‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 258 sur 277 · SYNCOPE · texte numérisé non relu

SYNCOPE

La syncope et les états syncopaux, lipothymiques s'ol»serveront surtout dans les conditions suivantes :

1^ Évanouissement banal, probablement par anémie cérébrale iiiguè (vaso-constriction, inhibition cardio-vasculaire émotive) des sujets prédisposés se trouvant dans une salle confinée ou mal ventilée, dans une foule, assistant fortuitement à quelque accident, à une hémorragie. La vue du sang déclanche automatiquement la défaillance chez certains sujets, véritables n hémophobes n , a fortiori une douleur ou une hémorragie personnelle. Le port d'un corset, d'un vêtement serré, la période de digestion ou au contraire de jeûne est manifestement prédisposante chez <^ertains sujets. Bref, à l'origine on trouve toujours : 1° un shock émotionnel (angoisse, appréhension, douleur, peur, terreur, etc.) ; 2^ une prédisposition émotive, neuro-cardio-vasculaire. se traduisant en dernière analyse par une exagération des réflexes émotifs vaso-moteurs.

Il faut en rapprocher les défaillances et les lipothymies des hypotendus, des convalescents, des infectés, des ptosiques, à l'origine desquelles on relève une hyposthénie neuro-vasculaire évidente.

2° On a coutume d'en rapprocher certaines formes mineures de l'épiiepsie, mais, à la vérité, il leur manque à l'ordinaire le syndrome vaso-moteur (petitesse du pouls, refroidissement des extrémités, etc.), caractéristique des états syncopaux. Toutefois il faut bien convenir que <!ertaines de ces formes s'en rapprochent beaucoup. Il faudra toujours y penser en présence d'états pseudo-lipothymiques à rechutes, d'évanouissements répétés et de cause obscure.

3» Certaines formes cérébro-cardiaques d'artériosclérose, surtout isi elles s'accompagnent, et c'est la règle, d'aortite, peuvent donner naissance à des états syncopaux particulièrement redoutables. La syncope fatale des formes majeures de l'angor pectoris rentre dans cette catégorie. C'est la possibilité de cette éventualité qui assombrit surtout le pronostic de cette dernière affection. Toutefois il convient de dire et de répéter que, nvême dans les formes majeures d'angor pectoris, môme en présence de lésions aortiques formelles et étendues (dilatation, voire ectasie), même avec une hypertension assez forte, la syncope mortelle est exceptionnelle et, en tout cas, peut être, est à l'ordinaire très tardive. Nous avons suivi, nous suivons de tels sujets depuis dix, douze ans et plus. En pratique, on peut adopter en général la formule suivante : La syncope est à l'ordinaire bénigne chez les jeunes gens; elle est toujours sérieuse, parfois redoutable, quelquefois fatale chez les vieillards.

40 La syncope de la bradycardie paroxystique (maladie de Stocke-Adams) est d'un diagnostic évident, pourvu qu'on prenne, et c'est bien le moins, la peine de compter le pouls (voir Arythmies, Dissodation auricuto-veniricutaire). Un examen complet ultérieur et au besoin un bon tracé polygraphique lèveront tous les doutes.

.> Lîi syncope chloroformique, incident, comme on sait, redoutable. Voici les sip:n(V'; d'alarme rappelés par Desfosses.

a) Hospiralion : arrôl de la respiration coïncidant avec la pâleur de la face.

h) État de la face : « Voit-on le visage devenir tout d'un coup hlênie. !»lafard, et la pupille dilatée, c'est que la respiration, peut-être le pouls, vient de s'arrêter; c'est la syncope blanche. Le malade est en extrême danger ».

r) État du pouls: «Le pouls s'arrête-t-il, c'est qu'il y a syncope cardiaque, syncope très grave, syncope blanche, mais le plus souvent l'arrêt de la respiration aurait prévenu le chloroformisateur attentif ».

d) Examen de l'œil : « Si la pupille, étant contractée, se dilate brusquement, il faut rechercher immédiatement le réflexe cornéen; s'il existe, il faut craindre le vomissement, le réveil; s'il n'existe pas, il faut craindre, une syncope grave ».

f)0 Toutes les maladies asthéniantes, épuisantes, débilitantes, déterminent une prédisposition évidente à la défaillance pouvant aller jusqu'à la syncope. Le simple passage de la position horizontale à la position verticale sulïit chez maints convalescents à déterminer une lipothymie plus ou moins profonde. L'étude sphygmomanométrique de ces cas décèle à cette occasion une tachycardie considérable avec grande hypotension. On sait que l'on dépiste presque toujours ici de V insuffisance surrénale post-infectieuse (hypotension, asthénie, raie blanche de Sergent;. Tel semble être surtout le cas dans les accès de fièvre pernicieuse (à form«^ syncopale).

70 On a si<j:ri;ilc la syncope au cours des pleurésies abondantes.

dvs [)bMiivsies à «grosse matité. « N'attendiez pas la syncope f)our faire la thorarcnlèse », écrivait Trousseau. C'est probal>Iement à <*ause de cela (jue nous n'on avons jamais observé, j)as plus d'ailleurs qu'au cours de la tlioracentèsc.

H'> Toute grande hémorragie (hémorragie intestinale de la flèvr.typhoïde, hémorragie péritonéale <1(î la grossesse extra-utérine, hémorvixffïo du post-f)artuin, hémorragie « interne » consécutive à une l>lessure tlioraco-alxlominale, hémorragie ((externe» non jugulée) détermine un <''lat syncopal, pouvant alIcM' jusqu'à la syncope mortelle.

