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Nous renvoyons, pour la discussion de cp diagnostic dilTiVcnticI, à l'article Douleurs précordiales.
b) ■..■-s anévrysmes aorliquet jifiivcnt détonninur dfs ik»uieurs bracliiaks d'une triple origine :
1" Douleurs angineuscs du type sus-décriL ;
2° Douleurs névralgiques ou névriliqucs de compression ;
3" Douleurs de stase par compression du système veineux.
Elles peuvent être intolérables et nécessiter l'usage de la morphine. Souvent les signes cliniques : tumeur anôvrysriiale, signes de compression veineuse {rùseau veineux cave supérieur, gonflement du cœur, œdème de la face, inégalité des pouls, etc.) sont évidents ; la radioscopie lèvera tous les doutes.
MEMBRES SUPÉRIEURS (DOULEURS DES
c] Il en est de même dans les tumeurs du médiasiin. L'associalion des douleurs du ou des bras avec signes de gène de circulation en retour dans la zone cave supérieure (cyanose, développement de la circulation veineuse superficielle, gonflement du cou et de la face, saillie des yeux, œdèmes de la face) est quasi pathognomo nique de tumeur médiastinale (ectasie aortique, péricardite avec épanchement, tumeur ganglionnaire, etc.)-
d) Le^ algies labéliqiies, quoique beaucoup plus rares qu'aux membres inférieurs, zone d'élection, peuvent affecter le caractère de douleurs fulgurantes, rapides, brusques, « étincelantes » comme « l'éclair » ; parfois isolées, « solitaires n, parfois groupées en a crises paroxystiques » de durée variable, un à plusieurs jours. Elles affectent particulièrement le bord interne des avant-bras, le petit doigt, l'annulaire. Elles peuvent prendre le caractère térébrant, ardent, lancinant; parfois enfin elles prennent le caractère de constriction, de serrement, « douleur en bracelet ». Ce caractère si spécial des algies tabétiques, quoiqu'il ne leur soit pas absolument propre, puisqu'on peut le rencontrer dais les névrites périphériques (par exemple alcooliques et lépreuses) et les compressions radiculaires, n'en est pas moins à l'ordinaire très suggestif. Qu'on pense seulement au tabès, — et comment n'y pas penser dans ces cas? — et le diagnostic
sera rapidement assis par la recherche de la série morbide (antécédents spécifiques, troubles réflexes, troubles moteurs, troubles viscéraux, en particulier génito- urina ires, etc.).
Fig. 736. ~ Dtetribution de la douleur et de l'hyperatgésie cutanée après des accèe répétto d'aogine de poitrine.
La revision nomenclature précédente est, certes, loin d'épuiser la matière. Maintes éventualités cliniques, à la vérité exceptionnelles [côte cervicale supplémentaire, poliomyélîles, etc.), ont été volontairement omises pour ne pas surcharger un chapitre déjà bien lourd. '
II en a été de même des abcès, panaris, lymphangites, phlegmom, et de leurs adénopalhies satellites, d'observation courante, mais dont le diagnostic ne soulève à l'ordinaire aucune difriculté et que nous mentionnons seslement pour mémoire.
Formulons un souhait pour finir, savoir : que le lecteur éprouve moins d'ennui it lire et à méditer ce chapitre que nous n'en avons éprouvé à le composer et ii l'écrire.
Le terme « nervosisme », pour banal qu'il soit, et justement à cause de sa banalité, aurait grand besoin d'être défini. Qu'est-ce qu'être nerveux? On peut l'être de bien des façons, et il suffît d'essayer de faire préciser leurs symptômes (entreprise souvent insurmontable) aux patients qui se disent « nerveux » pour s'apercevoir que ce terme a communément des significations ou bien vagues ou bien diverses, en tout cas inadéquates à une correcte utilisation clinique.
Il convient, à n'en pas douter, de résoudre le « nervosisme » en ses éléments et de rechercher systématiquement, chez un sujet réputé «nerveux m, les stigmates et symptômes essentiels d'ordre moteur, sensitivo-sensoriel, psychique, viscéral et vaso-moteur.
1° Le ('nervosisme » moteur se traduira surtout par V agitation, V exagération des réactions motrices. Dans une première catégorie de faits, le sujet sera «remuant», «agité», «incapable de rester en place», il aura liltôralenient la « hougeoMe ». Cette excitation motrice est, comme on sait, quasi normale chez les enfants. Elle s'associe fréquemment chez l'adulte à l'c^xt-itation psychique, à Finsoninie, aux états anxieux, etc. C'est un des attributs de la constitution émotive.
Dans une d(uixième catégorie de faits, le sujet ne peut réfréner des ronLraclions de rythmes divers de quelque partie du corps : secousses, contractures, tics, tremlJements (voir ce mot).
Ce nervosisme moteur se rencontrera dans la clwrée de Sifdenfiam, les élats clwréif ormes, \(i^ lies, maintes névropathies. On recherchera surtout :
Les causes somatiques, au premier rang desquelles il faut mentionner: 1» Les intoxications : alcoolisme principalement, cocaïnomanie, opio-
manie, saturnisme, etc.
