‹ Diagnostic des maladies de la hancheChapitre 4 sur 38 · II. Situation et rapports des os · texte numérisé non relu

II. Situation et rapports des os

1° Du Bassin. — Le bassin étant souvent déplacé dans les maladies de la hanche, déterminons sa situation normale. Il est incliné de telle façon qu’un plan mené par le détroit supérieur forme avec le sol un angle de 62° (Weber, Nœgelé) ; de cette inclinaison il résulte que l’angle sacro-vertébral est à 10 centimètres environ au-dessus du bord supérieur de la symphyse pubienne

et que la pointe du coccyx se trouve à peu près sur le même plan horizontal que le bord inférieur de la symphyse; grâce encore à celte inclinaison, l’échancrure sciatique est plus élevée que la cavité cotyloïde. Si, chez un adulte, on mène une ligne horizontale par l’épine iliaque antéro supérieure, elle passe environ à Zi5 millimètres au-dessus du rebord cotyloïdien et à 15 millimètres au-dessus de l’échancrure sciatique. Une ligne menée de l’épine iliaque antéro-supérieure à l’épine iliaque postéro-supérieure du même côté, ligne que nous appellerons ligne iliaque, permet de préciser la situation du grand trochanter et celle de la partie la plus élevée de l’échancrure sciatique. Lh ligne iliaque sur le squelette passe à 32 ou 35 millimètres au-dessus de l’échancrure et à h5 millimètres environ au-dessus du rebord cotyloïdien. L’échancrure est en outre à 7 centimètres de l’épine postérieure sur le squelette, et à 5 1/2 ou 6 centimètres de la même épine en mesurant sur la peau (1). Le milieu du bord supérieur du grand trochanter dans l’extension est à 6 ou 7 centimètres de la ligne iliaque et à 9 ou 10 cent, de l’épine iliaque antérieure.

2° Cavité cotyloïde. — La cavité cotyloïde est immédiatementaudessous et en dehors de l’éminence iléo-pectinée ; son axe se dirige en bas, en avant et en dehors. Sur le squelette d'un adulte, la circonférence du rebord cotyloïdien présente à peu près 5 cent. 1/2 de diamètre dans tous les sens ; la profondeur de la cavité est de 25 à 3ü millim. selon l’élévation ou la dépression des bords; la partie la plus élevée de la voûte cotyloïdienne est, d’après Parise, à U millim.au dessusdu rebordosseuxsupérieur, et à 5 ou 6 millim. au-dessus du bord du bourrelet cotyloïdien ; au moment oùlatête du fémur sort de la cavité, il y a donc un allongement réel du membre inférieur, correspondant à la distance qui sépare le bourrelet cotyloïdien du sommet de la voûte. Quelle est la situation du point le plus profond de la cavité? D’après mes recherches, il est à 5 cent, environ de la partie la plus élevée de l’échancrure sciatique; de ce dernier point à la dépression postéro-supérieure du sourcil cotyloïdien, on mesure 5 cent. 1/2 ; le centre delasur-

(1) La connaissance de la distance qui sépare le sommet de l’échancrure de la ligne iliaque et de l’épine iliaque postéro-supérieure peut-être utilisée dans la ligature de l’artère fessière.

face articulaire delacavité estdoncplus rapproché de l’échancrure que le rebord cotyloïdien; entre ce centre et le sommet de la tubérosité ischiatique il y a 8 cent. 1/2 environ.

J’ai constaté que chez l’adulte le centre de la cavité est en moyenne sur une ligne verticale menée à 7 cent. 1/2 de la ligne blanche ou à 3 1/2 ou 4 cent, de l’épine antéro-supérieure, et, en même temps, qu’il est distant de l’épine iliaque antéro-supérieure de 9 à 9 cent. 1 /2 Pour trouver la situation du centre de la surface articulaire, il suffit donc de tirer une ligne verticale à 7 cent. 1/2 de la ligne blanche ; le point inférieur de cette ligne qui est à 9 cent, 1 / 2 de l’épine iliaque, correspond au centre cherché. En enfonçant un couteau en ce point sur le cadavre, on ouvre l’articulation à une très-petite distance en dehors des vaisseaux fémoraux; j’ai même vu, sur le cadavre, de la synovie sortir par la ponction.

3° Col du fémur. — Les différences de longueur et de direction du col ont servi à plusieurs chirurgiens pour expliquer certains faits symptomatologiques; aussi doit-on être renseigné sur ce point avant d’aborder l’étude des maladies de la hanche.

