LES PARALYSIES
l’inférieur, mais qu’il le soit. On ne comprend pas les faits réunis par Mirallié dans lesquels le facial supérieur était atteint avec une lésion de la région rolandique.
Tout s’explique assez bien, en admettant, avec Joanny Roux (1), que le facial supérieur a un double centre d’innervation : un centre postérieur avec les autres nerfs de l’œil (le facial supérieur étant un nerf protecteur de l’œil) et un centre rolandique avec les autres nerfs du corps (2) (le facial supérieur étant aussi un nerf moteur de la face en général) : centre sensoriomoteur et centre sensitivomoteur, le facial inférieur n’ayant, lui, qu'un centre sensitivomoteur.
On comprend qu’une lésion hémisphérique frappe la totalité du facial inférieur et partiellement le facial supérieur.
Paralysie alterne. — Le facial peut aussi être atteint dans l’hémiplégie, du côté opposé aux membres : c’est la paralysie alterne de Millard-Gubler . Dans ces cas, la lésion siège dans la partie inférieure de la protubérance, dans un point où le facial est déjà entrecroisé et où les fibres pyramidales des membres ne le sont pas encore.
11 y a un autre syndrome de paralysie alterne motrice, caractérisé par une hémiplégie vulgaire (face comprise) d’un côté, la paralysie d’un ou plusieurs oculomoteurs de l’autre. C’est le syndrome de Gubler-Weber (3) : la lésion siège alors au niveau du bord supérieur de la protubérance (syndrome protubérantiel supérieur.) (4).
Motilité dans le côté sain. — Comme l’impulsion motrice volontaire, en partant des centres corticaux supérieurs.passe d’abord dans les centres polygonaux(S) de l’automatisme supérieur et de l’association synergique, une lésion unilatérale peut produire, en outre de l’hémiplégie,
(1) Joanny Roux. Double centre d’innervalion corticale oculo-motrice. Arcli. cle neurol., 1899, t. VIII, 2° série, n° 43, p. 1T7, et Diagnostic et Traitement des maladies nerveuses, 1901, passim.
(2) Su. va (Soc. méd. chir. de Rouie, juin 1898. Revue neurol., 1898, p. 786 à 889) a vu une épilepsie jacksonienne avec aura parle facial supérieur, causée par un kyste apoplectique allant du pied de la 2" frontale gauche à la pariétale ascendante.
(3) Charcot (1881) l’a appelé syndrome do Weber; maisd'Astros (1894) a montré que Gubler l'avait décrit quatre ans avant Weber.
(4) Voir, au chapitre II de l’appareil visuel, les paralysies alternes avec participation de l’hémioculomoteur.
(ü) Voir : Anatomie clinique, p. 5 et 6.
iü
APPAREIL SENSITIVOMOTEUR
un certain degré d’affaiblissement dans les membres du côté sain. Brown-Sequard, et plus récemment Pitres et Dignat ont étudié ce symptôme.
Mouvements associés et imités. — La même conception du polygone cortical permet de comprendre les mouvements associés et les mouvements imités.
Ainsi Babinski ( 1 ) a cité un exemple de mouvements se produisant dans le membre inférieur paralysé à l’occasion de mouvements volontaires dans les bras et Friedel Pick (2) vient de citer un exemple de mouvements du bras sain imités par le membre paralysé.
Pick rapproche ces paralysies de l’aphasie transcorticale. Comme lui, j’avais déjà donné un schéma commun pour les aphasies et pour les paralysies motrices quand j’ai exposé la notion du polygone cortical.
« Il y a des variétés (dans la symptomatologie), disaisje (3), suivant que la lésion siège dans ces centres mêmes (polygonaux) ou dans les fibres sus ou souspolygonales. Le moyen notamment de distinguer ces variétés, c’est d’apprécier l’état des mouvements associés, syncinétiques. Certains hémiplégiques ne peuvent pas mouvoir les membres paralysés seuls, mais ils peuvent les mouvoir simultanément "avec les membres sains : la lésion est alors suspolygonale. Les communications intrapolygonales persistent et les mouvements associés sont possibles; de même, dans certains cas, on peut observer des mouvements d’imitation, des mouvements d’entraînement automatique. »
En reproduisant cette idée un peu plus tard (•*), nous l'avons rapprochée du mémoire, plus récent de De Biick sur les parakinésics et de celui de Pitres sur les paraphasies. »
De ce même groupe de mouvements, il faut rapprocher les mouvements auxiliaires [Ghilarducci (5), Seralino Ar-
(1) Babinski. Soc. méd. des hôp. de Paris, 1897 (Revue neuroloçj.,
(2) r’iuEDEï. Pick. Congrès de Paris de 1900. Revue neurolog.,
(31 De l'automatisme psychologique (psychisme intér., polygone cortical à l’état physiologique et pathologique). Leçons recueillies (1896) et publiées par Vedel, in Leç. de clin, méd., t. ni, 1898, p. 212.
(4) Anatomie clinique, p. 34.
(5) Ghilarducci. Il Policlino ( Revue neurol ., 1898, p- 12;.