‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 189 sur 277 · II. — DYSPNÉES CARDIAQUES · texte numérisé non relu

II. — DYSPNÉES CARDIAQUES

En ce qui concerne les « dyspnées cardiaques», nousne saurions mieux Ici ire que de reproduire le racctourci si pénétrant et si parfaitement cliiii(|Ué qu'en a fait le professeur Ribierre :

< Dès lo début, la dyspnée d'efforl (qui se caractérise lors de la montée de- escaliers, des rues en pente, etc.) s'accompagne de sensalions douloureuses rétro-sternales et épigastriques et ces sensations douloureuses ont, (lès le début, un caractère angoissant, quoique éphémères et rapidement (il huées par le repos.

u l*uis c'est la dyspnée de décubilus, survenant brusquement à l'approche ou au cours du sommeil, accompagnée, elle aussi, de douleurs angoissanles précordiales, fréijuemment irradiées dans le dos, les épaules, les bras. Parfois l'élément dyspnéique prédomine nettement sur l'élément douh»ureux : c'est une dyspnée asthmatiforme ou, suivant l3 terme, si discui II hic, mais consacré par l'usage, un pseudo-asthme cardiaque.

< yuand on considère les caractères de ces phénomènes douloureux, un mot vient sur les lèvres : celui d'angine de poilrine. Faut-il, au nom <\v nuances symptomatiques, portant sur la durée, l'intensité d'un sym- ]>tûme, perpétuer les anciens errements et séy)arer ces douleurs angineusci, <('tle prétendue a/îgfi/ia niinor (dont on ne devrait pas mourir!), de l'angine vraie, celle dont on meurt? L'évolution, là encore, va rétablir la vérité. 11 n'est pas rare, en effet, de voir survenir chez des sujets ayant présenté jusqu'alors ce syndrome relativement atténué, les accidents majeurs de l'insuffisance ventriculairc gauche : V angine de poilrine la plus caractéristique et aussi Vœdènie pulmonaire, sur la description desquels nous ne pouvons insister ici. Depuis les travaux de Merklen, il n'est plus possible de méconnaître la parenté qui unit la dyspnée douloureuse des hypert -ndus, l'angine de poitrine, l'œdème pulmonaire et la relation de ces syndromes avec l'insuffisance ventriculaire gauche. »

Ce tableau caractérise surtout la dyspnée cardiaque des hypertendus ^ des aorliques, des cardio-rénaux, des brightiques.

Dans V insuffisance ventriculaire droite, la dyspnée d'effort s'établit progressivement sans douleurs précordiales concomitantes. Puis la dyspnée devient continue, rendant impossible le décubitus dorsal et s'accompagnant trraduellement des symptômes classiques de l'hyposystoHe : hépato-

mégiilit! douloureuse, stases jugulaires, cyanose progressive, oligurie, ipdènn':^, albuiniiiuriD, elc, pour aboutir plus ou moins rapidement » lasystolie. Ce tableau caraetérise surtout la dyspnée des rétrécissemenlt inUraii-c et des affections putmonaires clironiques {sctéroses pulmonaires, sijmphijses pleurales, dilalalion des bronches, emptiysème, etc., etc.).

A la vérilc, à nn slade avancé des affections cardiaques les insuffisance: cardiaques droite et gauche se synibiosent pour réaliser le tableau clas-

■t vcntriculair.\

L'asthme cardiaque. — l.'a^fliiiic i^inli;ii|iii' lA. suivant la {U-tinitinii de Merkifii : nin' ilij^pnrr i-iinui/sHipii- rotiipli'jii'inl des Iroiil/les de In nrndnli.m fmlmonmrr ,-l .!.- In fuiidion .■aniio.pn:

l."a,-lliirir .-aMlia'iUi; survicul fr/luraU-itUTil rh<-/. île* suj.its prt-st-ntauP .l'-s >\L'ur<. u<m <l>n,t<-UK .l'iiisuflisaii.-,- ,lii r.i'ur h^l- .lu.- difficullo de h. irianlir. th<]n,r.: .l'.dïni'l, dyspnée d- déruhilii.-. anliélal.ion habituelle. nieiiiii !■> .l'ci'd-'TiLi- luilniunaire se Iriiduisaiil par <le l'expccloration aibuiniiieiit^i; léfrèrenieTit ronée, bruit de fralop eardiafpu-, abaissement de la jiressinn artérii'lii\ ele.

l'arfiiis ils'îifril d'allaqiies ébaurhéc-slé};rres se produisant de temps en (emps, soil lorsque le malade sr courbr, <i(iit pendant la nuit, soit plu-

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sieurs fois dans la même nuit. Elles sont sous la dépendance d'une faiblesse du myocarde favorisée par l'asthénie circulatoire qui existe toujours pendant le sommeil, et qui se dissipe au réveil. Ces crises se répètent quelquefois dès que le malade tente de se rendormir. Parfois, après un froid, un repas copieux, une émotion, c'est une grande crise dramatique et anp:oissante.

L'oppression est plus vive dans l'asthme cardiaque que dans l'asthme nerveux, et cela tient à une gêne de la circulation pulmonaire qu'il n*est pas toujours facile de constater. Souvent, en effet, on ne trouve à l'auscultation que de la sonorité exagérée, due à une sorte d'emphysème aigu du poumon par spasme des muscles respiratoires. D'autres fois, il y a o3dème pulmonaire plus ou moins étendu, le plus souvent localisé aux bases. La transsudation séreuse peut être assez abondante pour donner lieu à une expectoration albumineuse teintée de sang qui soulage le malade. Dans ce cas, il y a association de l^aethme cardiaque avec l'œdème pulmonaire. aigu. On peut encore observer le râle trachéal en l'absence de râles pulmonaires.

