‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 255 sur 277 · PRURITS · texte numérisé non relu

PRURITS

rigos (voir plus loin) ; elle peut réagir par de Vuriicaire huileuse, et i'on a alors une série de faits allant vers les derraatites polymorphes (voir plus loin).

«40 Sous rinfluence des grattages et des frictions, surtout quand le prurit est localisé à la face interne des doigts, le malade peut voir se produire presque immédiatement des soulèvements de Tépiderme par de la sérosité citrine, transparente, sans rougeur périphérique, de telle sorte quMl semble que la peau soit criblée de grains de sagou cuits, situés les uns à côté des autres, pouvant parfois confluer de manière à former des soulèvements épidermiques assez considérables, presque toujours discrets ou simplement cohérents : c'est le type morbide auquel on doit vraiment réserver le nom de dysidrose ; mais il coexiste fort souvent chez le même sujet avec le suivant, d'où des confusions regrettables.

« 50 Sous rinfluence des grattages et des frictions, il se développe sur les téguments, quelquefois sans rougeur, presque toujours avec une rougeur érythémateuse plus ou moins vive concomitante, de fines vésiculettes, inégales de dimensions, de la grosseur moyenne d'une tête d'aiguille, et qui criblent l'épiderme de la manière la plus irrégulière. Le meilleur procédé pour les bien observer est de sécher d'abord la peau soit avec un morceau de fine toile, soit avec de la ouate imprégnée d'éther sulfurique, puis d'appliquer sur la surface malade une feuille de papier à cigarettes par-dessus laquelle on met un compresseur de verre. On voit alors à travers le compresseur la sérosité qui sourd des vésiculettes ouvertes s'imprimer sur le papier, décelant ainsi avec la dernière netteté la forme et la disposition de ces vésiculettes. Si les vésicules ne sont pas ouvertes, on n'a qu'à donner superficiellement quelques coups fort légers avec la curette d'exploration, après quoi on applique le papier à cigarettes et le compresseur. C'est à cette forme morbide objective ainsi nettement définie par cette lésion élémentaire vraiment spéciale que j'ai réservé pour ma part le nom d'eczéma vulgaire, ou à!eczéma vésiculeux vrai, ou d'eczéma amorphe.

« 6<> Sous l'influence des grattages et des frictions, il se développe de tout petits éléments d'un rouge assez vif, faisant une légère saillie audessus du niveau des téguments, portant à leur centre un soulèvement de l'épiderme par de la sérosité citrine, c'est-à-dire une petite vésicule ; ces éléments peuvent être disséminés çà et là sans ordre aucun, surtout sur les membres, mais ils ont une tendance marquée à s'agminer, à confluer, et à donner ainsi naissance à des placards rouges, criblés de vésicules minuscules analogues à celles du type précédent et plus ou moins suintants. C'est le type morbide qui est vraiment digne du nom d'eczéma papulo' vésiculeux. Il est constitué par une série de faits de passage qui relient d'une manière insensible l'eczéma vésiculeux vrai vulgaire ou amorphe aux prurigos vrais dont nous allons maintenant parler.

« 7^ Sous l'influence des grattages et des frictions, ia peau réagit par des papules d'un rouge vif, acuminées, plus ou moins urticariennes, et portant à leur sommet un soupçon de soulèvement de l'épiderme par un

peu de sérosité citrine. Comme le prurit est des plus vifs, presque toujours cette papulo-vésicule urticarienne (séro-papule de Tommasoli) est excoriée par les ongles du malade, mais, quand elle évolue sans être traumatisée, il se produit spontanément à son centre une minuscule croûtelle d*un jaune brunâtre par dessiccation de la petite vésicule du sommet. Telle est la lésion élémentaire caractéristique des prurigos. Et, comme je Tai dit en discutant le diagnostic difïérentiel d'un de nos malades, si ces éléments éruptifs restent isolés, discrets, on a le type morbide prurigck simplex ; s'ils ont de la tendance à s'agminer et à former des placards eczématisés et lichénifiés, on a le type morbide prurigo de Hébra; s'ih sont très volumineux, on a le type morbide prurigo ferox Vidali.

« 8^ A la suite du prurit et des grattages il peut ne se produire chez le malade que de la lichénifîcation plus ou moins accentuée, plus ou moins diffuse, avec, par crises, des poussées de vésicules eczématiques. E. Besnier a autrefois fait rentrer ce type morbide dans ses prurigos diathésiques. D'après la notation que nous avons adoptée, on ne peut le qualifier de prurigo, puisqu'on n'y trouve pas la lésion élémentaire, la papulovésicule urticarienne, caractéristique de ce groupe. Nous lui conserverons donc le nom de prurit avec lichénificaiion et eczémaiisaiion.

« 90 Sous l'influence des grattages et des frictions, la peau peut enfin réagir d'une manière beaucoup plus complexe. Par places il se forme des plaques d'érythème, par places des éléments d'urticaire, par places, soit d'emblée sur la peau saine, soit sur des plaques préexistantes d'érythème, des vésicules, des bulles plus ou moins volumineuses, parfois même des pustules d'emblée. Ces diverses formes éruptives peuvent coexister en un même moment chez le même sujet, formant l'éruption polymorphe par excellence ; elles peuvent se succéder chez lui, c'est-à-dire qu'une poussée éruptive est urticarienne, une autre érythémateuse. une autre érythémato-vêsiculeuse, une autre l)ulleuse, une autre vraiment polymorphe, etc. De plus, les lésions éruptives peuvent être disséminées sans ordre ; elles peuvent être groupées, et simuler soit l'herpès vulgaire, soit les circinations de la trichophytic;, et dans ce cas elles sont dignes du nom de dermaliles herpélif ormes (Duhririg). L'enseml)le du groupe morbide doit être dénommé dermaliles polifmorphes.

(( Tel est, bien résumé, le vaste schème des dermatoses prurigineuses à prurit pré-éruptif (Jacquet) du groupe des réactions cutanées pures.

« Mais il faut ajouter que, sous l'influence du prurit et des grattag^^s consécutifs, d'autres éruptions que l'on ne peut, jusqu'à plus ample informé, ranger purement et simplement dans les dermatoses à prurit pré-éruptif, peuvent, elles aussi, sedévelopperavec une rapidité et une facilité extrêmes. Au premier rang, parmi elles, nous devons signaler ces curieuses affections, intermédiaires aux eczémas et aux psoriasis, qui ont soulevé tant de discussions dans ces derniers temps et auxquelles nous avons donné le nom de parakéraloses psoriasiformes ; or, parmi ers parakératoses psoriasiformes, il en est surtout une que l'on voit souvent survenir d ans les circonstance auxquelles nous faisons allusion : cette variété est essentiellement carac-

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