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I. ARTHRITES AIGUES DE LA HANCHE

L’inflammation aiguë de l’articulation coxo -fémorale est une de ces affections que l’on a rangées dans la coxalgie et qui constituerait la forme aiguë de cette maladie, admise par quelques chirurgiens. Comme nous le verrons plus loin, elle correspond à la coxalgie arthritique d’Erichsen.

L’arthrite aiguë de la hanche diffère par tant de points de la coxalgie, que nous croyons devoir en donner une description à part, R l’exemple de Bonnet (de Lyon), et en nous appuyant aussi sur l’opinion de M. Panas (1).

« Nous pensons, dit ce dernier, que sauf quelques exceptions

(1) Dict. de méd. etchir. p rat., t. III, 1865, p. 427.

« rares, les prétendues tumeurs blanches à marche très-aiguë et « qui, dans l’espace de quelques jours ou de deux ou trois se- « inaines au plus, produisent des luxations spontanées et altèrent « profondément une articulation, ne sont que des cas d’hydar- « throse aiguë ou d’arthrite suppurative suraiguë. »

Dans l’arthrite aiguë le malade éprouve une douleur extrêmement vive, augmentée considérablement par les mouvements et par la pression. Ces douleurs reviennent la nuit et sont accompagnées de soubresauts dans le membre inférieur et de cris. Le» tissus péri-articulaires sont tuméfiés, les ganglions inguinaux sont engorgés, douloureux. Le membre est généralement dans la flexion et l’abduction; rarement il se place dans la rotation en dedans. Bonnet a observé, cependant, cette position, et il fait remarquer qu’elle favorise beaucoup la luxation; en un mot qu’elle est plus dangereuse que l’abduction.

L’état général du malade est celui qui existe dans toute inflammation aiguë. Si du pus se forme dans l’articulation, on observe alors des frissons et une aggravation des symptômes généraux. A cette époque il peut se former des abcès péri-articulaires, la synoviale peut se rompre et le pus s’infiltrer dans les tissus voisins.

La marche de la maladie est donc rapide et sa durée diffère essentiellement de celle de la coxalgie qui se mesure par des mois et des années.

L’arthrite aiguë peut se terminer par la résolution, par le passage à l’état chronique, par la suppuration compliquée ou non de luxation, suivie d’ankylose, ou enfin suivie de mort.

Cette maladie peut être confondue avec une inflammation des parties molles ou des os. La première se reconnaîtra à la tuméfaction plus superficielle, plus considérable, à la possibilité d’imprimer quelques mouvements légers ü 1 articulation. Le diagnostic, en cas d’inflammation des os ou d’ostéite épiphysaire, est beaucoup plus difficile. Nous avons exposé précédemment les caractères de cette dernière maladie et les moyens de la reconnaître; nous n’avons donc pas à y insister de nouveau. Nous reproduirons seulement une observation dans laquelle une ostéite du petit trochanter fit croire à une arthrite.

L’arthrite aiguë étant reconnue, il faut en chercher la nature

le diagnostic de l’arthrite traumatique sera facile; elle a été observée à lasuitede fractures intra-capsulaires chez le vieillard (1). Les antécédents du malade, Fexamen de son état général et des affections concomitantes, vous diront si vous avez affaire à une arthrite rhumatismale, pyoémique, puerpérale, à une arthrite survenue pendant la convalescence d’une maladie grave, telle que fièvre typhoïde (2), fièvre éruptive, ou à la suite d'une blennorrhagie. Cette dernière forme a été observée par M. Verneuil.

Arthrite par propagation ou arthrite secondaire. — L’inflammation peut se propager des os à l’articulation; c’est ce qu’on a observé dans des ostéites simples ou tuberculeuses, dans des nécroses de l’os iliaque, du fémur et en particulier dans l’ostéite juxta épiphysaire. M. Ollier a donné à ces arthrites le nom d 'arthrite par propagation ou arthrite secondaire.

Ostéite du petit trochanter. — M. Philipeaux (3) a rencontré un cas d’ostéite du petit trochanter simulant une arthrite aiguë, comme on va le voir en lisant l’observation.

« Obs. VII. — En 1862, je fus appelé à donner mes soins à un homme d une cinquantaine d’années, qui présentait en apparence tous les symptômes d’une coxalgie aiguë, douleurs vives et tuméfaction à la hanche, déviation du bassin, douleur au genou, flexion et adduction delà cuisse, raccourcissement. L’ensemble de ces symptômes m’avait conduit à accuser, dès ma première visite, l’existence d’une coxalgie; mais après un examen attentif, je ne tardai pas à reconnaître la présence d’un vaste abcès trockantêrien situé à la partie interne et supérieure de la cuisse. Je l’ouvris, j’y pratiquai ensuite des injections détersives et iodées; la cuisse se redressa naturellement, et le malade ne tarda pas à recouvrer l’intégrité complète des mouvements de l’articulation coxo-fémorale.

« Je dis que dans ce fait il y avait une maladie du petit trochanter; car l’abcès une fois ou/ert, je pus, à l’aide d’un stylet, sentir l’éminence trochantérienne qui se trouvait dépourvue de périoste. »

(1) Lahbé, De la coxalgie, p. 8i.

(2) D’après Roser (*), les luxations spontanées de la hanche, après la fièvre typhoïde, sont produites par un relâchement de la capsule et une hydropisie . — Le Dr Capelle (**) a publié trois observations de luxation delà hanche qu’il observa dans une même épidémie de fièvre typhoïde. Ces luxations se sont produites du côté droit, deux furent spontanées, la troisième traumatique.

(3) Philipeaux, Thérapeutique de la coxalgie, 1867, p. 55.

(*) Griesinger, Traité des mal. infectieuses, traduct. Lematre, Paris, 1868, p. 299.

(*') Journal de me'd. et de chir. de Bruxelles, 1861.

Dans ce cas les symptômes, la marche de la maladie, et même l’âge du malade s’éloignent de ce que l’on observe dans l’arthrite fongueuse, et sont, au contraire, en rapport avec les phénomènes de l’arthrite suppurée. C’est surtout avec cette dernière que la confusion était possible.

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