La longueur du col est de 35 à 40 millim.«en arrière, entre la tête du fémur et la ligne des deux trochanters; elle est en haut de 27 millim. entre la tête et le grand trochanter; en bas, elle est de 4 1/2 à 5 cent, entre la tête et le petit trochanter. Malgaigne et Rodet donnent à peu près les mêmes dimensions que celle que j’indique. D’après Rodet le col, loin d’être plus long chez la femme comme le voulait Dupuytren, a des dimensions un peu moindres que chez l’homme. Chez le vieillard, les dimensions du col diffèrent peu de celles de l’adulte. Dupuytren le considérait comme étant plus long; M. Nélaton croit au contraire qu’il a une tendance au raccourcissement. — Les rapports de l’axe du col avec le grand trochanter ont été utilisés par Robert pour expliquer, dans certains cas, la rotation en dehors dans les fractures du col. En effet, l’axe prolongé du col ne tombe pas sur le milieu de la face externe du grand trochanter, mais en avant de l’axe vertical de cette apophyse ; les plans verticaux menés par ces deux axes formeront en se rencontrant un angle obtus ouvert en arrière. Une chute sur le grand trochanter, fracturant le col, portera la partie postérieure du

grand trochanter en arrière et en dedans, et d’autant plus facilement qu’il n’est pas soutenu à ce niveau par le col.

Quant à la direction du col, à l’angle qu’il fait avec le fémur, Rodet a trouvé que sur H sujets de 10 jours à 48 ans il était en moyenne de 131° et que sur 11 sujets de 52 à 97 ans il était de 128°. Il n’y a donc qu’une différence de 2 à 3°, qui ne permet pas de dire que le col devient horizontal chez le vieillard. Chez la femme, le même auteur a montré que le col a plus de tendance à devenir horizontal par les progrès de l’âge, ce qui est une confirmation des idées d’A. Cooper sur ce point. Les variétés individuelles de direction du col sont quelquefois assez marquées, mais néanmoins, d’après Malgaigne, l’ouverture du col ne présente pas de variations allant au delà de 20 à 25°.

L’inclinaison du col a une cer taine influence sur la longueur du membre; ordinairement la tête du fémur dépasse le grand trochanter de 1 cent, environ. Malgaigne l’a vue dépasser de 2 cent. — Si l’angle est peu ouvert, la tête dépassera d’une longueur moindre. Comme on le voit, les différences qu’on peut observer sont tellement faibles, qu’il n’y a pas à en tenir compte.

4° Grand trochanter. — Il est bon de remarquer que la face externe du grand trochanter ne regarde pas directement en dehors, mais un peu en arrière. — Le sommet du trochanter, qui est quelquefois fracturé, dépasse le niveau du col de 10 à 13 millim ; l’éminence entière présente une hauteur de 4 à 5 cent.

5° Lignes menées par les saillies osseuses. — Une ligne menée de l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la tubérosité ischiatique, coupe la cavité cotyloïde en deux parties égales et le centre de cette cavité est au milieu de la ligne ilio-ischia tique. M. Nélaton a montré que le sommet du trochanter est au-dessus de cette ligne et que quand le fémur est fléchi à angle droit avec une légère adduction, le sommet du trochanter se trouve sur la ligne même. On peut donc reconnaître les déplacements de cette éminence, mais il faut avoir soin de comparer les deux côtés. En étudiant la situation du trochanter par rapport à cette ligne, M. Dolbeau a reconnu que de la naissance à 6 mois le grand trochanter est en avant de la ligne de 8 à 12 millim., qu'à 3 ans le bord supérieur du trochanter est situé au niveau de cette ligne; puisqu’au-dessus de cet âge il la dépasse.

On a voulu trouver également un point de repère dans la distance qui existe entre le Irochanler et la crête iliaque; on croyait que celte distance devait diminuer dans la luxation ou la fracture du col. Mais M. Nélaton a fait remarquer, avec juste raison, que si le trochanter se portait eu haut, il se portait aussi un peu en arrière et se trouvait en rapport avec une poilion plus élevée de la crête. Si l’on joint à cette observation les difficultés de mensuration, on voit que ce point de repère doit être abandonné; cependant iYJalgaigne est d'un avis contraire; et il croit que dans les fractures du col le trochanter est plutôt ramené en avant.

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