‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 216 sur 277 · II. - LES NERVEUX-ANGIOSPASMODIQUES · texte numérisé non relu

II. - LES NERVEUX-ANGIOSPASMODIQUES

Tout concourt à démont rer que cette phase constitue souvent la phase intermédiaire entre la pléthore simple et la sclérose cardio-rénale, qu'elle représente en partie ce que Huchard avait si justement dénommé le stade de présolérose.

Dans riiistoire pathologique de l'évolution des scléroses, en partant du sujet pléthorique simi>le, le stade actuel de présclérose pourrait être éti^iueté : cinq ans après, et celui de sclérose confirmée irréductible: dix à quinze ans après.

11 arrive même de pouvoir juxtaposer les deux types de façon quasi rigoureuse, tel ce fils de trente et un ans, obèse et lithiasique (l",71t 12,3 kilogrammes), lloride et bien compensé avec un pouls à 98, une maxima à 2."), une minima à 12, une viscosité à 4,8, et sa mère de cinquante et un ans. ol^èsc dégénérée (l'",^^), 87 kilogrammes), scléreuse avérée, nycturique, all>uniinurique, avec un pouls à 120, une maxima à 28, minima IG, viscosité sanguine 4,1.

Une (les caractéristiques de celle période, qu'il s'agisse de la fréquence du pouls, de la tension maxima et dilTérentielle, de la viscosité sanguine, du débit urinaire. est [>réci*iément une imlahiliié, une variahUiié tout à

HYPERTENSIONS ARTÉRIELLES 707

fait anormales, que Ton ne constate ni dans la période antérieure quasinormale au point de vue circulatoire, ni dans la période ultérieure où l'adultération lésionnclle est définitive.

Dans la première période, l'équilibre se maintient en vertu d'une hypertrophie fonctionnelle générale, harmonique, régulière ; dans la troisième période, l'organisme s'est adapté, bien ou mal, à des lésions définitives, à une infirmité indélébile ; il continue sa marche évolutive en boitant, de façon permanente, régulière pourrait-on dire. Dans la période que nous envisageons ici, l'organisme, non encore irrémédiablement adultéré, n'est pas « résigné », ne s'avoue pas vaincu ; il lutte contre la déchéance qui s'approche par des hypertrophies compensatrices ; mais, par instants, l'adaptation fonctionnelle est insuffisante, il y a affolement fonctionnel, réactions désordonnées, angiospasmes, insuffisances diverses survenant sous forme de crises paroxystiques : hydrémie, angor, hyposystolie, etc. A l'ordinaire, sous la seule influence de la diète instinctivement pratiquée, tout rentre dans Tordre. Mais les crises temporaires d 'hydrémie avec oligurie, hypertension et hypoviscosité sanguines se traduisant par un relèvement brutal du coefficient sphygmoviscosimétrique et décelant une réaction cardiaque brutale contre un blocage vasculo-rénal brusque par angiospasme, sont tout à fait significatives et caractéristiques. C'est I4; dentier « garde à vous » à l'entrée du défilé sans issue de la sclérose.

La caractéristique dominante de cette période est Véréihisme nerveux, Vémoiiviié, la tendance exagérée â r angiospasme qui, chez les prédisposés, joue un rôle important, comme Tavaient fort bien vu et enseigné Lancereaux, Bouveret, Potain, Huchard, dans la pathogénie de la sclérose vasculaire. Certains peuvent même arriver à îa sclérose uniquement par la voie angiospasmodique. Le plus grand nombre y arrivent, comme nous venons de le voir, par la voie pléthorique ; la dégénérescence est favorisée par V angiospasme et les infections.

Page 1