‹ Diagnostic des maladies de l'encéphaleChapitre 7 sur 34 · LES PARALYSIES H · texte numérisé non relu

LES PARALYSIES H

naud (1)], par lesquels certains hémiplégiques arrivent à produire des mouvements dans les muscles contractures, et la contraction musculaire paradoxale observée chez d autres hémiplégiques (2).

Etat des réflexes et du tonus. — Dans l’hémiplégie bien établie et émancipée des effets du choc initial (3) sur le cerveau, les réflexe s tendineux sont ordinairement exagérés et les réflexes cutanés diminués ou abolis (4).

Pour les réflexes tendineux, on constatera l’exagération du réflexe rotulien (b) et du réflexe du tendon d Achille ; dans certains cas, la trépidation épileptoïde (clonus du pied), la danse de la rotule et le signe des orteils de Babinski.

Ce dernier signe consiste en ce que l’excitation de la plante des pieds provoque l’extension des orteils (et particulièrement du gros orteil), tandis qu’à l'état physiologique cette même excitation provoque plutôt la flexion des orteils (6). On peut considérer cela comme une modification qualitative du réflexe plantaire, ou dire, avec Van Gehuchten (7), qu’il y a abolition du réflexe plantaire et apparition d’un réflexe» pathologique nouveau.

Pour les réflexes cutanés, on interrogera le réflexe abdo-

(1) Sebafino Arnaud. Riv. üi patol. nerv. e ment. ( Revue neurol., 1899, p. 541).

(2) Voir : Thomayer. Sbornilc hlinichy ( Revue neurol., 1899, p. 833). — Syli-aba (Soc. des méd. tchèques de Prague, 14 février 1898, (Revue neurol., 1898, p. 301) a vu ces contractions paradoxales liées ùdes mouvements poslhémiplégiques. — Voir aussi Rr.ncA. Sbornilc Klinicky, 1899, t. I (Revue neurol., 1899, p. 762).

(3) L’apoplexie peut abolir tous les réflexes et cela pendant plusieurs semaines.

(4) Voir : Ganault. Contribution à l'étude de quelques réflexes dans l'hémiplégie de cause organique. Thèse de Paris, 1898 (Serv. de Pierre Marie) ; et aussi Sternberg. Die Sehnenrefl. und ihre Bedeutung fur die Pathol, des Nervensys. , 1893.

(5) On peut rechercher aussi le réflexe contralatéral des adducteurs de (a cuisse (Pierre Marie) par percussion du tendon rotulien du côté opposé.

(6) Voir, pour le signe de Babinski : Babinski. Soc. de biol., 1897, et Sein, méd., 1898, p. 321. — Détienne et Mihcouche. Du réflexe cutané plantaire. Arch. yen. de méd., 1899, 1. 1, p. 191 ; et Vires et Calmettb. Soc. de neurol., 7 juin 1900 (Revue neurol., 189n, p. 533).

(7) Van Gehuchten. Réflexes cutanés et réflexes tendineux. Le Névruxe, 1900, 1. 1, p. 247 ; et Considérations sur les réflexes cutanés et les réflexes tendineux. Journal de neurol., 1900, p. 471.

12 APPAREIL SENSITIVOMOTEUR

minai (1) et le réflexe crémastérien (2) ou inguinal (3).

On remarquera l’action opposée d’une lésion pyramidale sur les deux ordres de réflexes (tendineux et cutanés); de même (mais en sens inverse), la lésion du système postérieur de la moelle abolit les réflexes tendineux et conserve ou exagère les réflexes cutanés. L’explication de ces faits n’est pas encore bien arrêtée. Pour Sherrington (4), nos réflexes tendineux seraient des pseudoréflexes, des « secousses ». Pour Van Gehuchten (3), «les réflexes cutanés seraient liés à l’intégrité de la voie corticospinale et les réflexes tendineux à l’intégrité de la voie rubrospinale (6). Les premiers auraient une origine corticale ; les seconds seraient d’origine mésocéphalique »

Il faut bien comprendre la nouvelle conception des réflexes. En dehors de l’arc, il faut, dans tout réflexe, considérer l’état de la cellule. Cet état de la cellule dépend d’influences supérieures. Cette influence supérieure a des voies différentes pour les réflexes cutanés et pour les réflexes tendineux. Pour les réflexes cutanés, l’action partirait de l’écorce (Jendrassik) et viendrait (excitatrice) par les voies pyramidales (d’où la suppression de ces réflexes dans la lésion pyramidale); pour les réflexes tendineux, l'action viendrait du mésocéphale (noyau rouge),: excitatrice par le faisceau rubrospinal (voir plus loin le schéma de notre figure 3), inhibitrice par les voies pyramidales. On comprend dès lors que, quand la dégénérescence secondaire arrive au-dessous du point où le faisceau pyramidal reçoit les fibres du noyau rouge, les réflexes tendineux s’exagèrent beaucoup et la contracture s’établit (7).

(1) Si le réflexe abdominal est exagéré, c'est qu’on détermine le réflexe tendineux abdominal et non plus le réflexe cutané (Ganault).

(2) On peut rechercher aussi le réflexe du tenseur du fascia lata (Brissaud) par excitation de la plante du pied. Pour la recherche clinique de ces divers réflexes (tendineux et cutanés), voir nos Leçons sur les contractures et la portion spinale du faisceau pyramidal (le syndrome parétospasmodique et le cordon latéral). Nouveau Montpellier médical , 1899, t. VIII (recueillies et publiées par Gibeht).

(3) L’analogue du crémastérien chez la femme : contraction des muscles obliques immédiatement au-dessus de l'arcade inguinale.

(4) Shebmngton. Rapport sur la nature des réflexes tendineux au Congrès de Paris de 1900.

(5) Van Gehuchten. Congrès de Paris de 1900. Revue neurol ,

(6) Pour le noyau rouge et la voie rubrospinale, voir plus loin au chapitre de l’Orientation et de l’équilibre.

(7) C’est la théorie que nous avons proposée pour les contrac-

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