‹ Diagnostic de l'échinococcose: Importance de l'épreuve de WeinbergChapitre 21 sur 24 · RAT SE · texte numérisé non relu

RAT SE

OBSERVATION LVI (Ghedini)

En décembre 1906, est entré à la clinique du D: Barlooco, “un malade âgé de quarante ans, atteint d’échinococcose du foie. Prise de sérum du sang, de liquide hydatique, de membrane kystique.

Pas d'hémolyse avec liquide kystique. Hémolyse avec

extrait de membrane.

OBSERVATION LVII (Ghedini)

Dans le mois d'avril 1907, est entré à la clinique du D: Goggia un individu atteint de kyste hydatique du foie; on a recueilli du sérum du sang, du liquide hydatique et de la membrane kystique.

Avec liquide hydatique, pas d'hémolyse..

Avec extrait de membrane, hémolyse.

Ces observations viennent de paraître dans le journal : « Richerche sul siero di sangue », Gazetta degli ospedali e

dello cliniche.

OBSERVATION LVIIT (Inédite)

M. X.., vingt-six ans.

Antécédents héréditaires. — Nuls.

Antécédents personnels. — Bien portante, quand après un séjour à la campagne ets’être trouvé en contact d'un chien de petite taille, a été prise un mois après de douleurs au niveau du foie, douleurs prises au début pour de la colique

hépatique. Un médecin consulté ordonne de l'huile d'olives. Durand 6

Mao

Les douleurs ne cessent pas et pendant cinq ans persistent de plus en plus violentes, avec pesanteur, sensation d'une boule intra-abdominale, boule se déplaçant avec la respiration ; la malade prétend la déplacer elle-même en appuyant sur la région hépatique.

Au mois de novembre 1904, s'est produit une voussure au niveau de la paroi abdominale antérieure, on pose le diagnostic de kyste hydatique du foie et décide l'opération.

Pas d’urticaire, pas de dégoût des matières grasses, seulement éruptions fugaces sur la peau; troubles digestifs, perte d’appétit et par momemt très légére fièvre. De plus la malade toussait de temps en temps et le diagnostic était hésitant entre une pleurésie droite et un kyste hydatique ; mais la voussure apparaît au niveau de la paroi abdominale antérieure et supérieure.

Intervention proposée et pratiquée le 30 décembre 1904.

Les suites opératoires furent exellentes, la malade sort de la maison de santé fin janvier bien portante et part à la campagne. Mais vers la fin de février, elle est reprise d’une nouvelle sensation de pesanteurs dans le foie, aussitôt apparaissent des accès de fièvre violente jusqu’à 40 degrés qui durent jusqu'au commencement d'avril, époque à laquelle devant l'intensité des phénomènes généraux, on pense à la suppuration du deuxième kyste et on pratique l'opération en avril 1905. À l'opération on trouva un kyste de la face concave, suppuré; extirpation, drainage; les suites opératoires sont excellentes, la malade peut être considéré comme guérie.

En mars 1909, la malade est reprise pour la troisième fois

de troubles d’origine digestive avec pesanteur, dégoût des

aliments gras, éruptions fugaces sur les deux membres supérieurs et inférieurs, sécheresse de la peau au niveau de la région thénarienne droite, peau écailleuse, tombe par pellicules, migraines assez rapprochées. Par instants, douleur au niveau de la région hépatique, mais à l'inspection le ventre est normal, la région du foie est légèrement douloureuse à la pression, à cause des côtes qui sont à fleur de peau; on ne sent aucune tuméfaction à la région hépatique.

La percussion dénote un foie petit, caché derrière les fausses côtes; l’auscultation du malade ne donne rien. La malade a des épistaxis spontanées, s’arrêtant facilement. Pas de subictère des conjonctives, pas d’ascite, pas d'œdème, pas de fièvre.

Devant ces symptômes indiquant une insuflisance hépa tique, on ordonne des ferments hépatiques, qui soulagent la malade et améliorent son état.

Néanmoins la douleur etles épistaxis persistant, M. Weinberg pratique la séro-réaction par fixation du complément. Elle fut très légèrement positive.

