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En 1884, il a changé d'avis: « Il n’est pas rare de voir la phtisie pulmonaire se développer dans la convalescence ou le déclin d'une dothiénentérie ».
Par contre, Boudin, Thirial, Rilliet et Barthez, Perroud, Revilliod, Constantin Paul, Pidoux, ont soutenu qu'il existait un certain antagonisme entre la phtisie et la fièvre typhoïde.
« La tuberculisation, dit Thirial (1), succède rarement à la fièvre typhoïde, même dans les cas où les complications du côté de la poitrine ont été les plus intenses et les plus prolongées.
Voilà un des résultats les plus remarquables que les recherches de l'anatomie pathologique moderne et, notamment, Louis et Andral,ont mis tout-à-fait hors de doute.
Ilne m'est jamais arrivé d'observer, pour mon compte, et il n'est pas à ma connaissance que d'autres aient observé un seul cas de fièvre typhoïde qui serait venu se développer chez un individu atteint de phtisie confirmée ou, en d’autres termes,d’une phtisie arrivée à ce point où les symptûmes, tant généraux que locaux de l'affection pulmonaire,pussent par eux-mêmes jeter de l’obscurité sur le diagnostic de la fièvre typhoïde,ou,du moins, c’est tellement rare qu'il serait permis de voir entre ces deux maladies une sorte d’impossibilité ».
Revilliod (2), de Genève, dans sa thèse inaugurale, en 1865, proclame l’antagonisme de la fièvre
()TaimAL.—PBullelin de la Sociélé Méd.des Hôpitaux, \855. (2) Revicziop. — Thèse 1865. Revue Méd. de la Suisse romande, 1893. — Congrès de Montpellier, 1898.
QE typhoïde et de la tuberculose pulmonaire. En 1893, il maintient son assertion sur l’antagonisme, (malgré les nombreuses opinions contraires qui continuent à se manifester). Au Congrès de Montpellier, en 1898, ilse montre plus que jamais partisan de cette théorie.
Rilliet et Barthez croient la fièvre typhoïde susceptible de guérir les tubercules. « Si la fièvre typhoïde, écrivent-ils, exerce une influence sur la tuberculisation, nous serions portés à croire qu'elle agit d’une manière analogue à la variole et à la scarlatine, c’est-à-dire qu'elle fait passer les tubercules à l’état crétacé ».
Perroud va jusqu’à conseiller l’inoculation de la fièvre typhoïde (ou de la variole) pour immuniser l'organisme contre la tuberculose.
Cette doctrine de l’antagonisme a fait son temps; contre elle se sont prononcés : Vogel (1860), Bartlett (1856), Griesinger (1856), Williams, Betke (1870), Birchhirschfeld (1871), Mettentreiner (1872), Fleurot, Cornil(1872), Liebermeister (1876), Guillermet (1878), Murchison (1877), Le Bovec, Castex (1878), Hanot (1879), Galliard (1880 et 1893), Schütz (1881), Ruehle (1876), Ducloux (1882), Gral-Régis (1883), Cholet, Babinski, Janez (1883), Hutinel (1883), Hamolle(1884), Pariser (1886), Grüber (1887), Bobinet (188$), Fr. Heuschert (1892). Dodero (1894), Saleur (1896), L. Gainson et Meunier, Chantemesse et Ramond (1897), Kiener et Sarda (1898), Eshner (1899). Pipet (1900), Vergnaud (1901) (1).
(1) VERGNAUD. — Th. de Paris, 1901.
Dans une thèse récente, ce dernier arrive, par la comparaison de plusieurs statistiques, au taux de 6,6 0/0 de cas de coïncidence; mais une statistique globale ne peut avoir une grande signification, lorsqu'on remarque, par exempie, que Rilliet et Barthez ont trouvé 11 fois des tubercules sur 20 autopsies typhiques et Mettenheimer 13 fois sur 88 autopsies de prisonniers français morts de la fiévre typhoïde à l’hôpital de Schewerin, tandis que Griesinger, à Vienne, n’a pu rencontrer qu’une seule fois sur 100 et 4 fois sur 418.
Descos (1), dans un article paru dans le Lyon Médical, nous montre les associations diverses et fréquentes de la granulie et de la fièvre typhoïde.
Donc,non seulement nous possédons actuellement dessignesde certitude permettant d’éviterlereproche que l’on pouvait faire aux observateurs d’avoir méconnu au profit de la dothiénentérie des poussées de phtisieaigüe,mais voici que l’expérimentation d’Arloing et Dumarest est'venue démontrer la fausseté de ce prétendu antagonisme; ces auteurs ont pu, en effet,rendre tuberculeux des cobayes immunisés contre la fièvre typhoïde et nous ont fait entrevoir, dansle cas qui nous occupe,la possibilité d’une asso- Ciation microbienne. Quoiqu'il en soit, ce qui est certain à l'heure actuelle, et qui vient à l'appui de notre thèse, c’est la sympathie de la fièvre typhoïde pour la tuberculose.
(1) Lyon Médical, 16 mars 1902.