‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 213 sur 277 · HÉMOPTYSIES · texte numérisé non relu

HÉMOPTYSIES

de l'hémoptysie est ù l'ordinaire des plus faciles à dépister, à condition qu'on ne perde pas de vue les quelques propositions élémentaires suivantes:

1° Lee onze douzièmes des bémoptyaies vraies sont d'origine c rdiopulmonaire et reconnaissent une des deux causes suivantes :

a) Tuberculose pulmonaire à une quelconque des phases de son évolution, de la phase congestive prégranuleuse à la période des cavernes,

b) Infarctus pulmonaire le plus souvent subordonné soit à une affeclion milrale, et plus particuhèrement au rélrécissemenl milrai, soit à une affection cardio-arlérielle quelconque arrivée à la période de décompensation avec stases, soit à une affection phlébitique k une période quelconque de son évolution, de

veineux d^intégrVtion du caillot oblilérant. ;;*7 ^^^^ "t.JiZmtm^i La lubercalose pulmonaire l'emporte (o.d.) pour être lancé dans Tarlèra de beaucoup en fréquence sur Vinfarc- pulmonaire (o.p.) et abouUr dans un , , . . lobe pulmonaire, donnant naissance

hiK pulmonaire. En ce qui concerne ce ^ „„ infarctus se traduisant par : dernier, sa cause est presque toujours 1° Un point de c0t6 brusque ; évidente, pour peu que l'examen soit j^°,^^" '="""'*' ««"81»»' - "émotant soit peu attentif (rétrécissement 3' Les signes physiques ci-dessous.

OjiupXbeam».

n point quel-

le Respiration affaiblie ou obscure.

iS' Couronne d« raies crépitants.

ç. 648 et 649. — Infarctus pulmonaire.

mitral, asystolie, phlébite puerpérale, infectieuse, post-opératoire, etcJ, d'autant plus que souvent l'infarctus s'accuse par un point de côté brusque avec toux, dyspnée, voire orthopn:e, foyer de râles fins, etc.

lîn sorte que toute hémoptysie qui n'a pas fait sa preuve cardiovasrulaire (affection cardiaque ou phlébite) peut être avec la plus grande proliabilité tenue pour tuberculeuse. Au surplus, l'hémoptysie tuberculeuse des périodes avancées (ramollissement ou cavernes) ne peut pas faire question, son diagnostic est trop évident.

11 ne peut y avoir doute que pour les hémoptysies prémonitoires de l'extrême début, ne s'acconipagnant que de peu de signes généraux ou stéthoscopiques, voire se produisant h une période où la maladie e$t

— '• — Letutle el Natlan-LarriM).

encore ali-iohunent liilnnle. Tol'te hémoptysie vraie, d'origine

ORSCIIU;, CIlVPTOilÈNE, DOIT ÉTHE CONSIDÉRÉE COMME TUBERCIÎLEUSE

jusqu'à I'Heuve du contr\ibf. et le sujet placé en observation attentive aux points de vue poids, température, état général, examen pulmonaire; telle est la règle clinique dont il ne faut jamais se départir, NOUS peine d'encourir la plus grosse respnusahilité et les plus gros

La seule réelle dilïiculté en ces cas résifle dans la coexistence possible 4'un rétrécissement mitral et de tiiberculose pulmonaire; mais il est vraiment bien rare que l'oliser\'aliun attentive de l'état général, de la température et que l'auscultation pulmonaire méthodique et répétée ne

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porniotte pas dm faire plus ou moins rapidement le départ de ce qui ;t[j|iartient ii l'une et à l'autre de ces afTections.

Toutefois, certaines hémoptysies subordonnées exclusivement à un rélrécissenionl mîtral, et s' accompagnant d'une congestion durable et marquée d'un sommet pulmonaire, peuvent tenir quelque temps le diagnostic en suspens.

2" Un douzième des hémoptysies vraies peuvent reconnaître des causes exceptionnelles ou évidentes ou au contraire plus ou moins difficiles à dépister :

Comme causes écidenles, les Iraumatismes viennent au premier rang : une plaie de poitrine, une contusion du thorax, une fracture de côte, une intoxication par les gaz, sont des diagnostics qui s'imposent.

La plupart des affections aiguës et surtout chroniques des pou-

- Scliéiiia du lobule pulmonaire (d'après Miller).

