LES CONVULSIONS, CONTRACTURES
immobile et chez des sujets dont la face est agitée de grimaces incessantes (Brissaud). Le centre de ce rellexe parait être dans la couche optique; la crise éclate quand, l’écorce n’exerce plus sur ce centre son action de contiole
ou d’inhibition. .
Brissaud admet donc, dans ces cas, une lésion irritative du segment capsulaire antérieur ou une lésion paralytique de la capsule elle-même ; la lésion pouvant du reste se trouver aussi, plus haut ou plus bas, toujours sur le trajet du faisceau géniculé qui conduit l’influx cortical sur 1 acte psychoréflexe du rire ou des pleurs.
Rummo (1) et Burzio (2) ont récemment publié de nouveaux faits (avec autopsie) confirmatifs de cette manière de voir (lésion capsulaire dans les deux cas) (3).
Mouvements pré et posthémiplégiques. — Des mouvements anormaux spontanés peuvent précéder, accompagner ou suivre l’hémiplégie : ce sont les mouvements pré et posthémiplégiques.
Weir Mitchell (1874), Charcot et Raymond (4) ont fait connaître etontbien étudié Y hémichorée des hémiplégiques. Puis on a vu qu’il y a d’autres formes de mouvements posthémiplégiques, comme Yalhétose qui est une variété lente de chorée des extrémités.
J’ai décrit une forme hémiataxique (b) et une forme de paralysie agitante (6) et Démangé et Ricoux (7) une forme de sclérose en plaques. D’où le tableau ci-après (8) ;
(1) Rummo. Acad. méd. chir. de l'Univers, de Païenne, 3 avril 1898 ( Revue neurol., 1898, p. 743).
(2) Burzio. R. Acad. med. d:<ïorino, juillet 1899 (Revue neurol., 1899, p. 8G8).
(3) Le cas récent de Brissaud est également confirmatif (avec autopsie). Le même auteur cite, outre le cas de Burzio, un autre de Mingazzini.
(4) Raymond. Etude anat., physiol. et clin, sur l’hémichorée, l’hémianestli. et les tremblements symptomatiques.
(5) D’une variété non décrite de phénomène posthémiplégique (forme hémiataxique). Progrès médical, 13 novembre 1880. — Voir, comme travail récent sur cette question, avec une bibliographie très complète : Claparède. Du sens musculaire à propos de quelques cas d’hémiataxie posthémiplégique. Thèse de Genève, 1897.
(6) Lee. sur les mal. du syst. nerv., 1879, t. II, p. 502.
S Ricoux. Thèse de Nancy, 1882 (sous l’inspiration de Démangé). Deuxième édition du Traité pratique des maladies du système nerveux, 1881, p. 203; et art. Paralysie in Dict. encyclop. des Sc. médicales, 1884, p. 569.
APPAREIL SENSITIVOMOTEUR
TABLEAU I. — Classification des mouvements pathologiques.
Mouvements anormaux
se montrant au repos
se produisant dans les mouvements volontaires.
Tremblements
forme de paralysie agitante
forme de sclérose en plaques
Contractions en divers sens.
forme de chorée
forme d’ataxie
Quant au siège de la lésion, j’ai publié (1) un cas d’hémichorée préhémiplégique avec lésion du noyau lenticulaire et de la capsule interne, confirmant trois faits antérieurs consignés dans la thèse de Raymond. Boinet (2) et Touche (3) viennent d’apporter une forte contribution clinique et anatomopathologique à l’histoire générale des mouvements qui peuvent accompagner l’hémiplégie.
Les classiques admettent, avec Pick et Kahler, que, pour produire ces mouvements, la lésion doit irriter lé faisceau pyramidal. Touche se rallie plutôt à la théorie de Bonhœfer et Muratow (4) qui place les lésions de ces cas sur le trajet du faisceau coordinateur qui unit l’écorce cérébelleuse et l’écorce périrolandique, en « empruntant la voie du pédoncule cérébelleux supérieur, du noyau rouge, de la couche optique, du genou de la capsule interne, du segment antérieur de celle-ci, de la partie antérieure du noyau lenticulaire et probablement aussi de la partie du noyau caudé avoisinant le segment antérieur de la capsule interne ».
(1) Hémichorée préhémiplégique; hémianesthésie. Foyer hémorragique dans le noyau lenliculaire et la capsule interne du côté opposé. Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 1879, p. 120, et Des localisations dans les maladies cérébrales, 3” édition, 1880, p. 278.
(2) Boinet. De l’hémichorée préparalytique. Arch. gén. de médec., 1900, t. III, p. 41.
(3) Toucue. Contribution à l’étude clinique et anatomo-pathologique de l’hémichorée organique. Ibid., p. 288.
(4) Voir aussi ; Muratow. Monatschr. f. Psych. u, Neurol., 1899, t. V, p. 180 ( Revue neurol., 1900, p. 837).
LES ANESTHÉSIES
Névrose posthémiplégique. — Parmi les troubles plus ou moins tardifs que peuvent présenter les hémiplégiques, il faut également noter les symptômes névrosiques.
J’ai publié (1) l’histoire d’un hémiplégique, qui, dans certaines circonstances (à action psychique), était pris d’une phobie de la marche qui lui donnait de l'angoisse, le couvrait do sueurs et l’empêchait d’avancer alors que, dans d’autres conditions, il marchait bien (en hémiplégique amélioré). Mirallié (2) a publié un autre cas tout à fait analogue.
Ces malades n’ont pas seulement peur de tomber, puisque le phénomène n’apparait que dans certains états mentaux particuliers. C’est une véritable névrose superposée à la lésion cérébrale, une association névroso-organique.
On comprend l’importance d’une analyse précise de ces symptômes au point de vue du pronostic et du traitement.