2" Lliijperl/iijroïdie : maladie de Basedow, goitre exophtalmique,
basedowi-me fruste.
Les causes psychiques : shocks émotionnels, surmenage, états passionnels générateurs des psychonévroses. Ce nervosisme moteur extériorise souvent une plaie morale profonde. Le patient a une épine dans le cœur. 11 s'agite et la douleur le mène. Qu'on se rappelle le cas hist(irique de rimj)ératrice errante, la si meurtrie Elisabeth.
2^ Le iinervosismesensitivo-sensoriel » se traduira par une hypereslhésie ou générale ou élective aux excitations ambiantes, soit que les impressions tactiles, gustatives, auditives, olfactives, visuelles, cutanées, soient ressenties de façon excessive, voire douloureuse, soit même qu'elles déterminent des réflexes pénibles, moteurs ou viscéraux.
Les faits sont surtout évidents dans la sphère auditive. Le sujet tressaille au moindre bruit, sursaute pour une porte qui s'ouvre, accuse de rhyperacousia. Souvent le même sujet ne pourra supporter une lumière trop vive, un soleil trop éclatant : névralgies faciales rebelles de la Côte d'Azur. Parfois l'hyperesthésie olfactive se traduira par ce fait que le sujet percevra des odeurs inappréciables pour les sujets réputés normaux et que l'analyse démontrera en effet existantes. Il n'est pas rare de constater dans ces cas une hyperesthésie cutanée manifeste à la piqûre, au simple frôlement et une surréflectivité tendineuse et cutanée.
Ce « nervosisme sensitivo-sensoriel » est bien souvent associé à des algies diverses. Il y a là une véritable diathèse, un véritable tempérament algique hyperesthésique.
Mention spéciale doit être accordée au « nervosisme sensitivo-sensoriel » se traduisant par une véritable « hyperesthésie cosmique ». Ces malades sont de véritables esthésiomètres cosmiques ou, comme ils disent souvent eux-mêmes, de véritables « baromètres ». Ils sont hypersensibles aux variations thermiques, aux variations barométriques, aux variations hygrométriques, aux variations électro-magnétiques et certainement à bien d'autres variations cosmiques encore inconnues. Certains prédisent, sentent les « changements de temps », les sautes barométxiques, les changements de direction des vents, la formation des brouillards, etc., avec une extrême netteté et dans des conditions d'observation excluant toute idée de supercherie. Nous avons vu maintes fois une rhumatisante, névralgisante, enfermée le soir dans une chambre, volets clos, rideaux tirés, sans aucun contact direct ou indirect avec l'extérieur, nous annoncer avec une infaillible précision une hausse ou une baisse barométrique de quelque ampleur (5 à 10 millimètres) ou un changement de direction dû vent ou une chute de neige, etc., etc. Chacun observera facilement dans son entourage des faits de ce genre. Tout se passe comme si la plupart des variations cosmiques déterminaient une rupture d'équilibre humoral, se traduisant objectivement par des accidents variés, subjectivement par une douleur.
Quelque idée qu'on se fasse de la pathogénie intime de ces affections, il est difficile de ne pas se les représenter comme étant sous la dépendance d'un état d'équilibre électro-chimique (humoral) particulièrement instable, une sorte d'état de sursaturation en imminence de précipitation dans lequel il suffit du moindre choc, de la moindre perturbation pour déterminer une réaction intra-organique de précipitation d'un élément nocif soit au niveau des terminaisons nerveuses (névralgies) ^ soit au niveau des articulations (arthralgies), soit au niveau de certains viscères (viscéralgies). Ainsi s'esquissent les rapports entre les groupes à contours encore
mal définis des « rhumatisants » et des « névralgisants », trop lâchement réunis dans la conception du (( neuro-arihriiisme i>,
3° Le « nervosisme psychique » est peut-être le plus banal. Sa caractéristique est en somme l'instabilité psychique avec toutes ses modalités. Le sujet est «émotif», la moindre difficulté lui fait perdre son a sangfroid » ; il n'est pas « maître de lui ». Souvent des périodes d'excitation enthousiaste, d'optimisme exagéré, alterneront avec des périodes de dépression, de pessimisme irrationnel. Dans ces formes d'excitation le sujet sera facilement irritable, voire impulsif ; prompt à la colère, voire à la violence. Dans les formes dépressives, le sujet sera triste, angoissé, aboulique, accessible à la crainte, voire à la peur.
Ilfaudrait aborder ici la questiondesa névroses »et des « psychonévroses». Nous nous en garderons bien, nous bornant à rappeler que la tâche essentielle du praticien général en ces cas nous paraît être de rechercher :
1° Si cette perturbation psychopathique n'est pas la manifestation d'un état somatique concret, au premier rang desquels il convient de placer la paralysie générale progressive, et accessoirement d'un état morbide latent ou méconnu, généralement quelconque : diabète, artériosclérose, intoxication (éthylisme, etc.), etc.;^tuberculose à sa'période sournoise.
