LE SYNDROME DES CORNES ANTÉRIEURES
Atrophie musculaire (2).
A. — Dans deux groupes importants de faits, leslésions se systématisent exclusivement aux cornes antérieures : l’atrophie musculaire progressive (type Aran-Duchenne), la paralysie atrophique spinale aiguë (de l’enfance et de l’adulte). — Nous y joindrons certaines myélites expérimentales.
1. Cliniquement découverte par Duchenne (1849) et par Aran (1851), Y atrophie musculaire progressive a eu son anatomie pathologique fixée par toute l’Ecole française, de Cruveilhier (1853) à Ilayem, Charcot et Vulpian. Puis
1898. — Vincelet. Étude sur fanat. patholog.~ de la mal. de Friedreich. Thèse de Paris, 1900. — Voir aussi deux leçons de Raymond. Clinique des mal. du syst. nerv., 1898, t. III, p. 329 et 346.
(1) Voir mes Leçons sur les Maladies de l’Orientation et de l’Equilibre. Biblioth. scientif. internat., 1901.
(2) Voir mes leç. sur trois cas d’atr. muscul. L’atr. muscul. est le syndr. du neurone moteur central (bulbomédull.) inférieur, in Leç. de clin. méd. 1898, 3e série, p. 793.
on a successivement enlevé de ce cadre, initialement trop large : les myopathies progressives, les névrites, la sclérose latérale amyotrophique, la syringomyélie et P. Marie a fini par écrire : « Il n’y a pas d’atrophie musculaire progressive de Duchenne de Boulogne (1). » C’était une exagération.
Comme nous l’avons dit plus haut, àpropos de la sclérose latérale, on peut garder, dans un cadre donné, des cas dont la lésion n’est pas étroitement limitée à un système, pourvu que la lésion en dehors du système soit accessoire, peu importante, et surtout cliniquement silencieuse.
En partant de ce principe, on trouvera dans la thèse de Jean Charcot (2) des observations de Strümpell, d’Oppenheim, de Béjerine, de Darkchewitsch et une personnelle, plus une plus récente de Raymond (3), qui établissent histologiquement l’existence de ce syndrome et de sa lésion. Hoffmann (4) a également démontré que, dans la famille des amyotrophies héréditaires, une part certaine devait être faite au type Aran-Duchenne.
Voilà donc un premier groupe de faits, dont l’existence reste indiscutable, caractérisé : cliniquement par l’atrophie musculaire, anatomiquement par la lésion des cornes antérieures de la substance grise.