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Mais il est un syndrome encore mal décrit : douleur chronique à exacerbations périodiques de Thypocondre gauche, qui semble lié à l'accumulation de gaz au niveau dudit angle et à un transit colique défectueux par suite d'une coudure trop aiguë du côlon splénique, et que décèle .à merveille Texamen radioscopique.
La possibilité de douleurs de l'hypocondre gauche dans les cas de pneumonie du lobe inférieur gauche ou de pleurésie prête aux mêmes considcrations que celles exposées à l'occasion de Thypocondrc droit.
HYPOTENSIONS ARTERIELLES
Si, après l'hypertension artérielle, nous consacrons un bref article ày hypotension artérielle^ c'est que : !<> ce symptôme est d'une grande fréquence ; 2° sa signifîcation clinique est souvent considérable ; 3<> chez les chroniques, au moins, la mesure de la tension artérielle nous parait aussi indispensable à l'heure actuelle que celle de la température ou du pouls chez les aigus.
Renvoyant à l'article précédent (Hyperlensions arlérielles) pour la signification des termes : tensions maxima, minima, différentielle, nous nous contenterons de mentionner brièvement la valeur séméiologique des hypotensions maxima, minima, différentielle.
L'hypotension artérielle maxima commencera pour nous à 12-13 au Pachon. Les chiffres les plus bas que nous ayons observés chez des adultes sont 7 et 8.
L'hypotension arlérielle maxima permanente se rencontre à peu près exclusivement chez les anémiques, les tuberculeux, les neurasthéniques, dans Vinsuffisance surrénale (maladie d'Addison, surrénalites postinfectieuses, etc.), et dans un groupe fort important de cas non catalogués de façon formelle jusqu'à une époque récente, hypotendus par débilité fonctionnelle cardio-artérielle, congénitale ou familiale, entretenue ou aggravée par le genre de vie exclusif de tout entraînement physique et que nous avons décrits sous la dénomination d'hyposphyxiques.
L'hypotension artérielle est un des attributs quasi constants des affections cacheclisanles : tuberculose, cancer, dénutrition ; une hypotension progressive est à l'ordinaire un signe prémonitoire de la mort.
L'hypotension arlérielle maxima temporaire peut s'observer au cour» des maladies infectieuses et pendant leur convalescence, après les hémorragies, les shocks opératoires. On sait l'importance pronostique qu'elle a dans ces derniers cas ; — on peut dire que dans les plaies thoracoabdominales toute hypotension progressive est l'indice d'une hémorragie continue.
L'hypotension artérielle minima, Set au-dessous (méthode oscillatoire ou ausculta toire), ne s'observe guère que dans l'hypotension maxima des anémiques et des cachectiques et dans l'insuffisance aortique. Le chiffre le plus bas que nous ayons observé chez un adulte est 5, dans un cas
d*anémie pernicieuse. Elle n'a de valeur séméiologique que dans l'insuffisance aortique, mais ici elle est formelle et peut s'exprimer sous forme de loi : Toute hypotension minima (8 et au-dessous) coïncidant avec une hypertension maxima [Il et au-dessus) est pathognomonique d^une insuffisance aortique.
Quant à la signification de Vhypotenaion différentielle, voici ce qu'on peut en dire de plus bref. La pression diiTérentielle est dans une certaine mesure le reflet, l'expression sphygmomanométrique de la puissance cardiaque. En fait, les débiles constitutionnels à petit cœur congénital ont une faible pression différentielle (2 à 4), les scléreux bien compensés à cœur hypertrophié « de bœuf » ont une énorme pression différentielle (10 à 25). Les asystoliques à faible pression différentielle voient à l'ordinaire leur pression différentielle croître au fur et à mesure que leur cœur récupère sa puissance fonctionnelle et que leur diurèse croît en proportion, etc.
Trois points relatifs à l'hypotension nous paraissent — au point de vue pratique — mériter quelques développements. Ce sont : 1° L'hypotension des tuberculeux ; 2° L'hypotension des insuffisances surrénales ; 3° L'hypotension des hyposphyxies.
lo L'hypotension est si constante chez les tuberculeux que : 1^ on peut la considérer comme un symptôme de tuberculose au même titre que la toux, l'amaigrissement, la fièvre, l'anorexie, la fatigue, etc.; isolée, sa valeur est minime ; conjuguée aux précédents, elle prend une signification fort importante ; 2° la constatation d'une tension normale ou exagérée permet de conclure ou à l'absence de tuberculose, ou à l'existence d'une complication, à l'ordinaire rénale ; tous les sujets tuberculeux chez lesquels nous avons relevé de l'hypertension étaient atteints de néphrite.
