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Le syndrome dissociation peut exister sans syringomyélie

(1) Stepiian Dimitroff. Ueb. Syringom. (Trav. de la clin, rnéd. du prof. Eichhorst à Zurich). Arch. /'. Psych ., 1896, t. XXVIII, p. 582, et 1897, t. XXIX, p. 299 : fait suite au travail d’Anna Baümler, et analyse 297 observ. (jusqu'en octobre 1891).

(2) Dejemne et Thomas. Un cas de syringom. type scapulohumér. avec intégr. de la sensibil., suivi d’aut. (intégr. de la subst. grise médiane). Soc. de Biol., 10 juillet 1867 ( Revue neural., 1898, p. 133).

(3) Schlesinger. Die Syringomyélie (trav. de la 3* clin. méd. et de l’Institut d’anat. et de physiol. des centr. nerv. à l'Univers, devienne). Leipsig et Vienne, 1895. (526 indicat. bibliogr. classées par ordre alphabét. d’auteur.)

(4) Raymond. Clin, des mal. du syst. nerv., 1896, t. I, p. 315 et 327, et 1897, t. II, p. 580 et 516.

Morvan a décrit (1883), sous le nom de parésie analgésique à panaris des extrémités supérieures, une maladie qui a gardé son nom et dans laquelle on rencontre souvent le syndrome dissociation. Gombault et Reboul ont fait (1889) l’autopsie d'une de ces malades de Morvan avec dissociation : ils ont trouvé de la névrite, de la myélite, mais pas de lacune médullaire.

En 1889, je ne pus citer que ce fait ; je le déclarai capital, quoique unique, et exprimai la conviction que « de pareils faits existent et se multiplieront du moment où l’attention sera attirée sur ce point ». Cet espoir s’est largement réalisé.

D’abord Charcot (i) a signalé la dissociation syringomyélique dans l'hystérie, dans la lèpre (Leloir, Babinski, Thibierge) et dans la compression de la moelle ç2) ou des nerfs (Critzman). Minor (3) l’a décrite dans plusieurs cas d’hématomyélie traumatique (4 » . Freund (5), étudiant (1891) avec beaucoup de soin les troubles de la sensibilité dans la sclérose en plaques, décrit la dissociation « syringomyélique » dans dix observations de cette maladie (avec des caractères particuliers de moindre durée que dans la syringomyélie vraie).

En 1892, à propos d’un cas personnel observé chez Brissaud, Jean Charcot (6) étudie a la dissociation dite syringomyélique dans les compressions et sections des troncs

G) Charcot. Lee. du mardi, 1889, p. 511.

(2) Charcot. Un cas de pseudosyringom.,in Sem. méd., 1891, p. 193.

(3) Mixor. De l'hématom. eentr. 5oc. de neural, et de psych. de Moscou , il déc. 1893. et Reçu. clin, et anat. sur les atï. traumat. de la moelle suivies d'hématom. eentr. et de format, cavitaires eentr. Congrès de Moscou. 1897 (Revue neurol ., 1894, p. 212, et 1897, p. 549).

(4) Y oir Ykrchère. De la parésie analgés. à panaris des extrëm. super. De la parësoanalg.des extrém. super, ou mal, de Morvan. Revue des sc. r:ed.. 1891. t. XXXVIII, p. 824.

(5) F r eu nu (de Breslau). l'eb. d. York, von SensibilitAtsstôr bei mult. Herdskler prav. de la clin, du prof. NYestphaD. Arch. f. Psych., 1891, t. XXII, p. 317 et 388.

(6) Jean Charcot. C. R. de la Soc. de Biol., 1892. p. 941.

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nerveux », rappelle qu’on a trouvé dus dissociations diverses dans les maladies de la peau. (1) (psoriasis, eczéma) et retrouve lu, dissociation vraie dans une série de cas de section ou de compression des nerfs (Létiévant, Weir Mitchell, Richet, Chaput, Blurn).

Plus récemment, Cavazzani et Manca (2) ont trouvé cette même dissociation après la section traumatique du radial. Et la même année (18911), Rrissaud (3) peut dire : « La clinique nous a édifiés sur la valeur prétendue pathognomonique de la dissociation syringomyélique. Les beaux jours sont passés. Cette dissociation de la sensibilité n’appartient plus en propre à une seule maladie. » Et il cite un cas de syndrome de Brown-Séquard avec dissociation guéri par le traitement antisyphilitique et par conséquent sans syringomyélie.