Les états syncopanx s(* distingueront à l'ordinaire facilement, comme imusl'avonsdit an dél)nt, des crises liystérigues « syncopomorphiques > par leur moins longue durée» (le coma hystérique dure des minutes. d'*s lienn»s, la syncope des secondes), la réalité de leur caus*^ provocatrice et surtout la constatation réelb» de tronHles cardiaques et vaso-moteurs (ralentissement ou suppression du pouls, pâleur, sueurs froides, refr(»idissements, etc.).

TACHYCARDIES (LES) [tx/^;, rapide.]

La tachycardie est constituée par Taccélération plus ou moins rapide et durable des battements du cœur. Normalement, chez un sujet assis ou cour.hé, la fréquence du pouls peut osciller d*un individu à Tautre et suivant les périodes de la journée, la distance des repas, etc., de 60 à 80. Pratiquement, on ne peut guère parler de tachycardie que lorsque la fréquence dépasse 90 ; elle peut atteindre et dépasser 200.

C'est un symptôme d'une constatation banale et élémentaire. Sa signification est parfois évidente et de peu d'importance clinique ; en d'autres circonstances sa valeur est telle qu'elle constitue une entité clinique, tachycardie paroxystique, qui a vivement excité la sagacité des cliniciens modernes ; assez fréquemment elle peut présenter des difficultés sérieuses d'interprétation.

Pratiquement, on peut dire que les tachycardies se présentent au praticien sous trois modalités qui en permettent une rapide discrimination : 1^ tachycardies plus ou moins permanentes ; 2<> crises de tachycardies paroxvî^tiques ; 3° crises de tachycardies temporaires, accidentelh-s.

Tachycardies plus ou moins permanentes. — On les rencontrera en deux groupes de circonstances, parfois fort bien délimitées, parfois, au contraire, conjuguées.

a) En coïncidence avec une lésion cardiaque avérée : myocardite, péricardite, affections valvUlaires, surtout aortiques :

b) En Tabsenre de toute lésion cardiaque avérée :

a) Maladie de Basedow (goitre exophtalmique) ; ft) Névroses tachycardiques.

a) l.L^:> tachycardies symptomatiques des lésions organiques cardiaques doivent être, en somme, le plus souvent interprétées comme 4*,aractéristiques d'une myocardasthénieplus ou moins prononcée, d'hyposystolie, pour employer le terme classique. La diminution de la tachy- <iardie par le repos, une bonne hygiène, la digitale correctement administrée en sont une première preuve. Les résultats de l'épreuve circulatoire d'attitude et de mouvement en constituent une vérification expérimentale. On la rencontrera donc associée aux myocardites (postinfertieuses en particulier), aux péricardites, aux endocardites, surtout

aorliques. Le diagnosUc sera basé : !>> sur la conslalalion des ^igne^ rliniques caractéristiques de ces afTectiona ; 2° sur. les résultats de l'épreuve circulatoire sus-rappelée ; 3" sur les résultats thérapeutiques (repos, réjîime, digitale). Le reliquat tacliycarHique sera l'indice, soit

MtH

Fig. 772. — Diagramme représentant une attaque brève de tachycanli» paroxystique constituée par 8 ex Ira- systoles auriculaires. A chaque excitalioD auriculaire cortex pond une syalole ventriculaire. A noter le début brusque et la cessation brusque de l'accès et l'allonKenient anormal de la pause terminale-

de la myocard asthénie (hyposystolie) irréductible, soit d'une névrose tachycardîquecoexistante.

Il faut, d'ailleurs, bien savoir que chez certains individus on peut voir SI- succéder les formes de tachycardie les plus variées (tachy-arythmie. tachycardie paroxystique, tachycardie permanente du type Basedow, extra-sysloles, etc.). A la vérité, ces cas sont exceptionnels. — mais nous en possédons cependant maintes observations.

b) « Mais, comme l'écrit si justement Gallavardin, il faut liien convenir qu'en marge de ces tachycardies sinusales de cause connue, il existe un vaste groupe de tac/iiicardies d'origine mat dêUrminée, survenant ordilairoment chez des sujets jeunes ou adultes et sur lesquelles on connaTL lissez peu de chose. Certains de ces cas ressortissent indubitablement à me ma'adie de Basedow fruste, car, malgré l'absence de tout symptfinu^ cutaire, l'examen attentif révèle souvent un petit goitre nodulaire ou implenirnt un rou un peu élargi à la ba.se avec une M-gère bypertrophii^

Kig. 773. — Débile cardiaque.

(H..., Ift93, l-,65, 60 kilogrammes). Tachycardie expérimentale provoquée.

TACHYCARDIES (LESA

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Tlïftùsë d'uA lobe thyroïdion (le droit de préféreitae)'. MbiS^ d'âulres fois,, on De trouve absolument rien à l'exploration Utymldiô»!». Ges-faita sont connus, il n'est pas de médecin qui n'en ait observé et il y asnit iai^êt à les grouper provisoirement sous la dénoimaation.'générique de néBro$e»< lackycardiques. L'accélération cardiaque, uk cortëga de symptômes fonctionnels parfois très pénibles (palpitations, essoufflement d'efTort, réactions douloureuses diverses) et enfin l'abscoce de toute lésion cardiaqueappréciable : tel est le trépied symptomalique fondamental qui peut hervir de base à tous les faits de cette espèce, i

La tachycardie d'orlsim basedowleMS* se manifestera par le syn-. drome classique : tachycardie, exophtabnie, hypertbyroJdîe et accessoirement tremblements et troubles vaso-moteurs.

Les tachycardies d'origine cryptegétie (névroses tachycardlques>>

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