RÉSULTATS NORMAUX DE L'ANALYSE CHIMIQUE
10 Fonction évacuatrice. — a) Quantités de tiquide extrait, — Avec le repas d'épreuve d'Ewald, si l'on tient compte de l'eau contenue dans le pain, on introduit dans l'estomac 270 à 280 centimètres cubes de liquide. A ce liquide vient s'ajouter le liquide de sécrétion de l'estomac pendant la digestion. — Normalement, le tubage permet d'extraire: au bout de soixante minutes =100 centimères cubest.
b) Concentration des liquides extraits.
Liquides à jeun. — Dans les liquides résiduels de fin de digestion, la concentration = 08^,009 à O^^filO, '
Entre autres indications, la concentration fournit des données très intéressantes permettant de diiîérencier à leurs limites les liquides de stase et les liquides d'hypersécrétion, retirés de l'estomac à jeun. Alors qu'un liquide d'hypersécrétion pure a une concentration comprise entre 0,0090 et 0,0110, les liquides de stase ont une concentration plus élevée, plus ou moins suivant les ras.
Après repas d^épreuve, — Dans les liquides retirés au bout de soixante minutes, la concentration = O^^jOGO.
20 Fonction :oiiimique. — Dans la : méthode chloromélrique d'Hayeni et Winter, on trouve pourl©0 cehiimè^s^oubes de-liquide :
Acidité totale A 0,189
HGl Ubrc H 0^044
HCl combiné organique G 0,168
Chlophydpic H + C 0,214
Chlore total T 0,321
Chlore minéral ftxe F 0^109
Coefficient — p — 0,86
Cocf Ocient - 3
Pcptones «= abondantes.
'Examen cytologique des liquides gastriques. — Technique.
— Le matin à jeun, on vide Testomac par un tûh»'^ et on lave Teétomac avec de Teau bouillie jusqu'à ce qu'elle ressorte parfaitement claire.
Ceci fait, sans retirer la sonde, on introduit 250 centimètres cubes de sérum artificiel à 9 p. T 000 et on attend dix minutes. Pendant ce temps, on fait prendre au malade différentes positions, assis, coucbé, debout.
Puis le'liquitle est retiré.' On en centrifuge une partie. Avec k' culot, on fait des préparations sur* lames, qu'on laisse sécher, pour ensuite 'lés fixer, et les colorer comme pour des préparations de sang, nt^tamment à rhématéine-éosine, à la thionine et au Giemsa. On examine au microscope à imnmersion.
Cytologie > normale. — A Tétat normal, on ne trouve qu'un petit nombre d'éléments cellulaires : cellules pavimenteuses, débris cellulaires avec noyau plus ou moins net, noyaux isolés^ plus ou moins altérés ; tous* ces éléments sont entourés de mucus.
lé-EUDE DE LA SÉORÉTION STOMACALE SANS'UTLLiSER LA SONDE
GASTRIQUE. (Procédé de Léon Meuniev) {!). — L'étude delà sécrétion ^Lomacale est classiquement basée sur les réactions précédentes ^après repas d'épreuve.
Ces procéVlés présentent de nombreux inconvénients : :pour le malade, ils exigent l'introduction toujours pénible de la sonde- gastrique ; pour le médecin non exercé, il nécessite une extraction difficile «t souvent impossible du liquide de l'estomac, se compliquant d'une analyse chimique ; enfin, même pour le médecin spécialisé, il donne seulement un renseignement sur l'état de la sécrétion au moment du tubage, le lais sant ignorer ce qu'est cette sécrétion avant ou après la prise d'essai.
(1) Presse médicile, IS janvier 1C03.
Pour éviter à ces inoonvéïvients, Léon Meunier a proposé un procédé Dasé sur le principe suivant :
cr Le catçnt, préparé, comme on le sait, avec la 90u*-muqueuse de* Tintestin de mouton, se dissout dans le suc gastrique et d'autant plus- rapidement que ce suc est plue actif.
«Partant de ces résultats, on fabrique, arvec un mmce tissu de caoutchouc, un petit sac, une sorte de capsule, dans latpielle orn introduit une perle d'éther. L'ouverture de ce sac est liée, fermée au moyen d'un fil de catgut (catgut brut plus fin que le 00 du commerce ; ce fîl se rompt sous une charge de 2 kilogrammes, la longuerrr du bras de levier étant de Ib centimètres). Donnons à un malade, en période de digestion stomacale, une capsule ainsi préparée : arrivé dans Testomac, le fîl de catgut subit rinfluence du suc gastrique ; à un moment donné la ligature cède, Tenveloppe de caoutchouc expulse la perle d'éther, qui, arrivant au contact du liquide de 1- estomac, se dissout et éclate. Cet instant précis est indiqué par le malade lui'-même, qui a alors une éructation d'éther extrêmement caractéristique. Le temps écoulé entre la prise de la capsule et Téructation d'éther indique la durée de dissolution du catgut dans le suc gastrique ».
Pour étudier la valeur des capsules ainsi préparées, Léon Meunier a effectué les deux séries d'expériences suivantes :
« Digestion artificielle. — 1° Mettons une capsule dams un liquide n'ayant aucun pouvoir digestif, dans de l'eau par exemple, et maintenons le tout à l'étuve chauffée à 37°. Au bout de plusieurs heures d'étuve, le catgut reste intact et la perle d'éther enfermée dans le sac ne subit aucune altération.
