DIAGNOSTIC GÉNÉRAL DU SIÈGE D’UNE LÉSION
réflexes : la lésion est au niveau de ces centres ou en deçà vers la périphérie), en A ou A' (fig. 2).
A. Nerfs optiques.
Amblyopie
directe.
tr. P a <
X Ci
t. p •a j ci < e.
SBga
Voies sensorielles { optiques
A’ Bandelettes optiques.
B. Radiations optiques, centre ovale, centre cor tical.
Hémianopsie bilaté r al e homonyme.
Supprimés!
Conservés
Conservés!
Voies
oculomo-
tricos
, C.Entrelescentres\ 1 primaires opti-l
! ques et l’écorce. I
D. Kntrelescontrosi Conservée primaires opti-l ques et la péri-] phérie. 1
Conservés
Supprimés
) Supprimés
E. Centres primaires optiques. I Conservée
| Supprimés | Conservés
Un signe analogue unilatéral sert à distinguer l’hémianopsie par lésion des bandelettes optiques (en avant des centres primaires optiques) et l’hémianopsie par lésion des radiations optiques, du centre ovale et de l’écorce visuelle (en arrière des centres primaires optiques). C’est la réaction hémiopique de lapupille(Heddæus, Wernicke) : on projette successivement avec le miroir un rayon lumineux sur chacune des moitiés de la papille et ort observe le cercle iridicn.
Les réflexes palpébraux servent de la môme manière
Sue les réflexes iridiens lumineux que nous venons d’étuier : leur conservation (quand il y a paralysie volontaire) prouve une lésion au delà des centres primaires optiques en C (fig. 2); leur suppression (toujours avec la paralysie oculomotricc volontaire) prouve une lésion en avant des centres primaires optiques en D (fig. 2).
L’abolition de l’accommodation et de la contraction iri-
dienne de l'accommodation sera produite par une lésion, C ou D (fig. 2), sur un point quelconque des voies oculomotrices. Cette suppression s’accompagnera de suppression du réflexe iridien lumineux si la lésion est en D, en avant des centres primaires optiques ; elle s’accompagnera, au contraire, de conservation du réflexe iridien lumineux si la lésion est en C, en arrière des centres primaires optiques.
Plus difficile est la localisation de la lésion dans l’Argyll Robertson, c’est-à-dire quand les réflexes lumineux sont supprimés et la contraction à l’accommodation conservée. Il faut admettre alors une lésion en E (ganglion de l’habenule ?) qui intercepte les voies de communication de l’arc réflexe optico-iridien et qui permet cependant la communication directe cortico-iridienne (1) et corticooptique.
Le tableau de la page 43 synthétise et résume les caractères cliniques de chacun de ces types, répondant à un siège de lésion spécial.
III.- LE SYNDROME DE L’APPAREIL CENTRAL DE L’OUIE, DU GOUT ET DE L'ODORAT
L’espace nous étant très mesuré, je ne mets cette tête de chapitre que pour mémoire, n’ayant d’ailleurs rien de bien neuf et de bien intéressant sur la séméiologie de cette partie spéciale des centres nerveux.
IV. — LE SYNDROME DE L’APPAREIL ENCEPHALIQUE DE L’ORIENTATION ET DE L’ÉQUILIBRE (2)
Quoique encore peu classique, ce chapitre distinct est indispensable pour le physiologiste et le clinicien. Car il y a là un appareil nerveux à fonction spéciale, qui ne peut être confondue avec aucune autre (3) (pas même avec la fonction labyrinthique) et à séméiologie particulière (ataxie, vertige, entraînement...).
(1) On peut aussi supposer une lésion en D, supprimant tous les réflexes iridiens cérébraux, l’accommodation restant assurée dans une certaine limite par le grand sympathique (Morat et Doyon).
(2) Voir monlivre sur les Maladies de l’Orientation et l’Equilibre. Bioioth scienlif. interna! ., 1901.
(3) « L’équilibre est une fonction absolument à part » (Buissaud. Leç. sur les mal. nerv., t. I, 1893, p. 283).
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Préambule anatomophysiologique. — Comme ce chapitre n’existe pas dans mon Anatomie clinique , je sui obligé dé commencer par un préambule anatomique et pny-
Si°C°omme tout appareil nerveux, celui-ci comprend des voies centripètes, des voies centrifuges et des centres ou s’établissent les relations entre ces deux ordres de voies. Ces voies, qui appartiennent respectivement a d autres appareils nerveux déjà décrits, ne sont spécialisées que pai leur groupement fonctionnel.