2^ Si cette perturbation psychopathique n'est pas la conséquence nécessaire et peut-être inévitable d'une désharmonie morale d'ordre quelconque : douleur intime, comme cela est si fréquemment le cas chez la jeune fille et chez la femme; déboires professionnels, déceptions, etc., qui fournissent un pourcentage si élevé d'excités aigris et anxieux, etc. Les milieux politiques et littéraires en fourmillent.
3^ Si enfin ce nervosisme psychique n'est pas à proprement parler constitutionnel, congénital, souvent héréditaire. Rien n'est plus instructif à ce point de vue que d'examiner en même temps mère et fîUe, la seconde multipliant par 2 ou 3 les manifestations psychopathiques de la première. Nous y reviendrons plus loin à l'occasion de la constitution émotive et de la névrose de guerre.
La conception psychologique si suggestive de l'hystérie considérée comme essentiellement caractérisée par un rétrécissement du « champ de conscience » ne permettant au sujet de grouper à un moment donné qu'un nombre extrêmement restreint de sensations, souvenirs, explique bien cette variété de « nervosisme psychique » avec ses modalités d'instabilité, d'impulsivité, d'incoordination psychique et morale, de suggestibilité, etc., une idée, une image, une sensation suffisant à encombrer le champ de conscience, — une idée chasse Tautre.
4*^ Le « Dervosisme viscéral et vaso-moteur ». — Ce sont ici les phénomènes iispasmodiquesn et((paréiiqiies)^ qui prédominent, que la spasmophilie soit surtout viscérale, pouvant donner lieu aux phénomènes les plus variés (œsophagospasmo, niétéorismc, régurgitations, dyspepsie, constipation, rétention d'urine, etc.), ou cardiovasculaire (syndrome d'angor, éréthismo neuro-cardiaque, névrose tachycardique, angiospasmes, hyper-
idrose, dermographisrae, acrocyanose, troubles de la calorifîcation cutanée, etc.). Ici ce sont les désordres sympathiques qui prédominent.
Épreuve clinique. — Il existe d'ailleurs des épreuves cliniques élémentaires qui permettent de constater cette hyperexcitabilité du sympathique; ce sont:
a) Les réaclions vaso-motrices cutanées, provoquées par la friction de la peau, r application de chaleur ou de froid. Exagérées, elles donnent lieu au rfprmogfrap/iisme (raie méningitique, etc.); perverties, elles donnent lieu aux réactions inverses : rougeur après application de froid, pâleur après application de chaud.
b) Les réactions de fréquence cardiaque provoquées par la respiration. Normalement, l'influence de la respiration sur le pouls est quasi nulle, Anormalement, le pouls devient irrégulier, arythmique pendant la respiration; c'est l'arythmie respiratoire des jeunes sujets et de maints névropathes.
c) Les réactions trigémi no-cardiaques dont la moins inexplorée est la réaction oculo-cardiaque. Normalement, ralentissement du pouls par compression des globes oculaires. Anormalement, le taux du pouls n'est pas modifié, voire s'accélère.
Ces épreuves sont d'extrême importance dans le diagnostic souvent si épineux des névroses cardiaques (névroses tachycardiques).
Isolés ou groupés, ces différents symptômes nerveux, parfois associés à l'insomnie, à des troubles parétiques ou convulsifs, à la céphalée, à l'asthénie, à l'obnubilation, à des troubles divers de la réflectivité tendineuse et cutanée, voire à certains états confusionnels avec amnésie, délire et agitation onirique, constituent les éléments essentiels des névroses et des psychonévroses (hystérie, neurasthénie, névropathie cérébro-cardiaque de Krishaber, constitution émotive de Dupré, névrose d'angoisse, névrose cardiaque, névropathie psycho-splanchnique de Grasset). Parfois les syndromes cliniques donnés classiquement comme caractéristiques de ces diverses névroses et psychonévroses sont suffisamment réalisés et différenciés pour que l'on puisse en effet appliquer sur le cas une étiquette assez précise : neurasthénie (avec ses stigmates : céphalée spéciale, amyosthénie, dépression cérébrale, etc.), hystérie (avec son pithiatisme caractéristique), névropathie (avec ses stigmates : céphalée spéciale, amyosthénie, dépression cérébrale, etc.), névropathie psychosplanchnique (avec la débilité de son psychisme supérieur, son hypercénesthésie, et son interdépendance [psycho-splanchnique), constitution émotive, névrose d* angoisse; mais les symptômes de ces affections s'intriquent, se superposent, rendant souvent toute discrimination fort difficile.
Des travaux récents ont particulièrement att'ré Tatlention sur deux modalités — chevauchantes d'ailleurs — du nervosisme, la constitution émotive et la névrose d'angoisse, d'une importance clinique considérable et dont nous croyons, en conséquence, devoir donner un bref aperçu, d'après Dupré pour la première, d'après Heckel pour la seconde.