LES PARALYSIES
Ainsi en dehors du facial que nous étudierons plus loin « Féré, Pugliese et Milia ont montré que souvent, dans la respiration calme, la moitié du thorax du côte hemiplégié s’élève moins et se dilate moins uniformément que l’autre moitié. Babinski a également étudié, au cours de divers mouvements provoqués, le muscle peaucier du cou chez les hémiplégiques et a trouvé, du côté paralyse, des modifications de tension et de plissement cutanés ».
Sicard a de même étudié l’état des muscles abdominaux chez les hémiplégiques et a consLaté leur parésie unilatérale à l’aide de certains artifices : faire rentrer le ventrej faire le gros ventre, palpation de l’orifice inguinal dans la toux...
Paralysie du facial. — L’histoire du facial dans 1 hémiplégie d’origine cérébrale a été beaucoup plus discutée (1). . , . , , .
Quand le facial est atteint dans sa partie périphérique (à partir de son noyau mçsocéphalique, ancienne origine réelle), il y a à la fois paralysie du facial inférieur (abaissement de la commissure labiale, rire asymétrique...) et paralysie du facial supérieur (diminution des plis volontaires du front, impossibilité de fermer volontairement l’œil, lagophtalmie).
Quand la lésion porte au contraire sur les voies centrales (hémisphériques) du facial, il y a les signes de laparalysie du facial inférieur ; mais le facial supérieur parait intact ! le malade ferme bien simultanément les deux yeux. L’intégrité du facial supérieur devient un signe de l’origine cérébrale de la paralysie (Récamier).
Mais on a vu bientôt que cette intégrité du facial supérieur n’est pas complète : si le malade peut fermer les deux yeux simultanément, il ne peut plus volontairement fer-
chez les hémiplégiques organiques. Soc. de neurol., 9 novembre 1899. Revue neurol., 1899, p. 199 (Serv. de Raymond et de Bntssatjd).
(1) Voir, pour tout ce paragraphe : Féré. Note sur la paralysie du facial supérieur dans l'hémiplégie par lésion cérébrale. Noitv. Iconogr. de la Salpétrière, 1898, t. XI, p. 147. — Miballié. Ue l'état du facial supérieur et du moteur oculaire commun dans l’hérniplégie organique. Arcli. de neurol. , 1899, t. VII, n° 37, p. 1. — Uéligné. Contribution à l'étude du facial supérieur dans les hémiplégies cérébrales de l'adulte. Thèse de Paris, 1899, p. 13. — Cai,mktte. Thèse de Montpellier, novembre 1900.
Voir aussi : Soury, Le systèmo nerveux central, p. 1707 (Etude complète des origines du facial).
APPAREIL SENSITIVOMOTEUR
mer isolément l’œil du côté paralysé (Potain) (1) ; de plus, si le malade ferme les deux yeux volontairement et énergiquement, le médecin soulève avec son pouce la paupière supérieure, beaucoup plus aisément du côté paralysé que du côté sain (Legendre).
Donc, le facial supérieur n’est pas intact dans l’hémiplégie cérébrale; mais il est atteint tout autrement que dans la paralysie périphérique du facial. Cette paralysie latente et légère du facial supérieur reste un bon signe diagnostique de l’origine cérébrale d’une paralysie du facial.
Comment expliquer cette action dissociée d’une lésion hémisphérique sur le facial supérieur et sur le facial inférieur?
Vulpian : Toutes les fibres du facial ne s’entrecroisent pas et les fibres de l’orbiculaire sont directes. Mais il faudrait alors, dans l’hémiplégie cérébrale, avoirune paralysie directe de l’orbiculaire.
Larcher : Le facial ne serait pas la seule source d’innervation de l’orbiculaire ; le grand sympathique interviendrait aussi (Cl. Bernard) et, par son action persistante, expliquerait l’intégrité relative de ce muscle. Mais alors cette même intégrité relative s’observerait dans la paralysie périphérique du tronc du facial.
* Broadbent, Charcot, Mirallié : L’intégrité de l’orbiculaire rentre dans l’intégrité de tous les muscles qui agissent habituellement des deux côtés à la fois. Il y a, pour assurer cette synergie bilatérale, des commissures physiologiques qui assurent un certain mouvement, quand la lésion est unilatérale. Mais les mouvements du facial inférieur sont tout aussi bilatéralement symétriques et, par suite, on ne comprend pas pourquoi le facial inférieur et le facial supérieur ne se comportent pas de la même manière vis-àvis de la lésion hémisphérique. .
Après Landouzy (1876), j’ai admis un centre cortical distinct pour le facial supérieur et pour le facial inférieur : l’un dans la région pariétale rétrorolandique, vers le pli courhe (2), l’autre au bas de la région rolandique. On comprend alors très bien que le facial supérieur puisse etre épargné dans une lésion hémisphérique atteignant les nei ts des membres et le facial inférieur.
Mais on ne comprend pas que le facial supérieur soit légèrement atteint dans ces cas, qu’il le soit moins que
(1) Ce signe de l'orbiculaire est appelé aussi signe de lîevill iod .
(2) Voir • Anatomie clinique , p. 1>0,