Depuis la malade va mieux et les phénomènes cliniques

semblent concorder avec le résultat de la réaction. OBSERVATION LIX (Inédite) (M. Lenglet.)

Femme H..., âgée de vingt-quatre ans, vient consulter M. Lenglet à l'hôpital Saint-Louis, dans le service de M. le D: Brocq pour rte grosse tumeur dans l'hypochondre droit.

A la palpation, on trouve une très grosse tumeur tendue, dépassant les fausses côtes de plusieurs travers de doigt. La

malade ne présente aucun symptôme clinique qui pourrait

faire penser à une tumeur maligne du foie; d'autre part, la radiographie faite par le service radiographique de l'hôpital Saint-Louis, indique la présence indiscutable d’un gros ns refoulant en haut le poumon droit. |

M. Lenglet fait le diagnostic clinique de kyste hydatique et envoie la malade à l’Institut Pasteur à M. Weinberg, avec prière de faire le séro-diagnostic.

L'examen microscopique du sang à donné la formule leu-

cocytaire suivante :

Polynucléaires ........ 75 Mononucléaires........ 11 Lymphocytes 00 12 Posinophilés 2er 2 0/0

Le précipito-diagnostic fut négatif, la recherche des anticorps spécifiques par la méthode de fixation du complément, pratiquée soit avec le liquide hydatique de mouton, soit avec celui d'homme a donné un résultat négatif. M. Weïinberg a refait ce séro-diagnostic une autre fois, quinze jours après la première expérience, mais cette fois encore la recherche des anticorps spécifique fut sans résultat. Cependant il s’agit bien d’un cas de kyste hydatique, puisque M. Lenglet a retiré par ponction exploratrice, un peu de liquide, clair, eau de roche, qui ne peut provenir que d’un kyste hydatique.

D'ailleurs une nouvelle ponction a été faite sur la demande expresse de la malade qui se refuse énergiquement à toute intervention chirurgicale.

Cette fois il a été retiré 2 litres de liquide clair, absolument semblable à celui retiré lors de la première ponction.

Les liquides provenant de ces deux ponctions ne contenaient

pas de crochets ; il n’est pas moins indiscutable qu'il s’agit d’un malade porteur de kyste hydatique.

Disons pour terminer que cette malade présente un mau-

vais état général, que M. Lenglet a trouvé des foyers tuber-

culeux du deuxième degré aux deux sommets.

OBSERVATION LX (M. Talamon), inédite

{Due à l’obligeance de M. Jumon, interne du service.)

Malade M..., âgée de quarante-six ans, entrée dans le service de M, Talamon, à Bichat, salle Saint-Louis, le 14 avril 1900, pour tuberculose pulmonaire et tumeur abdominale.

L'examen du poumon à l’entrée indiquaitune vaste caverne pulmonaire du sommet droit.

L'abdomen renferme une tuméfaction volumineuse dans l’'hypochondre droit.

Il semble qu’il y ait une tumeur séparée du foie par un sillon et dont la matité se continue nettement avec la matité hépatique. Cette tumeur lisse, résistante, indolore, descend très bas dans l’abdomen, presque jusqu'au pubis.

Cliniquement la tumeur appartient bien au foie ; mais les autres signes hépatiques étaient absents ; pas d'ictère, pas de rate perceptible, pas de modification des urines, sauf une pollakiurie claire existante.

Cette tumeur hépatique, sans aucun autre symptôme, éveille l'hypothèse d'un kyste hydatique du foie, d'autant

plus que d'après les renseignements donnés par le malade,

cette tumeur abdominale indolente avait mis un temps très long à se dévelooper.

M. Weinberg, ayant recherché à deux reprises la réaction de la déviation du complément, la trouve les deux fois négative.

La malade, tuberculeuse cachectique, s’amaigrissait de plus en plus, la cachexie s’accentua et elle mourut le 4 juin 1909 dans le marasme.

Autopsie. — Il s'agissait d’une tuberculose certaine du poumon droit.

Le foie était énorme : 4 kilogrammes, descendait au pubis et était atteint de dégénérescence amyloïde typique. Ilny avait pas trace de kyste hydatique.

La rate était amyloïde et grosse.