Toutefois, et cette remarque s'applique à l'étude de toutes les hypotensions, il faut toujours tenir compte de la réaction hypertensive d'origine émotive inévitable au cours d'une première mensuration sphygmomanométrique. D'où les règles :
1° De pratiquer, lors du premier examen, deux mensurations successives à quelques minutes d'intervalle [la différence parfois considérable entre la première et la deuxième mesure (toujours plus basse) constitue un bon coefficient d'émotivité] ; on ne tiendra pour valable que la deuxième mensuration ; 2^ de pratiquer des mensurations au cours des examens ultérieurs. On éfiminera ainsi le facteur émotif accidentel et temporaire, hypertensif, pour ne garder que le facteur pathologique essentiel et permanent.
2° L'hypotension est un des trois facteurs permanents de l'insuffisance surrénale. On peut dire que le syndrome : hypotension, asthénie, raie
HYPOTENSIONS ARTÉRIELLES 743
blanche de Sergenl est pathognomonique de l'insuffisance surrénale dont les travaux contemporains ont décelé l'extraordinaire fréquence. Elle est réalisée au maximum par le syndrome classique célèbre : maladie d'Addison, rattachée dès longtemps à la dégénérescence des capsules surrénales et s'accompagnant de dégénérescences pigmenlaires culanéomuqueuses si caraclérisliques (voir Pigmenlalion). Il semble résulter des recherches contemporaines susmentionnées que la plupart des hypotensions infectieuses, post-infectieuses et cachectiques relèvent en tout ou partie de l'insuffisance surrénale, qu'il y ait surrénalite vraie ou simplement insuffisance temporaire (Lœper).
30 L'hyposphyxie est un syndrome circulatoire au sujet duquel nous croyons devoir donner quelques développenients, parce que sa connaissance et sa description sont de date relativement récente.
Tensions arlérielles el viscosilé sanguine, — Nous croyons avoir démontré au cours de ces dernières années que chez les sujets dont le système cardiovasculaire bien équilibré n'est adultéré en aucun de ses points il existe un rapport assez étroit entre la tension artérielle différentielle, reflet de la puissance d'impulsion cardiaque, et la viscosité sanguine, reflet de la résistance opposée par le sang à la circulation. A viscosité faible comme chez les anémiques correspond une tension faible, à viscosité moyenne comme chez les normaux correspond une tension moyenne, à viscosité forte comme chez les pléthoriques sanguins correspond une tension forte. Bref, r individu normal au point de vue cardio-vasculaire ou mieux circulatoire a la tension de sa viscosité^ la réciproque n'étant pas toujours vraie pour des raisons que nous avons longuement exposées dans un ouvrage : Pressions arlérielles et viscosité sanguine (1), consacré à l'étude de cette question.
Au surplus, cette relation, que nous ne sommes arrivé à établir que par des observations nombreuses, paraîtra évidente à quiconque voudra bien se rappeler que la force à déployer pour faire circuler un liquide dans un système canaliculaire donné est proportionnelle à la résistance de ce liquide, c'est-à-dire et précisément à sa viscosité.
Tel est le rapport normal de la tension différentielle et de la viscosité sanguine.
L'observation clinique permet de déceler deux types sphygmo-viscosimétriques anormaux radicalement opposés chez lesquels il y a discordance entre la tension différentielle et la viscosité sanguine.
Les premiers ont une tension élevée par rapport à leur viscosité normale ou basse : ce sont des hypersystoliques, des hypersphyxiques, l'hypcrsphyxie permanente étant représentée surtout par la sclérose artério-rénale.
Les seconds, qui font l'objet de cette brève étude, ont au contraire une
(1) Alfred Martinet, Pressions artérielles el viscosité sanguine. Paris, 1912, Masson, Mil.
viscosité élevée par rapport à une tension normale ou basse : ce sont des hyposphyxiques.
