‹ Diagnostic de l'échinococcose: Importance de l'épreuve de WeinbergChapitre 7 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Eosinophilie

Il résulterait des travaux récents de Chauffard et Boidin, après eux de Boiïdin et Fiessinger que les éosinophiles dérivent de lymphocytes qui setrouvent au milieu d’amas embryonnaires ; ces lymphocytes se chargent de granulations, en même temps que leur noyau s’étire et devient bi ou multilobé, suivant le mode de transformation étudié par Dominici. Ils se forment sous une incitation, vraisemblablement d'ordre toxique, par les poisons qui filtrent à travers la membrane. Quoi qu’il en soit de la genèse de l’éosinophilie dans la maladie kystique, il est un fait certain, c’est qu'elle est très fréquente. Tuffier, en 1891, rapporte une observation de kyste hydatique du poumon avec une éosinophilie peu abondante 5 oo. |

La même année, Memmi, au Congrès de Pik fait les mêmes remarques.

Dargein et Tribaudeau, un mois plus tard, à la Société de Biologie donnent 1 cas de kyste hydatique très difficile à diagnostiquer et dont la ponction avait été négative. Sang : 12 o/o éosinophiles.

Se

Audibert la reconnaît très fréquente, sur 4 observations, trois fois il obtient du 6,7 et 12 0/0, une fois 5 o/o.

Pour Hayem, Jolly, Da Costa, elle atteint 0,5 à 5 o/o, Achard et Laubry 5 0/0, Dieulafoy 8 0/0, Lucien Dreyfus 8 0/0. Elle varie donc entre 6 à 12 0/0, cependant Achard et Clerc dans une observation signalent 40 o/o (1).

Il semblerait donc que éosinophilie est synonyme de kyste hydatique.

Il ne faut pourtant pas s’exagérer la valeur de ce signe ; outre qu'il peut faire défaut, comme le prouveni de nombreuses observations, il peut quelquefois tromper sur la nature de l'affection.

En effet, nombreuses sont les affections où l’on rencontre de l'éosinophilie.

Dans l’ankylostomiase, Muller et Rieder, Jappert, ont vu jusqu’à 17 0/0 d’éosinophiles, Leichtenstern, jusqu’à 92 0/0.

Dans un cas d'oxyure, Bucklers a vu 16 o/o d’éosinophiles, Weil 4 à 5 0/0. |

Buckers pour les ascarides a trouvé jusqu’à 19 0/0, par contre Limasset, dans 3 cas, n’a trouvé que 3 0/0; Leichlenstern 3 o/o pour fænias, Buckers 8,55 0/0.

Pour l’anguillula intestinalis, Buckers a trouvé

1. Chez un malade de M. Quénu, M. Delval, son chef de laboratoire, a constaté avant l’opération 68 0/0 d’éosinophile.

Colles a trouvé 20 o/o dans 1 cas de bilharzia hematobia.

Dans la filariose, le taux varie entre 4 et & o/o, d'après Gulland, Coles, Sicard. Dans 2 cas avec chylurie 70 0/0.

Le nombre des leucocytes et d’éosinophiles augmente pendant la nuit, en même temps que les filaires apparaissent dans le sang (Gulland, Vaquez, Clerc) ; quand la filaire meurt et disparaît du sang, l’éosinophilie cesse probablement (Labbé et Ber nard).

. Dansla frichinose, l’éosinophilie est considérable, elle peut atteindre 36 o/o (Kerr) et quelquefois beaucoup plus. L’éosinophilie persistante est un phénomène conslant dans cette affection.

Dans la ladrerie, Achard et Lœper ont trouvé 6 à 11 0/0, Limasset 5 0/0.

Les recherches récentes entreprises par M. Ugo Mello et Moore Alexander ont montré que l’éosinophilie est une réaction de l’organisme contre son infestation par les helminthes en général.

Cette réaction est individuelle et n’est nullement proportionnelle au nombre des parasites intestinaux. Il est absolument impossible de se prononcer d’après l'examen du sang sur l’association possible des parasites, ni sur leur nombre plus ou moins grand.

L’infection, la fatigue, la présence dans l'intestin de parasites morts ou macérés abaissent considéra: blement l’éosinophilie ou bien la font disparaître.

Weiïinberg et M. Alexander ont cherché à se rendre compte expérimentalement de l’origine de l’éosinophilie. Ils ont provoqué unc éosinophilie très nette chez des cobayes auxquels ils avaient injecté des extraits de parasites intestinaux. Cette éosinophilie a atteint 20, 25, 30 0/0.

L’injection de doses massives d'extrait n’amène pas d'éosinophilie. |

De nombreuses intoxications produisent l’éosinophilie. Bezancçon l’a obtenue avec des injections de tuberculine, Von Noorden, chez deux chlorotiques qui avaient absorbé du camphre ; Carrion l’a vu dans l’'empoisonnement par CO, Achard et Lœper avec de l'acide picrique, Leredde et Leifert avec l'iodare de potassium. Zacksh avec une injection de phosphore et nucléine. L’éosinophilie n’est pas absolument constante dans les conditions que nous venons d'indiquer, il en est de même pour certains états pathologiques dans lesquels les symptômes morbides peuvent être attribués à une autre inloxication ; dans la goutte il y a une légère éosinophilie après l’accès (M. Labbé), dans le nyxædème (Vaquez) éosinophilie, dans l'asthme, Gabrikensky a trouvé dans trois cas, 11 à 22 0/o d'éosinophiles ; l’éosinophilie se montre surtout au moment des accès, augmente quand les accès se répètent, diminuent quand l’expectoration commence.

Dans le rachitisme, éosinophiles nombreux.

Dans l’épithéliome, le sarcome, l’éosinophilie est variable, mais existante, Reinbach a vu une forte

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