En 1896, Max Laehr (4) cite une série de faits de dissociation « syringomyélique » dans des cas de syndrome de Brown-Séquard, sans syringomyélie, notamment ceux de Muller (1871), Charcot et Gombault (1873), Gowers (hémorragie traumatique), Beevor (tumeur syphilitique), Steeland Williamson (1893).

La même année, Schlesinger (5) publie un fait (et en rappelle trois autres personnels) de tumeur intramédullaire (sans syringomyélie) avec dissociation. Ilanot et Henri Meunier (6) observent un cas analogue de gomme

(1) Rendu. Les ariesth. spont., Th. d’agrég., Paris, 1876.

(2) Cavazzani et Manca. Alteraz. délia sensibil. termice e tattile in sect. a les. del nervo rad. Rif. med 1896, n° 67 ( Revue neurol., 1896, p. 534).

(3) Rrissaud. Leç. sur les mal. nerv., 1895.

(4; Max Laehr. Ueb. Stor. d. Schmerz-Temperatur Empfind. in F. von Erkank, d. Rückenm. (Klin. St. mit besond. Berücksiebt. d. Syringom.) Trav. de la clin, du prof. Jolly. Arch . f. Psych ., 1896, t . XXVIII, p. 773.

(6) Schlesinger. Tumeur médull. (Gliosarc. de la rég. cervic.) Club méd. Vien., 22 janvier 1896 {Revue neurol 1896, p. 441;.

(6) Hànot et Henri Meunier. Gomme syphilit. double de la moelle épinière ayant déterm. un syndr. de Brown-Séq. bilat. avec dissociât, syringomyél. Nouv. Iconogr. de la Salpét., 1896, p. 49 (même cas commun, par Henri Meunier au Congres de Î'AFAB. à Carthage, 1896).

syphilitique. C’est aussi un cas de dissociation par méningomyélite syphilitique que publient Piatot et Cestan (1 ) pendant que David Edsall (2) étudie la « dissociation de la sensibilité du type syringomyélique dans le mal de Pott » et que James Hendric Lloyd (3) la démontre dans les traumatismes de la moelle.

Dans un travail inspiré par Marinesco, Vines (4) montre « que la dissociation syringomyélique n’est pas un phénomène rare dans les différentes myélites chroniques ». Déjerine et Thomas (b) ont observé la dissociation dans un cas de pachyméningite gommeuse hypertrophique. Et Raymond (6) a écrit récemment : « Il n’y a pas très longtemps, l’anesthésie dissociée... passait pour appartenir en propre à la syriDgomyélie. On lui attribuait en quelque sorte une signification pathognomonique. Aujourd’hui il est reconnu que cette modalité d’anesthésie s’observe dans des circonstances pathologiques très variées... on conçoit comme une chose naturelle qu’il en soit ainsi. Ce que peut faire une tumeur gliomateuse ou toute autre néoplasie, en tant qu’interruption des conducteurs de la sensibilité, on conçoit que n’importe quelle lésion circonscrite le puisse faire également, qu’il s’agisse d’un foyer hémorragique, d’un foyer

(1) Piatot et Cestan. Syndr. de Brown-Séq. avec dissociât, syringom. d’orig. syphilit. Ann. de dermatol. , 1897, p. 713, et Revue neurol. , 1897, p. 645.

(2) David Edsall. Soc. neurol. de Philadelphie, 20 décemb. 1897. The Journ. of nerv. a. ment. Dis., 1898, p. 257, et Revue neurol., 1898, p. 742.

(3) James Hendric Lloyd. Traumat. aff. of the cerv. reg. of the Spin. cord. simulât. Syringom. The Journ. of nerv. a. ment. Dis., 1894, p. 343 ( Revue neurol., 1894, p. 450) : histoire clinique de deux cas. — A Study of the los. in a case of trauma. Brain., 1898 ( Revue neurol 1898, p. 613) : autopsie de l’un des deux faits précédents.

(4) Vines. Despe dissociationen. Romania medicala, 1898, p. 122. Anal, par Marinesco in Revue neurol., 1898, p. 850.

(5) Déjerine et Thomas. Un cas d'hémiparapl. avec anesth. croisée. Syndr. de Brown-Séq. suivi d’aut. Arch. de physiol., 1898, p. 594.