Le syndrome hyposphyxique. — L'hyposphyxie est constituée par l'association d'une tension vasculaire diflérentielle faible absolument ou relativement, et d'une viscosité sanguine élevée. Ces deux facteurs combinés réalisent au maximum le type de la circulaiion ralentie si fréquenî chez les jeunes filles, les sédentaires, les préluberculeux, etc., et caractérisé surtout par la faiblesse du pouls, la lividité, le refroidissement habituel avec cyanose des extrémités, la tendance à la pléthore veineuse, aux variceSy au gonflement du foie, la sensibilité au froid, etc.
L'hyposphyxie est, de façon à peu près constante, combinée à V insuffisance pluriglandulaire qu'elle domine et conditionne. On constate en effet chez les hyposphyxiques de la dyspepsie gastro-intestinale par insuffisance pluriglandulaire digestive et des troubles variés rattachés depuis longtemps à l'insuffisance des glandes à sécrétion interne (thyroïde^ ovaire, glandes surrénales, hypophyse, etc.), savoir : céphalée, migraines^ dysménorrhée, asthénie, asthme, dystrophies pilaires, etc., etc.
D'ailleurs, inversement, le syndrome hyposphyxique se trouve expressément mentionné dans la plupart des descriptions des syndromes d'insuffisance glandulaire.
Il convient d'insister sur cette notion que Vhyposphyxie n'est qu'un syndrome et non une entité morbide et qu'on peut, dès maintenant^ distinguer des hyposphyxies lésionnelles et des hyposphyxies fonctionnelles, des hyposphyxies constitutionnelles, héréditaires, et des hyposphyxies accidentelles (post-infectieuses, par exemple). Il en est exactement de même du syndrome d'insuffisance pluriglandulaire. Le sujet est assez vaste pour que nous ayons l'occasion d'y revenir.
Cette emprise de l'élément circulatoire sur l'élément trophique neuromusculo-nutritif avait d'ailleurs été parfaitement exprimée par Brissaud à l'occasion du chétivisme (Bauer) et du nanisme mitral. « Dès qu'il existe, disait-il, un certain degré d'angustie artérielle, les tissus et les organes mal nourris peuvent se développer sans doute, mais ilsrestent petits, « chétifs ». L'individu «rabougri» qui en résulte parvient bien à son développement complet, mais à la croissance près » (Henry Meige).
Au point de vue pathogénique, ce syndrome extériorise en dernière analyse un trouble de la circulation se traduisant par de V hypertension veineuse avec stase dépendant soit d'un obstacle au niveau du cœur gauche (affections mitrales) ou du cœur droit (affections tricuspidiennes), soit, et c'est le cas le plus habituel, d'une hypotrophie cardiaque congénitale (débilité cardiaque constitutionnelle), d'un obstacle au niveau du poumon (pneumopathies chroniques, tuberculeuses), au niveau du foie (cirrhoses, congestion passive), au niveau des veines (varices, phlébites^ cyanose cutanée).
HYPOTENSIONS ARTÉRIELLES 745
La faiblesse absolue ou relative de la systole, de Timpulsion cardiaque (cœur central refoulant), hyposphyxie, !a faiblesse de la musculature, la myasthénie (cœur périphérique, cœur veineux), la faiblesse de la respiration (cœur aspirant) se rencontrent isolées ou associées dans tous ces états.
Ce régime dynamique circulatoire, faible tension différentielle, viscosité élevée (hypotension, hyperviscosité) est Tindice certain soit d'une faiblesse, d'une hypotrophie congénitale du système cardio-artériel (débilité cardiaque constitutionnelle), soit d*un obstacle à la circulation en amont du cœur gauche (mitral, poumons, cœur droit, foie). La pléthore veineuse en est la conséquence nécessaire et constitue un mode d'adaptation, une réaction de défense, à des conditions circulatoires nouvelles.
Nous avons constaté l'existence de ce syndrome à l'état chronique, constituant un régime circulatoire habituel : hyposphyxie chronique :
1° Chez des sujets atteints de certaines lésions, surtout cardio-pulmonaires évidentes et rentrant dans des catégories nosologiques nettement défmies : hyposphyxies lésionnelles secondaires.
2° Chez des sujets indemnes en apparence de toute affection organique, cardiaque ou pulmonaire, du moins actuellement cataloguée :
HYPOSPHYXIES FONCTIONNELLES PROTOPATHIQUES.
3° Nous avons constaté l'existence de ce syndrome à l'état aigu ou subaigu, accidentel temporaire : hyposphyxie aiguë temporaire.
