptifs caractéristiques : « Le délire onirique est un véritable état soinnami)ulique, un état second. Comme tout état second, il est formé par la mise en jeu dr l'activité subconsciente ou inconsciente ; il domina; le sujet au point de lui faire vivre et agir sa vie subconsciente ou inconsciente... H est enfin toujours, comme un état second, susceptible d'être infiuencé par l'hypnose. Ce délire est, dans toute l'acception du terme, un délire de rêve. Il naît et évolue en effet dans le sommeil ; il est constitué par de^ associations ft»rtuites d'idées, par des reviviscences halluci notoire s d'images «t de sou-

Page 1