Les voies centripètes sont toutes celles qui peuvent conduire des impressions de nature à nous fixer : 1° sui 1 état et la situation des diverses parties de notre corps, les unes par rapport aux autres (sens des attitudes, des positions, des mouvements...) ; 2° sur l’état et la situation de notre corps par rapport aux objets, différents de nous, qui nous environnent (sens de l’espace). La sensation complexe de l 'orientation est la conséquence de ces impressions centn-
Elle comprend : 1° l’orientation des diverses parties de notre corps, les unes par rapport aux autres : c est le sens des attitudes segmentaires de Pierre Bonnier (1); 2° l’orientation de notre corps dans l’espace : c est 1 orientation subjective directe de Pierre Bonnier ; 3° 1 orientation des objets environnants entre eux et par rapport à notre corps : c’est V orientation objective de Pierre Bonnier (2). Cette sensation d’orientation motive des ordres centrifuges qui vont influencer les contractions, les relâchements et le tonus musculaires; le résultat de l’exécution de ces ordres est Y équilibre : équilibre des diverses parties du corps, les unes par rapport aux autres, et équilibre du corps entier dans l’espace environnant. Cet équilibre, qui est une fonction constante, doit être maintenu au repos et dans les mouvements. .
Il y a donc là, à vrai dire, deux fonctions differentes, qui se complètent : une fonction centripète d' or tentation et une fonction centrifuge d'équilibre.
(1) Voir, de Pierre Bonnier, outre les mémoires déjà cités sur le nerf labyrinthique et sur le tabes labyrinthique : Vertige. Hiblioth. Cliarcot-Debove , 1894; L'Orientation. Scientia, série biolog., n" 9, 1900: et L’Oreille. 5 vol. de l 'Encyclop. des Aide-Me’m. Léauté , sect. du biolog.
(2) Nous ne parlons pas de Y Orientation Lointaine (pigeons voyageurs). C’est une partie de l’orientation objective (sens du retour} ’quf n’intéresse pas la physiopathologie humaine (Voir : Pierre Bonnier, livre cité sur l’orientation, p. 75).
La fonction de cet appareil peut, suivant les cas, être consciente et volontaire, ou automatique et réflexe. Ces voies nerveuses de transmission ont donc des centres de plusieurs ordres : centres supérieurs corticaux pour les actes conscients et volontaires, centres automatiques et réflexes (à diverses hauteurs) pour les actes inconscients et involontaires.
Cela posé, on prévoit que les voies centripètes de l'orientation sont nombreuses ; les principales sont : les voies kinesthésiques et de la sensibilité tactile, l’appareil laby* rinthique, les voies optiques (l). Je n’insiste pas (2).
Les voies centrifuges de l'équilibre sont toutes les voies centrifuges qui vont aux muscles (voies de la contraction et du relâchement volontaires et voies du tonus).
Une question plus importante et plus difficile est celle des centres d’orientation et d'équilibre, c’est-à-dire des connexions qui unissent les diverses voies centripètes entre elles et avec les voies centrifuges.
Nous nommerons, sans avoir malheureusement la place pour insister : le cervelet (3), l’appareil labyrinthique (noyaux de Deiters et de Bechterew), le noyau rouge, les noyaux du pont, l’écorce cérébrale... Le schéma de la figure 3 résume tout ce paragraphe et évite les explications.
Dans la vie physiologique, l’équilibre est la résultante de la collaboration de tous ces divers organes. Mais il y a encore une importante distinction à faire entre ceux de ces centres qui président à l'orientation consciente et à l’équilibre volontaire et ceux qui président à l’orientation inconsciente et à l’équilibre automatique.
Quand l’orientation est perçue par la conscience, et quand la volonté intervient dans l’équilibre, l’écorce cérébrale est comprise dans l’arc nerveuxutilisé et actif. Quand, au contraire, l’orientation reste inconsciente et l’équilibre automatique, l’arc va directement des appareils sensoriels
(1) Chez l’homme, l’odorat et le goût interviennent peu; il n’en est pas de même chez d’autres animaux, notamment pour l’odorat.
(2) Voir mon livre sur les Maladies de l’Orientation et l’Equilibre. Biblioth. scientif. internat., 1901.
(3) Voir : Thomas. Le cervelet. Etude anat., clin, et physiol., 1897 (Trav. du laborat. de Déjerine); et van Gehuchten. Anat. du syst. nerv. de l’homme, 3“ édit., 1900.
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aux centres automatiques (cervelet, noyau rouge...) et des centres automatiques aux cellules motrices bulbomedu laires : l’écorce cérébrale n’intervient pas.