Nous avons constaté l'hyposphyxie lésionnelle :
1° Chez les tuberculeux aigus ou chroniques, exception faite de ceux qui présentaient des complications rénales.
2® Chez les miiraux compensés ou non. C'est le rétrécissement mitral congénital ou acquis qui fournit les plus beaux types de cette catégorie. II en est vraisemblablement de même du rétrécissement tricuspidien,
3® Chez le plus grand nombre des pneumopathes chroniques emphysémateux et bronchitiques,
4^ Chez les cyphotiques,
7y^ Chez un certain nombre d'urémiques ou plus exactement d'azotémiques.
Nous avons noté l'hyposphyxie fonctionnelle avec une très grande fréquence.
Ce type est presque la règle chez les jeunes filles et un grand nombre de femmes sédentaires par tempérament ou par profession (couturières, pianistes, employées, etc.), à capacité respiratoire faible, à musculature débile. Nous l'avons rencontré aussi chez maints jeunes gens, écoliers ou étudiants anti-sportifs.
Il est d'ailleurs fréquemment héréditaire et sous la dépendance d'une véritable hypotrophie cardio-vasculaire congénitale et familiale. Dans une de ces familles, le grand-père, porteur de varices, a toujours été un cyanose aux extrémités froides et humides ; la mère, variqueuse, est de même hyposystolique et hypervisqueuse ; l'oncle présente des varices, Diagnoêlie. 47
de la cyanose de la face, des lèvres et des extrémités ; une tante cyanosée et ayant des ulcères variqueux est considérée comme atteinte d'une aiïection cardiaque ; une seconde tante est dans une situation analogue ; quant à notre sujet, c'est un cyanose sédentaire hypomusclé aux extrémités froides et humides, au foie congestionné ; sa tension différentielle est de 3, sa viscosité de 5,5.
Cette dystrophie accompagnée de maintes autres malformations (dentaires, palatines, abdominales, etc.) fait bien souvent partie du syndrome hérédo-syphiliiique.
HYPOTENSIONS ARTÉRIELLES
Anémies.
Neurasthèxiies.
Hypofflobulie, décoloration des muqueuses, souffles cardioartériels anorganiques.
Trauma tiques ou post-opératoires.
{Toute hypotension progressive après un trauma ou une intervention est le signe d'une hémorragie persistante,)
Syndrome névropathique : céphalée, insomnie, constipation, asthénie, inquiétude, angoisse.
Cachexies.
Tuberculose.
Insuffisance nale.
sorré-
Cancers, sénilité, phtisies.
Toux, lièvre, amaigrissement, signes stéthoscopiques.
ou faire éliminer le diagnostic
, ,. , j :• ; tuberculose,
L hypertension doit { ^^ f^^^^ dépister une complication
rénale.
Hjrposphyxies.
Syndrome pathognomonique : hypotension, asthénie, raie blanche de Servent.
Î depuis la malcniie d'Addison ou la surrénalite aiguë avec mort rapide jusqu'aux insuffisances surrénales postinfectieuses temporaires et bénignes.
Circulation ralentie (hypotension, hyperviscosité), bien souvent associée à l'insuffisance pluriglandulaire [hypocrinie).
(Pouls petit et rapide, lividité, cryesthésie, refroidissement et cyanose des extrémités, pléthore veineuse, etc.).
Lésionnelles.
Fonctionnelles.
1° Tuberculeux.
2" Mitraux.
3® Pneumopathes chroniques.
4» Cyphotiques.
5® Azotémiques.
6o Dyslrophies cardio-vasculaires congénitales (hérédos).
Sédentarité, débilité cardio-musculaire, etc.
ICTÈRE (JAUNISSE) [ly^rtfo^, jaunisse. \
On donne le nom d'ictère à tous les cas dans lesquels — que l'urine et les selles soient modifiées ou non — les conjoncti vesetla peau ont une teinte jaune ou jaunâtre. Pour nous donc le mot ictère, conformément à son •origine (ïxTspoç, jaunisse), est synonyme de jaunisse et ne préjuge nullement de son origine biliaire, hépatique ou non .
Les ictères, les jaunisses sont provoqués :
1^ Par la rétention et la résorption de la bile et de ses pigments normaux : ictères hépatiques ;
2^ Par une altération particulière du sang (hémolyse) : ictères hé manques (hémolytiques) ;
30 Par une intoxication spéciale (acide picrique) : ictères picrique s .