‹ Diagnostic des maladies de l'encéphaleChapitre 20 sur 34 · HÉMISPHÈRE DROIT · texte numérisé non relu

HÉMISPHÈRE DROIT

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Fig. 3. — Appareil nerveux de l’orientation et de l’équilibre.

Dans les deux cas, les centres automatiques reçoivent les impressions kinesthésiques et sensorielles, et les

transforment en excitations pour la contraction, le relâchement et le tonus musculaires, nécessaires à l’équilibre du corps.

Pour exprimer tout cela simplement, on peut remplacer le schéma de la fig. 3 par celui de la fig. 4, analogue à celui que nous avons adopté (1) pour toutes les fonctions qui peuvent, suivant les cas, être automatiques et inconscientes, ou conscientes et volontaires.

Fig. 4. — Schéma de l'appareil d’équilibration.

Le centre O figure l’écorce cérébrale. Les centres automatiques forment un polygone ABCDEF. Ces centres polygonaux sont : le cervelet, le noyau rouge, les tnbeicules quadrijumeaux, les noyaux de Deiters et de Recüterew, les noyaux dupont... (2).

Les impressions périphériques viennent en AbO et y constituent l’impression complexe de l’orientation. Si cette impression est transmise en O, elle est perçue par le sujet

psychisme IÏI, 1898,

de l’auto-

(1) Voir mes Leçons sur l’automatisme psycholog. ( inférieur; polygone cortical)... Leçons de clin, médic., t. p. 122, et Anatomie clin, des centres nerveux, p. b.

(2) C’est un polygone inférieur; le polygone corticalmatisme psychologique est beaucoup plus élevé.

et devient consciente. Les excitations nécessaires à l'équilibre partent vers lapériphérie des centres polygonaux DEF. Si l’impulsion première vient de O, elle est volontaire. Si, au contraire, l’équilibre est automatique, les impressions ne dépassent pas le polvgone : elles vont directement de ABC en DEF (1).

L'orientation inconsciente et l’équilibre automatique restent des fonctions polygonales. Dans l’orientation consciente et l’équilibre volontaire, le centre O intervient et fait partie active de l’arc nerveux utile.

D’ailleurs, si les centres polygonaux de l’orientation ABC ne sont reliés à O que par dès voies ascendantes ou centripètes, le même centre O est relié aux centres polygonaux de l’équilibre DEF par des voies dans les deux sens, ascendantes et descendantes, centripètes et centrifuges.

Et ainsi non seulement O peut envoyer des ordres à ces centres de l’équilibre, mais aussi il est renseigné sur cet équilibre, même quand cet équilibre n’est actionné que par le polygone. Il y a là une kinesthésie supérieure qui permet à O d’avoir la sensation de son équilibre automatique.

Maladies de l’orientation et de l’équilibre. — Les

maladies qui atteignent cet appareil de l’équilibration sont de deux ordres.

Il y a d’abord les maladies à lésions diffuses (hémorragie, ramollissement, tumeurs, sclérose...) qui peuvent frapper diverses parties de cet appareil comme, en même temps ou dans d’autres cas, elles se localiseront ailleurs.

Et puis il y a les maladies dont la lésion principale est spécialement et systématiquement localisée à une paitie de cot appareil de l’équilibration. Tels sont : le tabes, la maladie de Friedreich (2) (ataxie héréditaire), l’hérédo-

(1) Il reste bien entendu que ces divers schémas n’ont aucune prétention à constituer ou à remplacer une explication des phénomènes. Ce sont de simples procédés de résumé et d’enseignement d’un appareil et de sa fonction.

(2) D’apres les derniers travaux, les lésions de la maladie do Friedreich atteignent surtout les cordons postérieurs d’une part, la colonne de Clarke et le faisceau cérébelleux ascendant ou direct de l’autre. C’est donc une lésion labétocérébelleuse ; c’est la lésion simultanée des neurones inférieurs (médullaires) de la voie d’orientation entière, corticale directe et cérébelleuse. — Voir Pierre Marie. Leç. sur les mal. de la moelle, 1892, p. 381, et Traité de médecine, t. VI, 1894, p. 434; Paui. Lo.nde. Ilérédo-ataxie cérébcl-

MALAIJIES DE l’e.NCÉIUI ALE 4

ataxie cérébelleuse (1) (maladie de Marie), l’otite interne, les maladies de l’appareil labyrinthique... Enfin il y a des névroses comme la chorée, la paralysie agitante..., qui paraissent aussi être plus spécialement des maladies de l’équilibration.