«2^ Mettons ensuite une capsule dans un suc gastrique filtré qu'on porte également à l'étuve. Au bout d'un temps plus ou moins long, on voit s'ouvrir le sac de caoutchouc et la perle d'éther éclater. Le temps mis au catgut pour se dissoudre et à la perle pour éclater sera d'autant plus court que le suc gastrique est plus actif. C'est, en effet, ce dotit on peill se rendre compte en employant des sucs gastriques à activité différente, activité qui est environ proportionnelle à leur teneur en acidité chhirhydrique.
«l'Si nous voulons résumer les expériences avec des sucs gaçJtriques différents, nous pouvons mettre en regard les chiffres suivants :
Teneur en HCl Temps mis à la
des sucs gastriques employés. perle d'éther pour éclater.
HCl = 1^ p. .1000 20 minutes.
HCl = 0,50 — 50 —
HCl = 0,15 — 1 heure 20 minutes (non éclatée au bout
HCl = 0 de plusieurs heures).
a Digestion stomacale. — Étudions maintenant la dissolution de la capsule dans l'estomac même. Pour cela, nous faisons prendre à un malade un repas d'Ëwaki (60 grammes pain, 250 grammes d'eau) et nous lui
donnons la capsule immôdiatoment après ce repas. Nous notons le temps qui s*écoule entre la prise de la capsule et le moment où le malade accuse une éructation d'éther. A ce moment même, nous extrayons le liquide gastrique, que nous analysons, et nous mettons en parallèle le chiffre d*acidit6 chlorhydrique trouvé et le temps noté de l'éructation.
« Les chiffres recueillis nous ont permis de constater que les résultats ainsi trouvés dans la digestion stomacale se rapprochent peu souvent de ceux fournis plus haut dans la digestion à l'étuve. Et cela est logique.
« En effet, le tubage ne nous donne Tétat de la sécrétion qu^au moment même de la prise d'essai ; or, après un repas, cette sécrétion varie à tout instant : très active au bout d'une demi-heure, elle peut être nulle au bout d'une heure, au moment même du tubage, d'où une grossière erreur d'interprétation.
« Au contraire, avec la capsule, le cbnicien est renseigné sur l'activité réelle de la digestion pendant tout le séjour de la capsule dans l'estomac.
« Un autre avantage de la capsule est de permettre Tétude de la sécrétion gastrique après n'importe quel repas. Toutefois, à titre d'exemple, nous donnons les temps de dissolution d'une capsule prise immédiatement après un repas d'Ewald ; ces temps, déduits d'un certain nombre d'observations, peuvent se résumer dans le schéma suivant
ÉRUCTATION d'ÉTHER A LIEU .* DIAGNOSTIC DE LA SÉCRÉTION.
Avant 1 heure Hypersécrétion.
Entre 1 heure et 1 h. 1/2 Sécrétion normale.
Après 1 h. 1/2 Hyposécrétion.
Pas d'éructation Achlorhydrie.
a En résumé, la « capsule » nous parait présenter les avantages suivants :
« Grande facilité pour le malade de prendre ces capsules, lui permettant de répéter ces expériences selon les nécessités de l'examen gastrique,
« Possibilité pour le médecin de connaître l'activité de la sécrétion, pendant toute la période digestive, avec tel ou tel repas d'épreuve qu'on voudra. Obtention immédiate de ce renseignement sans tubage ni manipulation chimique consécutive ».
Mesure clinique de l'activité dig^estive de Testomac par le procédé
A LA FILANDRE ET A LA PERLE d'ÉTHER DE LÉON MeUNIER (prOCédé
inédit) . — Léon Meunier a encore perfectionné le procédé ci-dessus décrit et nous sommes heureux de pouvoir donner à nos lecteurs la primeur de la technique ci-dessous encore inédite.
Choix du lien, — Après avoir adopté pendant plusieurs années la corde à catguts, nous avons finalement choisi la corde a filandre.
Ces deux cordes proviennent de I intestin grêlt du mouton (flg, 12).
La première répond à )i lunique cellulaire bOUs muqueust.
La corde à filandre est formée de fibres musculaires longitudinales et circulaires. I
Par son homogénéité ana .JS[ i\ ^
tomique, elle oppose à la di gestion une résistance rëgu lière et a par suite sur le catgut, les avant-iges d cxpé rience,
La corde à fil; ndre se trou\ l chez tous les boyaudier» Ct.Ik qui nous a ser\'i dans nos expé riences provient de la phar macie Leclerc.
PréparaliûTt de la perle en robéf.. —~ Pour cette prépar
lion, nous découpons une rondelle de 0" 03 de diamètre environ dans une feuille mince de caoutchouc vulcanisé. Nous plaçons la perle au centre de cette rondelle et, ramenant autour d'elle les bords de la feuille, nous emprisonnons la perle dans une sorte de sac.
Nous fermons, nous ligaturons le collet de ce sac iivec un petit drain élastique de petit calibre, dont nous maintenons les extrémités par une ligature failc avec la corde à filandre (voir flg. 13),
Nous laissons volontairement l'excès de tissu caoutchouté qui forme à la perle une sorte de jupe ayant pour but d'augmenter sa surface totale et de lui éviter ainsi une évacuation gaslro-intesliniile.
Fig. 13. — Pprle ù'éther enrobée Ue caoutchouc ligaturé avec de la nia ndre.
Essai. — Chez un normal, une perle enrobée prise avec un repas d'Ewald éclate généralement au bout de cinquante à soixante minutes.
Nous pouvons résumer les résultats de nos observations dans le tableau schématique suivant.