‹ Diagnostic de la pleurésie tuberculeuse: chez les typhiquesChapitre 10 sur 18 · CO · texte numérisé non relu

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AUop re Ilest très intéressant de suivre, avec MM. Barjon et Cade, pour ainsi dire pas à pas, au jour le jour, les variations de la formule cytologique au début de ces pleurésies tuberculeuses primitives, variations qu'il faut bien connaitre sous peine de commettre des erreurs radicales d'interprétation.

Par conséquent nous dirons-pour conclure, que la pleuro-tuberculose primitiveest caractérisée, au point de vue cytologique, par une formule nettement lÿmpocytaire, avec cette réserve, toutefois, qu’au début elle peut présenter la formule d’une pleurèsie inflammatoire ou même d’une pleurésie mécanique. Conséquence pratique : « Il faudra s'informer soigneusement de la date du début de la pleurésie. Si cette date est déjà ancienne (la troisième semaine nous paraît être la date de choix), on peut avoir foi en la formule. Mais si on se trouve dans les dix premiersjours et surtoutdans lescinq premiers jours, il faudra réserver sa réponse, faire, si possible, un second examen, dans tousles cas ne rien affirmer ».

20) Pleuro-tuberculoses secondaires. — Les pleurésies séro- fibrineuses développées chez des tuberculeux atteints de lésions pulmonaires évidentes, de même que les hydro-pneumothorax tuberculeux sont d’un intérêt bien inférieur : leur diagnostic s'impose, le plus souvent, et devant leur évolution insidieuse, torpide, sans tendance à la guérison, le clinicien se trouve, en général, désarmé. D'ailleurs leur cytologie est loin d’être aussi nette, aussi instructive que celle des précédentes. « Déjà à première

air vue, dit Ravaut (1), si l’on examine entre lame et lamelle une goutte du culot obtenue par la centrifugation du liquide de ces pleurésies, l’on est frappé non seulement du petit nombre des éléments qu'elles renferment, mais de ce fait que la plupart d’entre eux paraissent très altérés; ils sont irréguliers, à contours déchiquetés, remplis de vacuoles et de granulations réfringentes qui deviennent noires en présence de l'acide osmique. Si l’on a recours aux colorations, on y distingue assez difficilement plusieurs espèces d'éléments cellulaires, des globules rouges en très petit nombre. de grosses masses amorphes peu nombreuses, se colorant uniformé- ment par les réactifs nucléaires, et qui représentent des lymphocytes altérés, et surtout des polynucléaires vieillis, déformés. dont le noyau est très estompé; beaucoup de ces derniers ne se reconnaissent que par la présence de granulations neutrophiles décelables par le triacide d'Erlich. En outre, dans quelques cas, on peut voir de rares élémentsuninucléés, flétris, sans noyau bien apparent: jamais nous n’avons rencontré de cellules endothé:liales soudées ou en placards ».

Pour Widal et Ravaut cetaspect cytologique et en

particulier, l'abondance des polynucléaires seraient la conséquence de l'infection microbienne de la plèvre, par la rupture d’un tubercule caséeux superficiel, ou l'ouverture d'une lésion pulmonaire déterminant un pneumothorax surajouté.

(HISEOCNCEE,

Toutefois la pleuro-tuberculose secondaire pourrait aussi s'accompagner de lymphocytose, c’est ainsi que M. J. Courmont et M. F. Arloing (1), dans deux cas de pleurésies survenus secondairement chez des tuberculeux dontils ont pu faire l’autopsie, ont trouvé une Iymphocytose très nette, pure dans un cas, avec « de très rares polynucléaires » dans le second. Mais beaucoup plus instructive est l’observation que l'on trouve dans la thèse de Ravaut d'une pleurésie survenue chez un malade présentant du ramollissement d’un sommet, qui est la marche clinique d’une pleuro-tuberculose primitive, évolua vers la guérison et finit par disparaître assez rapidement ; l'examen cytologique révéla « un grand nombre de polynucléaires, quelques lymphocytes et un certain nombre de gros éléments uninucléés isolés. Un nouvel examen,pratiqué onze jours après, montra que le liquide était presque uniquement lymphocytique, tout à fait comparable à celui des pleuro-tuberculoses primitives ».

Aussi Ravaut conclue-t-il: «L'examen cytologique nous montreque,dans les pleuro-tuberculoses secondaires, reconnues telles par les inoculations, la pleurésie peut évoluer de deux façons différentes : vers la quérison, et dans ce cas, elle devient au bout de quelques jours, identique à la pleuro-tuberculose primitive (ce fait doit être exceptionnel); vers la chronicité, et c’est malheureusement la voie qu’elle

(1) J. COURMONT el ARLOING. — Bull. Soc. méd. Hôp. Lyon, 7 mars 1902.

prend le plus souvent (quand elle n’évolue pas d'emblée vers l'empyème), et alors les éléments cellulaires, polynucléaires, pour la plupart, s'altérent très vite, puis diminuent de plus en plus de nombre».

Il résulte donc de ce que nous venons de dire que la cytologie des pleurésies tuberculeuses constitue certainement l'expression la plus achevée de la méthode ; elle offre au clinicien, à la condition de tenir compte des variations de formule si bien étudiées par MM. Barjon et Cade, des renseignements dont la précision est très grande et la certitude incontestable, pour le diagnostic, souvent si épineux, de la nature tuberculeuse des épanchements pleuraux.

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