(6) Raymond. Clin, des mal. du syst. nerv., 1897, t. II, p. 549.

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de ramollissement ou d’un ilôt de sclérose (1). Les faits sont là qui démontrent qu’il en est ainsi. »

Plus récemment, Riche etGothard (2) ont montré cette dissociation dans le tabes ; Long et surtout Chatin (3) ont démontré son existence dans les lésions de l’écorce cérébrale.

Nous pouvons donc affirmer, comme démontrée aujourd’hui, la proposition que nous appuyions en 1889, sur un seul fait (discutable) : le syndrome dissociation peut exister sans syringomyélie .

G. — De tout ce qui précède, il résulte que Uunité anatomique du syndrome dissociation n’est faite ni par la présence de gliomes médullaires, ni par la présence de cavités médullaires, ni parla présence d’une seule lésion médullaire constante, mais que, pour ce syndrome comme pour tous les autres symptômes médullaires, l’unité n’est faite que par l 'unité du siège de la lésion. Il faut donc rechercher maintenant quel est le siège unique et constant de la lésion correspondant à ce syndrome dissociation. Nous ferons ainsi la physiologie pathologique de ce syndrome.

Dans le système sensitif médullaire, ce n’est pas la lésion des cordons postérieurs qui entraîne notre syndrome. Car dans le syndrome des cordons postérieurs (que nous avons étudié déjà plus haut), il y a anesthésie totale ou, s’il y a dissociation, c’est l’anesthésie tactile et surtout musculaire qui domine avec persistance et

(1) C’est la pensée qu’ont également énoncée Hanot et Meunier dans leur travail déjà cité de 1896 : « ... Quoi de plus naturel, dès lors, qu une pareille lésion, équivalant physiologiquement à une lacune syringomyélique, ait déterminé la dissociation des sensibilités, telle qu'on la rencontre dans les cas de gliomatose médullaire? »

(2) Riche et Gothard. Étude sur les troubles objectifs de la sensibilité superficielle dans le tabes. Nouv. Iconoqr . de la Salpélr., 1899.

(3) Chatin. De la sensibil. thermique dissociée chez les hémiplég. Arch. gén. de médec . , 1901, t. V, p. 33.

souvent exagération de la sensibilité à la douleur et à la température. C’est donc la dissociation inverse, et en quelque sorte complémentaire, de la dissociation dite syringomyélique. Du reste, dans plusieurs observations avec dissociation « syringomyélique » très nette, l’intégrité des cordons postérieurs est notée et dans des observations de syringomyélie avec anesthésie totale on a, au contraire, noté la participation des cordons postérieurs à la lésion.

Dans tous les cas de dissociation « syringomyélique », l’altération portait sur les cornes postérieures de la substance grise.

Nous avons bien cité des cas dans lesquels la dissociation paraissait répondre à une lésion des nerfs périphériques. Mais il est permis de supposer qu’alors la lésion névritique avait retenti sur les centres médullaires, comme dans les faits qu’a étudiés Marinesco (1). On pourrait dire aussi qu’il « existe à la surface de la peau des points distincts pour la sensibilité tactile et pour la sensibilité thermique (2) ». Mais, pour l’étude que nous poursuivons, il suffit de dire que, quand elle répond à une lésion médullaire , la dissociation dite syringomyélique répond à une altération des cornes postérieures de la substance grise.

Voilà la conclusion clinique qui reste la même qu’en 1889 (3). Physiologiquement, la question est moins avancée.

(1) Marinesco. Les polynévr. en rapport avec la th. des neur. Soc. de Biol., 30 nov. 1895. Voir aussi Presse méd.,% 8 déc. 1895, et Rapport au Congrès de Moscou sur l’histopathol. de la cell. nerv., août 1897 ( Revue neurol., 1896, p. 54 et 70 ; 1897, p. 523) : « Par conséquent, conclut-il, il n’existe pas de névrites sans réaction des cellules des nerfs atteints. »

(2) Hédon. Précis de physiol.,1896. Voir dans ce livre (p. 474) les lig. de Goldscheider.

(3) « En un mot, on peut dire que l'altération des cornes postérieures a pour traduction symptomatique le syndrome sur lequel je me suis longuement étendu. » Leç. de clin, méd., lre série, p. 243.

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