Symptômes. — Les symptôme s de l’appareil de l’orientation et de l’équilibre se divisent en subjectifs et objectifs. Le tableau ci-contre les résume et nous permettra de passer rapidement sur chacun d’eux.

1° Les troubles du premier groupe (symptômes de la kinanesthésie) ont été déjà étudiés plus haut (p. 21). Nous n’y reviendrons pas, de même que nous n’insisterons pas sur les anesthésies sensorielles, causes de désorientation.

2° Inutile aussi d’insister sur les hyperesthésies d’orientation, qui sont plutôt des désorientations par hyperesthesie ou hyperalgésie des sens pourvoyeurs habituels de 1 onen-

ou hyperalgésie tation.

sujets qui croient marcner eu iau, qui, apres - , — — en bateau ou en chemin de fer, ont 1 illusion de la cou tinuation du mouvement; ce sont les amputes qui onh dans leur membre fantôme, des illusions bien etudiees pai Pitres et Abbatucci. Dans le même paragraphe, il faut placer aussi les défauts de localisation des sensations du même côté (allochesthésie de Grainger Stewart) ou du côté opposé (allochiries d’Obersteinei).

40 Si cette sensation illusoire d’orientation se produit sur un polvgone malade ou peu solide, il s y joint une sensation d’équilibre perdu ou menacé et on a le vert ige Oar dans le vertige, quoi qu on en ait dit, il y a a la lois sensation de désorientation et sensation de déséquilibré.

leuse. Thèse de Paris, 1895; Gerest. Les affect, nerv. s^ômatiin théorie des neurones. These de Lyon, loJo, , ,

Sf.urlïnâr.i»!. de 1. mal.die de ft,.dr.,ch rteeje Pnril 1900 — • Voir aussi deux leçons de Raymond. Clin, aes n a . du syst nerV., t. III, 1898, P. 329 et 346, et la seconde édition de

mon Diuyn. des mal. de la moelle. Londe et

„ïïi TtdLrï ?»«?“ L=Æ Oli,opo„toc6rdb.,l.u,..

Nouv. Iconogr. de la Scilpéh 1899, p-

Nous avons développé ailleurs (1) cette définition physiologique du vertige : un phénomène subjectif psychique, constitué par la transmission au centre O d’une double sensation : sensation fausse venant de l’appareil d’orientation et sensation de l’insuffisance du polygone à assurer l’équilibre.

Les autres symptômes qui accompagnent souvent le vertige, sans constituer une condition nécessaire de son existence, sont ou des conséquences plus ou moins éloignées de ses deux éléments constitutifs essentiels ou des signes de l’extension du trouble morbide à d’autres centres voisins des centres polygonaux primitivement atteints. Tels sont : l’angoisse, la terreur, la titubation, la chute, les bourdonnements d’oreille, les troubles de la vue, les nausées, les vomissements, la perte de connaissance, la svncope...

Pour déterminer le siège probable de l’altération génératrice du vertige, il faut voir comment il réagit à la mise en action ou au repos des diverses impressions sensorielles ou kinesthésiques. La mise au repos du sens générateur du vertige atténuera ou supprimera ce phénomène; au contraire, ce même vertige sera exagéré par la mise en action de ce sens ou par la mise au repos d’un autre sens dont l’activité fournit au polygone un moyen de contrôle

et de redressement.

C’est dans les vertiges produits ou exagérés par 1 occlusion des yeux que je classe le signe de Romberg des

tabétiques (2). . ,

Comme siège de lésion, il faut proclamer que 1 alteration polygonale (primitive ou secondaire) est nécessaire à la production du vertige : l’altération périphérique ne suffit pas; il faut toujours un polygone faible ou malade. Mais la distinction peut cependant être maintenue entre les vertiges périphériques et les vertiges centraux, suivant qu’avec l’altération polygonale il y a ou non une altération

périphérique. .

Dans les vertiges centraux (les seuls qui nous intéressent ici), nous placerons les vertiges par lésion du cervelet, par lésion de l’appareil labyrinthique central et par lésion du bulbe : le noyau rouge, les noyaux de Deiters et

(1) Revue philosophique , mars 1901, et livre cité sur les maladies de l'Orientation et de l’Equilibre.

(91 Voir mes Leçons sur le vertige des ataxiques (signe de Romberg). Leçons de clin, médic., t. II, 1896, p. 312 et 1 étude citee de la Revue philosophique.

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