‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 212 sur 277 · es · texte numérisé non relu

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Il y aurait beaucoup à dire sur les rapports de Turémie et de Thémiplégie. Il était presque classique jadis d'admettre un relatif antagonisme entre les deux termes. Il est impossible aujourd'hui de ne pas constater que les deux syndromes ont les rapports cliniques les plus étroits et que les hémorragies (y compris Thémorragie cérébrale), Thypertension artérielle, Tazotémie, Talbuminurie sont des symptômes quasi communs de V arlériosclérose et du brighiismcEn fait, la coexistence est la règle clinique. La plupart de nos hémiplégiques scléreux étaient azotémiques ; beaucoup de nos urémiques ont fini hémiplégiques. Tel est le fait.

70 L'examen du liquide céphalo-rachidien. — Il sera surtout précieux pour dépister :

1° Les syndromes hémorragiques (hémorragies cérébrales et méningées) : hématies dans le liquide céphalo-rachidien.

2° Les syndromes inflammatoires : méningites (leucocytose, bactéries pathogènes).

Le tableau clinique récapitulatif ci-contre condense les notions susrappelées.

HÉMOPTYSIKS [ al;/.a. sang; xtotk;, crachement, ~j [^Crachement de sang, (Voir Expectoration.) J

L'hémoptysie, c'est-à-dire, et par définition, Texpectoration de sang épanché dans les voies aériennes, est très souvent évidente, mais assez souvent aussi l'origine broncho-pulmonaire du sang expectoré demande à être recherchée, vérifiée, démontrée. Hémoptysie et hématémèse sont fréquemment confondues; et bien plus fréquemment encore sont étiquetées hémoptysies des expectorations plus ou moins sanguinolentes d'origine nasale, linguale, gingi aie, laryngée.

Épistaxis. — Il est très fréquent de voir une épistaxis, surtout postérieure, provoquer une expectoration sanguinolente. Si l'expectoration sanguinolente est contemporaine d'une épistaxis antérieure «externe», le diagnostic va de soi ; si^ au contraire, elle ne s'accompagne pas de « saignement de nez »•, l'examen du pharynx, voire du naso-pharynx, sera nécessaire. Les hémorragies rhino-pharyngées sont à l'ordinaire d'origine dyscrasique (hémophilie, hypertension) ou provoquées par une ulcération, une rupture variqueuse, une inflammation adénoïdienne qu'un examen attentif ne peut pas ne pas déceler.

La seule réelle, mais l>ien minime difficulté diagnostique, réside en ce fait qu'éventuellement le sang émanant du nez ou du pharynx peut être dégluti ou se coaguler dans le rhino-pharynx même et n'être évacué qu'à l'occasion d'une quinte de toux. Le sang est alors plus ou moins mélangé à du mucus stomacal bu rhino-pharyngé et peut être, à un examen superficiel, estimé d'origine pulmonaire ou stomacale. L'erreur inverse, qui consiste à attribuer bénévolement au rhino-pharynx l'origine d'une hémorragie ou stomacale ou pulmonaire, est beaucoup plus grave.

Répétons une dernière fois qu'un examen général attentif — y compris celui du rhino-pharynx — doit nécessairement et rapidement conduire à un diagnostic correct de l'origine du sang expectoré.

L'origine ling^uale du sang expulsé par la bouche peut se constater à l'occasion d'une morsure de la langue soit traumatique, soit « épileptique », soit d'une ulcération tuberculeuse ou néoplasique. La symétrie didactique logique et traditionnelle oblige à mentionner cette cause d'expuition sanguine qui ne pourrait réellement mettre en défaut qu'un clinicien bien inattentif ou inexpérimenté.

L'origine gingivale est extrêmement fréquente — en dehors même de toute affection scorbutique ou hémophilique, exceptionnelle au

moins dans nos climats. La pyorrhée alvéolo-dentaire si banale, maintes affections diathésiques, voire même Tabus des soins dentaires peuvent lumtTier, « enflammer » les gencives et les rendre tout à la fois sensibles et « saignotantes ». En ces circonstances, le plus léger attouchement sera la cause d'un saignotement qui teintera de sang toute expectoration et "donnera naissance à de « pseudo-hémoptysies ». Le plus superficiel examen des gencives dépistera Torigine vraie, gingivale du sang.

Une hémorras^ie laryng^ée peut résulter ou d*un traumatisme ou d'une ulcération. Le traumatisme est facilement éliminé. L'ulcération est toujours syphilitique ou tuberculeuse, ou carcinomateuse; elle s'accompagne toujours d'enrouement, de douleurs locales ; elle a toujours été précédée d'une période-, plus ou moins longue, pendant laquelle l'attention a été attirée, « Vixvc » sur le larynx ; un examen laryngé au miroir montrera toujours l'origine laryngée de l'hémorragie.

La seule réelle difficulté diagnostique réside parfois dans la discrimination entre une hémoptysie et une hématémèse^ et qui peut être fort délicate (voir Hémalémèse^). •

En général il y a peu de difficultés :

Les phénomènes précurseurs sont différents :

Digestifs dans Thématémèse, respiratoires dans l'hémoptysie.

La manière dont le sang est rejeté est aussi différente.

Dans l'hémoptysie, il y a efforts de toux, le sang est fluide, rouge, spumeux.

Dans l'hématémèse, il y a efforts de vomissements, le sang est caillé, noir, non aéré, mélangé de matières alimentaires; il y a parfois melsna.

Mais tous ces signes sont trompeurs.

Dans l'hémoptysie, on peut avoir du sang noir (hémorragie pulmonaire), et dans l'hématémèse du sang rouge (ulcère).

Dans l'hémoptysie, les efforts de toux préalables peuvent manquer et il peut y avoir vomissements concomitants et par suite mélange du sang aux matières alimentaires.

Dans riiématénièse, le sang peut être non mélangé à de la bile ou des matières alimentaires.

D'une discussion diagnostique serrée, d'un examen prolongé, résultera en d(Tnière analyse la conclusion : c'est une hémoptysie.

Le diagnostic d'à hémoptysie vraie » étant correctement posé — et nettement vérifié, — c'est-à-dire et en somme la présence de sang dans l'expectoration étant ou évidente ou démontrée par les recherches hématologiques appropriées, — l'hypothèse hématémèse étant écartée, élimination parfois délicate, car nous avons vu l'erreur commise (et ultérieurement démontrée) par des cliniciens très avisés, — l'origine bucco-pharyngée, gingivale ou linguale ou rhino pharyngée étant facilement éliminée par l'examen le plus élémentaire, à condition qu'it soit pratiqué, — la cause

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