‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 181 sur 277 · DÉLIRES · texte numérisé non relu

DÉLIRES

venirs antérieurs, par des scènes de la vie familiale ou professionnelle, par des visions le plus souvent pénibles, par des combinaisons étranges, impossibles, éminemment mobiles et changeantes ou douées au contraire d'une certaine fixité, qui s'imposent plus ou moins complètement à la conviction. Au degré le plus faible, ce délire est exclusivement nocturne et momentané ; il cesse au réveil et ne reparaît que le soir, soit dès le crépuscule, soit seulement plus tard après le vague assoupissement. A un degré plus marqué, il es * encore au réveil, mais incomplètement et se reproduit dans la journée dès que le malade a les yeux fermés et somnole. Enfin, à son degré le plus élevé, le délire ne cesse pas au matin et il se continue le jour tel quel, comme un véritable rêve prolongé. »

CVst le délire type des intoxications et des infections aiguës ou subais^uës. C'esl celui des psychoses toxiques et infectieuses en général, des autoinloxicaiions gastro-intestinales , de Valcoolisme. des intoxications médicamenteuses (opium, salicylate, belladone, etc), de la pneumonie, de la fièvre typhoïde, du paludisme, de l'urémie, de Véclampsie, etc.

C'est, nous le répétons, le délire commun, banal, que le praticien aura de beaucoup le plus souvent à observer.

On connaît particulièrement son extraordinaire fréquence chez -les enfants ; le « délire de rêve » est un des attributs les plus fréquents des infections infantiles ; il marche de pair, dans ces cas, avec Thyperthermie et la tachvcardie.

2o L»'s délires systématisés, partiels (paranoïa), à Tordinaire chroniques, tout à fait distincts des précédents, sont constitués par « des étals psychopathiques fonctionnels caractérisés par dea idées délirantes permanentes^ flceSy méthodiquement liées entre elles, se développant dans un sens déterminé et suivant une évolution logique » (Arnaud).

Arnaud en donne la classification suivante :

1° Délires systématisés aigus : paranoïa aiguë ;

2o Délires systématisés chroniques : paranoïa chronique.

a) Dépressifs, — Persécutés à évolution systématique. Persécutés auto-accusateurs et mélancoliques.

Délire d'auto-accusation systématisé primitif. Délire hypocoïidriaque systématisé.

b) Expansifs. — Ambitieux (mégalomanes).

Religieux.

Erotiques.

L'évolution clinique, aujourd'hui classique, du délire systématisé chronique est la suivante, d'après Grasset :

A. Période d'inquiétude ou d'analyse subjective (folie hypocondriaque), caraeiérisée par des troubles étranges, anesthésiques ; le sujet s'autoanalyse beaucoup, découvre à ces troubles quelque ressort caché, quelque allusion à sa personne ou à sa situation.

B. Période d'explication délirante (délire de persécution, délire religieux, délire erotique, délire politique, délire jaloux, etc.) ; le sujet imagine une

explication de ses souffrances, de ses inquiétudes, de l'attention surprenante dont il se croit l'objet. Il trouve la « formule de son délire » ; c'est l'hallucination qu'il interprète : période d'explication délirante.

C. Période de transformai ion de la personnalité (délire ambitieux) ; de persécuté, le sujet devient anil>itieux ou mégalomane^; sa personnalité entière est transformée ; il devient prince, roi, prophète. Dieu.

D. Magnan admet une quatrième période de démence, mode de terminaison commun à cette psychose et à beaucoup d'autres.

Cest le délire type des infections clironiques avec dégénérescences secondaires des centres nerveux. La paralysie générale progressive^ beaucoup moins systématisée et cohérente que le délire systématisé chronique sus-décrit, n'en réalise pas moins quelques phases assez caractéristique^, les troisième et quatrième en particulier.

3® Le délire (Tinterprétation, p^jychose systématisée chronique à bases d'interprétations délirantes, détaché en 1902, par Sérieux etCapgras, du groupe des déUres systématisés, est ainsi défini et caractérisié par ces auteurs :

(( Le délire d'interprétation est une psychose chronique dans laquelle la prolifération d'interprétations multiples et le rayonnement progressif d'une conception prédominante déterminent l'organisation d'un roman délirant compUqué, susceptible d'entraîner des réactions variables. Le délire d'interprétation est une psychose constitutionnelle, dont Torigine doit être cherchée non pas dans l'action d'un agent toxique, mais dans une < prédisposition psychopatliique, dans les anomalies du développement des centres cérébraux qui tiennent sous leur dépendance les perversions du jugement, les lacunes du sens critique, les troubles de r affectivité : elle relève essentiellement d'une malformation congénitale.

« Tandis que certaines psychoses systématisées reposent sur des troubles sensoriels prédominants et quasi perimnients, le délire d'interprétation est constitué par un système délirant où les hallucinations restent toujours épisodiqueset, habituellement, font même entièrement défaut. La lucidité et l'activité psychique persistent durant toute la maladie ; rafïaiblisseinent intellectuel n'apparaît à la longue, que sous l'influenre de l'évolution sénile ; on voit des sujets conserver toute leur vivacité d'esprit, trente ans après le début des troubles mentaux. Tl s'ajïit donr d'une alïection incurable, mais non progressivement d MUiMilielle.

V Quand onse trouve en présence d'un sujet atteint de délire d'interprétation, on est tout d'abord frappé i>ar son allure correcte ; on est quelquefois séduit par le brio de sa conversation et la logique serrée de se^ raisonnements, on a quelque tendance à ne voir en lui, tout au plus, qu'un raisonneur à l'esprit faux, porté à envisager tous les événements sous un angle spécial, à systématiser tous les phénomènes extérieurs ou internes en partant d'un préconcepte contestable.

« Le besoin impérieux de tout rapporter à soi et de tout interpréter dans un même sens, de n'émettre en somme ([ue de> jugements

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