L'asthme cardiaque peut se compliquer d'angine de poitrine^ et cette <'omplication se rencontre particulièrement chez les sujets intoxiqués par le tabac ou atteints de sclérose et d'athérome des coronaires ou soumis à un surmenage violent. Le cœur gauche réagit à la distension comme tou^ les réservoirs musculeux, comme la vessie, par exemple, d'où les douleurs re-^sentics par le sujet. Ces douleurs cessent quand le cœur est dilaté.

Pendant la crise, l'auscultation du cœur est le plus souvent impossible. < Ml peut quelquefois constater du bruit de galop qui traduit l'insuffisance du coHir ou bien une insuffisance mitrale par dilatation qui disparaît quand le cœur a repris ses dimensions normales.

L'asthme cardiaque peut se terminer par une syncope mortelle : les extrémités se refroidissent, il y a de l'incontinence des urines et des matières fécales, le malade est couvert de sueur, son regard devient vague <'t la mort survient très rapidement. Souvent ce n'est qu'au bout de une à deux heures que se produit la terminaison fatale. Certains sujets aboutissent au coma. Le plus généralement, cependant, le malade ne succombe }>a.s >\\ reçoit à temps les soins nécessaires, et il faut toujours espérer la fin de l'accès, même dans les situations les plus compromises.

L'asthme cardiaque est sous la dépendance d'une insuffisance subite du ventricule gauche; il résulte d'une aggravation soudaine d'une cardiopathie latente.

Les accès asthmatiques, dit Merklen, sont préparés par des altérations anatomiques ou des troubles fonctionnels du myocarde dont les causes principales sont : le tabagisme, l'alcoolisme, le surmenage, les troubles d'irrigation des coronaires. Ils sont provoqués par toutes les causes qui tendent à produire ou à augmenter la dilatation cardiaque. Les principales de ces causes sont celles qui amènent les vaso-constrictions périphériques,

rt;froiMi.ssements, émotions, écarts alimentaires, les excès de marche, d»* travail, les excès sexuels, les maladies intercurrentes, grippe, pneumoni*».

La question des dyspnées cardiaques serait, comme on voit, lumineux»*, si elle n'était obscurcie par celle des névroses cardiaques, c'est-à-dir»* de ces « sujets qui, en dehors de toute lésion organique aiguë ou chronique du cœur ou de ses enveloppes (endocardite, péricardite, myocardite), en l'absence même de toute débilité myocardique vraie, par exemple congénitale, constitutionnelle, ou de toute lésion avérée du système nerveux. soufTrent d'un complexus symptomatique à prédominance cardiaque». En fait, ce sont ces névroses cardiaques qui s'accompagnent des symptômes cardiaques ou pseudo-cardiaques les plus nombreux et les plu* pénibles, au premier rang desquels il faut précisément mentionner : la dyspnée, les sensations d'étoulTements, d'angoisse avec irradiations douloureuses brachio-cervicales (angor nerveux), etc.

Le diagnostic n'est pas toujours facile entre la névrose cardiaque et TaiTection organique. L'auscultation peut être délicate et fallacieuse, diverses arythmies (extra-systoles, arythmie respiratoire, etc.) peuvent se constater dans les deux cas ; il en est de même de Thypertrophie habituelle du ventricule gauche et plus encore des phénomènes subjectifs: dyspnée d'tîiîort, sensation de constriction, voire syndrome angineux palpitations, phn'nucardie, etc., etc. Mais il est cependant bien des signes di lièrent iels.

a) Le premi(M* et le plus important, c'(^st peut-être le fond névropcUhique sur lequel évolue toujours la névrose cnnliaque. Le complexus cardiaque» sus-rappelé n'ost (pTun*^ ]>arli(' d'un tableau névropathique toujours plus nu moins ncrnsé et qn<' virrulrorit, souli<2:ner à l'ordinaire rhérédité »'t l(^s manifestations névropat lii(|u<*s extracardiaques, digestives »^l l>syflii(iues en parLlculirr.

/>; Le d«Mi\icnie, la fréijucure et Vimjjnrlniu'e <ies arridenls nociurnes : riii, oniiii(\ l'angoisse, la dyspnée, voin; Tanger et le pseudo-asthmo cardiaque inconi]>arablement |)lus frtWpients, plus bruyants et d'apparence plus « drainati([inî » à l'ordinaire que chez les cardiopathes oriranicjth's. Ces troui»les nocturnes psyclio-somaticjues sont très caractérisés chez les neuro-cardiaques.

(' . \/in!<lahilili\\î\ /«/;////(''/7C{/ro-rr;rJ/o-ra6'r///a//'e qui extériorisent Thvperénioti\itê : fn-ijucnco du pouls et tensions artérielles sont étonniuunient variai)les sous rinlluence des causes les plus léirrre:;. Il en est souvent de niênn* des signes d'auscultation cjui sont loin d<' |>rcsentor la lixité et la constance relatives des >i^nes acousti([ues des léiionr. organiques.

(i On note à l'ordinaire Vahsenrr ilrs causes él'utUujiquen habiluelles des rardinpaihies onjaniques linfecl ion., rlninuitisniale;;. typhiqiies, syphiliti(|ue, diphtérique, etc.. ])léthor«* et nuto-inloxication, goutte, uriç<'*inie, etc.i.

c; bvnlin V épreuve fnnrlinnnrllr vivcuUdoire '\« ir Techniques circula^ ioires] met en «'vidence r<'x;ie:<''riition des réactions vaso-motrices et la

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inar^M^ Iiahituelloment considérable de la puissance de réserve myocardi(pn'.

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