‹ Diagnostic de la pleurésie tuberculeuse: chez les typhiquesChapitre 8 sur 18 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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Moyens d'investigation pour arriver au diagnostic de la nature d'un épanchement pleurétique chez un typhique.

Queïles que soient les variétés cliniques de la pleurésie typhique, les moyens rigoureux pour arriver au diagnostic de sa nature nous sont fournis par le laboratoire qui met à notre disposition les quatre moyens suivants : l’ensemencement du li quide, l'inoculation au cobaye, le sérodiagnostic, la cytologie.

4 Ensemencement du liquide. — Les produits pathologiques seront ensemencés sur divers milieux de cultures. On obtiendra, de la sorte, des colonies dont on arrivera à reconnaître l'identité par leur réensemencement sur milieux de cultures appropriées. Mais ce procédé n’est pas toujours très fidèle

Pope et c'est ainsi, par exemple, qu'en ensemençant sur sérum solidifié, milieu de culture de choix du bacille de Koch, il n’est pas toujours facile d'obtenir une première culture de bacilles tuberculeux.

2 Jnoculalion du cobaye. — Pour faire la preuve d'un produit tuberculeux, on se-sert du lapin ou du cobaye, mais ce dernier est préférable, car il est plus sensible. On détermine ainsi, chez lui, l'apparition d’une tuberculose généralisée et progressive dont les diverses étapes ont été minutieusement tixées par M Arloing.

€ Si l'inoculation à été pratiquée sous la peau de la face interne de la cuisse, il se produit localement un peu d’empâtement; plus tard l’abcès s’ouvrira et donnera naissance à un ulcère à granulations tuberculeuses qui ne se fermera plus. Du douzième au quinzième jourles ganglionsinguinaux et Cruraux du côté inoculé s’empâtent, durcissent et roulent sous le doigt, ayant le volume d’un gros pois. Vers le vingtième jour, le ganglion lombaire, du même côté, se prend à son tour. Vers le vingtcinquième jour le ganglion rétro-hépatique s’indure et les tubercules commencent à apparaître dans le foie, puis dans la rate. À partir du début du deuxième mois le virus traverse le diaphragme; les deux poumons et les ganglions bronchiques se prennent alors indistinctement.A la fin du deuxième mois, la tuberculose est généralisée et les ganglions inguinaux et lombaires du côté opposé peuvent même finir par s'inoculer. La mort survient au

bout de deux mois, en général, rarement plus tard » (1).

3 Séro-diagnostic. — Le séro-diagnostic des

épanchements tuberculeux nous est précisé par M. Paul Courmont (2), qui arrive aux conclusions suivantes :

1°) Absence à peu près constante de pouvoir bactéricide et agglutinant des épanchements non tuberculeux.

2) Pouvoir bactéricide et agglutinant à peu près constant des sérosités des tuberculoses locales, ce dernier plus développé souvent que celui du Sang de la circulation générale.

Si donc, dans un épanchement pleurétique, on trouve l'application des deux loisci-dessus mentionnées et si ce signe se joint à d’autres, il pourra aider puissamment au diagnostic.

Quant à ce qui est de la-’séro-réaction chez les typhiques,on sait que le pouvoir d'agglutiner appartient non seulemeut au sérum sanguin, mais aussi à d’autres liquides normaux ou pathologiques. Les sérosités, entre autres, en sont douées. Cependant elles posséderaient cette propriété à un degré moindre. C’est l'opinion qu'a paru exprimer M. Arloing.à propos de l'infection péripneumonique du

(4) J. CourmMonT. — Précis de Baclériologie pralique. p. 385.

(2) .P. COURMONT. — Presse Médicale, n° 49, 11 juin 1898.

Poe bœuf (4). Or,le fait curieux,d’après certains auteurs, serait que la présence du bacille d’Eberth dans un exsudat le priverait du pouvoir agglutinant (2). Cependant il y a des exceptions à ce fait ainsi qu’en témoigne Achard.

4 Cytologie. — 1 nous reste, en dernier lieu, pour en avoir terminé avec la recherche du diagnostic des épanchements pleuraux tuberculeux. à parler de la cytologie des pleurésies tuberculeuses et nous y insisterons à plaisir car ce nous semble être une méthode d’un très grand avenir.

Il faut distinguer d'emblée la pleuro-tuberculose primitive si bien individualisée au point de vue clinique par Landouzy, de la pleurésie survenant secondairement chez des tuberculeux. Tandis que la première, l’ancienne pleurésie à frigore Si souvent considérée autrefois, comme rhumatismale ou grippale, se présente chez un sujet bien portant, n’offrant aucune trace évidente de tuberculose, et évolue à la façon d’une maladie aiguë, avec au moins, au début, un certain fracas, pour se terminer le plus souvent, au bout de quelques semaines, par

(1) ARLOING. — Distribution de la matière agglutinante des microbes dans le sang et quelques autres tumeurs de l’organisme. Comptes-rendus de la Sac. de Biol., 30 janvier 1897, et Semaine Médicale, 1847, p. 38.

(2) Paul COURMONT. — Répartition, formation et destruction de la substance agglutinante chez les typhiques, Comptesrendus de la Soc. de Biol., 20 fév., 20 et 27 mars 1897, et Semaine Médicale, 1897, p, 69 et 105).

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