Les reins étaient de gros reins blancs.

Le cœur, petit, normal.

OBSERVATION LXI (M. Gilbert)

Jeune homme de seize ans. R..., entre à Broussais, salle Lasègue, pour une soi-disant tumeur au niveau de la région hépatique.

Antécédents héréditaires. — Père assez bien portant aujourd'hui, mais a été jaune.

Mère bien portante.

Antécédents personnels. — Rougeole étant tout petit.

Fluxion de poitrine à sept ans.

Ces renseignements ne sont pas très précis; ce qui est sûr, c'est qu'il toussait presque tout le temps, mais ne crachait

pas. il a des céphalées fréquentes et quelquefois de petits

frissonnements. Tous ces phénomènes n’altèrent en rien son appétit. Jamais d’ictère. Epistaxis se produisant toutes les semaines, s’espaçant devantage.

Les fonctions digestives ont été toujours régulières.

Pas d'écoulement d'oreilles, mais il a eu, à un moment donné, une affection oculaire et parfois le matin ses paupières étaient collées.

Il a eu il y a trois ans un point de côté qui disparut deux jours après. Il y a vingt et un mois, nouveau point de côté ; celui-ci plus intense l’immobilisant et l’'empêchant de setour- ner. La respiration était gênée, Il avait une toux qui le faisait souffrir, car le moindre mouvement augmentait la douleur occasionnée par ce point de côté qui dura huit jours.

A ce moment on lui fait du massage sous prétexte de le fortifier.

Enfin le point de côté survient une f{roisième fois au commencement du mois d'avril 1909.

Quelques jours avant son apparition survient une toux sèche, qui le gène beaucoup, mais se calme après. Le point de côté est aussi intense que la deuxième fois et jusqu'ici, bien que diminué d'intensité, il n’est pas disparu.

Il a eu un peu de fièvre et perd un peu l'appétit ; on lui prescrit des cachets analgésiques.

C'est à ce moment que, pour la première fois, en se palpant le ventre, il remarque une grosseur et une saillie au niveau de la région hépatique. Cette grosseur n’était pas douloureuse au toucher et le malade s’amuse parfois à constater la dureté de la saillie.

C'est dans ces conditions qu'il entre dans le service.

Il est jeune, mais pas assez développé pour son âge ; son aspect est pâle, ses muscles sont graciles.

Pas de gros ganglions.

À l'examen, saillie dans la région du foie.

A la palpation, on constate que la saillie appartient bien à la glande, qu'elle est dure et indolente ; la glande ellemême descend assez bas, mais n’a pas perdu sa forme. Son bord inférieur légèrement bombant, mais sans bosselure, coupe l’ombilic et remonte ensuite vers l'hypocondre gauche:

Poumon : respiration rude à gauche.

Cœur : rien.

Le malade a eu dernièrement une angine, début d’une tuméfaction parotidienne.

15 mai 1909. — On constate l'existence d'une tumeur située au niveau de l'angle de la mâchoire du côté gauche.

La tumeur est fixe, légèrement adhérente aux plans superficiels, de consistance ligneuse par endroits ; pas fluctuante,

très douloureuse.

7 mai. — La formule leucocytaire était :

Lolynuciéaires NME TERRE 75,66 Mononucléaires PORC 17,66 LyYMphOCyLeS AE MERE 3,66 Eosimophiles PME 3

Le séro-diagnostic fait par M. Weeberg est négatif, aussi bien avec le liquide hydatique humain, qu'avec celui de mouton.

Le sérum a été étudié depuis, le 11 mai, on a un résultat

négatif, la formule leucocytaire était :

POLYQUCIÉ ATOS ASSURE RUES ET, 63,33 MOononucCléaIr es REP te 27,66 LYMpPhOCTtES TEAM MER EE, 5,66 POSIDODHLLES AE EU Ne 3,33 Le séro-diagnostic a été refait une troisième fois, toujours négatif.

Le malade passe à Bichat, dans le service de M. Hartmann.

Une incision exploratrice est pratiquée par M. Hartmann. Pas de kyste hydatique.

Biopsie de la tumeur : Gomme syphilitique du foie.

Malade est mis au traitement.

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