MONs peuvent éventuellement s'accompagner d' hémoptysies. A ce titre, on pourra les rencontrer au cours des pneumonies, des bronchites chroniques avec dilatation, des abcès du poumon, de la gangrène bronchopulmonaire, de la syphilis et du cancer. Bien souvent les signes cliniques associés à l'hémoptysie seront tels, surtout dans les bronchectasies, les suppuration.'? pulmonaires et la gangrène, que le diagnostic s'imposera ; mais la syphilis et le cancer demanderont une investigation avisée, et surtout qu'on y pense.

Les AFFECTIONS HÉMORRAGiPARES, Ics purpuras infcctieux, les ictères infectieux, l'hémoptysie, les états leucémiques, etc., certaines formes graves de la fièvre typhoïde et du paludisme peuvent de même donner naissance à des hémoptysies, mais ici l'hémorragie se produit au cours d'une évolution clinique si caractérisée qu'il y a peu de place pour une difliculté réelle. Un de nos patients scléreux hypertendu a fait chaqueannée au printemps, d'avril à mai, pendant plus de dix ans, les hémor-

ragies les plus variées, le plus souvent épistaxis, quelquefois hémoptysies, plus rarement des hémorragies hémorroîdaires impressionnantes par leur importance ; la dixième année, il fit une hémorragie cérébrale grave déterminant une hémiplégie durable.

A côté de ces affections hémorragipares, il convient de mentionner les hémoptysies fluxionnaires diathésiques des goutteux; nous en avons observé quelques cas. La notion antérieure de la goutte, le caractère fluxionnaire de la poussée pulmonaire habituellement localisée aux bases et revêtant parfois le caractère de Tœdème aigu, l'aspect florissant du sujet feront faire le diagnostic. Uurémie peut donner naissance à des accidents similaires dont la mesure de la tension artérielle, le dosage de Turée sanguine dépisteront la cause.

Les ANÉvRYSMEs DE L* AORTE sout dc même susceptibles de donner naissance à des hémoptysies en doux conditions fort différentes : ou bien du fait d'une simple fissure au niveau d'une adhérence trachéo-anévrj'smal(^ il y aura petites hémoptysies intermittentes compatibles parfois avec une survie plus ou moins longue, ou bien rupture aaévrysmale dans une bronche ou la trachée et hémorragie foudroyante. Au point de vue diagnostic, ou Tanévrysme sera depuis longtemps diagnostiqué au moment de l'hémoptysie dont là signification sera fort claire, ou au contraire l'anévrysme aura été latent jusque-là soit du fait d'examens finaufflsants, soit du fait de la tolérance parfois incroyable d'un patient qui n*t]ara pas consulté jusque-là. Il n'est pas, à notre connaissance, de cas de ce genre où un examen clinique attentif n'ait décelé quelque signe de tumeur médiastinale (souffle bronchique, circulation thoracique supérieure collatérale, phénomènes de compression, inégaUté pupillaire, élévation ou élargis^ sèment de la crosse aortique, inégalité des pouls droit et gauche, etc., etc.!.

Peu de symptômes, on le voit, ont une valeur séméiologique aussi i.'aractérisée que l'hémoptysie. De façon tjuasi constante, elle extériorise un(î affection pulmonaire ou cardiaque, ou une diathèse hémorragique ou tluxionnaire évid(Mit«* ou latente.

L'HÉMOPTYSIE ESSENTIELLE SUPPLÉMENTAIRE DES RÈGLES EXISTE- T-ELLE7 — Nous voulons, pour finir, mentionner une modalité, à la vérité très exc<'ptionneUe, d'hémoptysie, sur laquelle on a beaucoup discuté et dont la signification diagnostique et pronostique peut être toute différente : c'est Vhémorragie supplémentaire des règles.

Nous nous excusons des développements, hors de proportion avec le reste du chapitre, que nous donnons à ce paragraphe, mais il s^agit ici d'un synchronie clini((ue curieux, très contr.)versé encore, et la petiti» contribution ci-d«issous nous parait légitime, à la condition que le lecteur sache bien (jue c'est là une modalité très exceptionnelle d'hémoptysie.

Pour nombre d'auteurs, de i)htisiologues, en particuHer, cette hémoptysie supplémentaire des règles serait, de façon constante, symptomatique d'une bacillose pulmonaire évidente ou menaçante.

On observe, en effet, ce symptôme, soit isolé, soit répété, dans

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