‹ Diagnostic des maladies de la hancheChapitre 33 sur 38 · II. LUXATIONS CONGÉNITALES DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

II. LUXATIONS CONGÉNITALES DE LA HANCHE

Sous ce nom on désigne un genre de luxation que l’on reconnaît au moment où l’enfant commence à marcher; elles ne sont accompagnées d’aucunes douleurs, et, d’après l’opinion généralementreçue, elles se forment pendant la vie intra-utérine. M.Verneuil a émis à la Société de chirurgie, en 1866, des idées différentes; sans nier les luxations congénitales, il admet que des déplacements peuvent se produire spontanément chez l’enfant, par paralysie des muscles pelvi-trochantériens. M. Broca a considéré le fait comme possible, mais non comme démontré; Malgaigne (1) admettait également la possibilité des luxations du fémur par paralysie, mais avec un épanchement de liquide dans l’articulation, ce qui explique peut-être mieux le phénomène.

Les luxations congénitales peuvent présenter les diverses variétés des luxations traumatiques, mais on n’observe guère que les luxations iliaques; les autres sont exceptionnelles. — En outre des caractères communs à tous les déplacements anciens du fémur, elles offrent des caractères propres qui permettent de les reconnaître.

Cette lésion est souvent héréditaire, s’observe fréquemment des deux côtés et est plus commune chez la femme.

Le raccourcissement est constant et augmente avec l’âge; le membre est plus volumineux à sa partie supérieure, plus grêle en bas, il présente un arrêt de développement en longueur et en

(1) Malgaigne, Anal, chir., t. Il, 1859, p. 702.

circonférence. La tête est située en arrière et au-dessus du cotyle. Le bassin est dévié et dans quelques cas rares il offre une déformation qui peut gêner l’accouchement. Les mouvements sont très-libres, souvent plus étendus en certains sens, mais l’abduction n’est jamais aussi complète que dans l’état normal, signe auquel M. Bouvier attache une grande valeur. La marche est facile, mais le malade boite; d’après M. Bouvier, quand la pseudarthrose est simple, le bassin bascule dans le sens latéral et s’abaisse à chaque pas du côté sain ; les sujets rejettent le corps du côté opposé; la hanche de ce côté paraît s’élever.

La luxation congénitale se distinguera de la luxation traumatique ancienne par la connaissance des antécédents et par la mobilité plus grande de la pseudarthrose; elle se distinguera d’une ankylosé incomplète succédant à une coxalgie ou d’une luxation spontanée, par l’absence de fistules, de cicatrices, par l’indolence continue et encore par l’exécution plus facile des mouvements.

Dans la Phocomêlie, avec arrêt de développement du fémur, il y a toujours une atrophie si considérable que le doute n’est pas possible. — Si, comme cela a été observé par Paletta, il y a un arrêt de développement portant seulement sur la cavité colyloïde ou l’extrémité supérieure du fémur, on aura une déformation qui est rangée en ce moment dans les luxations congénitales, dont il est du reste impossible de la distinguer sur l’enfant.

lit. LUXATIONS SPONTANÉES DE LA HANCHE.

Les luxations spontanées ou consécutives peuvent s’observer à la suite des différentes variétés d’arthrites. Elles se produisent, comme Bonnet l’a établi, dans deux conditions différentes :

1° Quand le rebord cotyloïdien est érodé, usé, ce qui s’observe surtout à sa partie postérieure et supérieure; la tête trouvant le champ libre devant elle remonte peu à peu, sans cependant quitter tout à fait le cotyle; c’est probablement la variété la plus fréquente de déplacement îi la suite de l’arthrite fongueuse; elle répond à la pseudo-luxation deMalgaigne.

2° Le rebord cotyloïdien est conservé ou peu altéré, mais les ligaments sont ramollis ou détruits; dans ce cas le déplacement

se fera par une violence quelquefois légère, mais enfin il sera subit, ce qui le distingue de la variété précédente; on observe ce fait dans les hydarthroses de la hanche, dans l’arthrite suppurée et aussi dans l’arthrite fongueuse. Mais, comme l’ont démontré MM. Gosselin, Larrey, Maisonneuve, ce déplacement est plus rare qu’on ne le croyait dans la coxalgie.

Les luxations spontanées du fémur peuvent s'observer dans les quatre variétés de déplacements de cet os, mais la plus fréquente est la luxation iliaque et c’est la seule dont nous dirons quelques mots.

L’enfoncement de la tête du fémur dans la cavité colyloïde, quoique n’étant pas une luxation, trouve cependant naturellement sa place il côté des déplacements consécutifs des os. Dans ce cas la cuisse est dans la flexion, Pabduclion et la rotation en dehors, puis il y a un raccourcissement réel qui, bien constaté, aidera au diagnostic; le toucher vaginal ou rectal donnera d’utiles renseignements.

Les symptômes de la luxation spontanée sur l’os des iles sont à peu près ceux de la luxation traumatique. Si la tête a conservé la plus grande partie de son volume, on la sentira sous le grand fessier, et elle présentera plus ou moins de mobilité, mais généralement moins que la luxation congénitale. Le membre est tourné dans la rotation en dedans ; Bérard a observé un cas dans lequel il y avait rotation en dehors, ce que Bonnet attribue à la disparition de la tête. Les fistules, les cicatrices que l’on observe encore pourront indiquer au chirurgien quelle est l’origine du déplacement qu’il a sous les yeux ; il sera très-ditficile, parfois même impossible de reconnaître le déplacement consécutif à l’érosion du rebord cotyloïdien. Dans ce cas, Bonnet recommande de redresser le membre ; le raccourcissement disparaissant on verra que la tête n’avait pas quitté la cavité.

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