PROLÉGOMÈNES. H
vues au laryngoscope . Je m'efforcerai de dissocier les différents muscles du larynx et de montrer les signes objectifs et rationnels de la paralysie de chacun d'eux.
Tous les résultats que j'avance, je les ai vus et montrés bien souvent à des confrères. Je m'appuie sur des observations faites pendant ces dix dernières années. Mes malades étaient atteints soit d'une tumeur au cou, soit d'un anévrysme de l'aorte. Chez d'autres, l'aphonie était d'origine nerveuse ou bien produite par des catarrhes anciens. Quelques-uns étaient anémiques , d'autres tuberculeux.
L'étude des causes est un élément très-important du diagnostic, aussi je ne crois pas sortir de mon sujet en les énumérant rapidement.
Causes. — (1) Les causes des akinésies des muscles
du larynx peuvent se grouper dans les trois catégories suivantes : 1° akinésies fonctionnelles; 2° akinésies dyscrasiques; 3° akinésies organiques.
r A/ciîiésies fonctionnelles. — Ce n'est qu'après un examen approfondi du malade, que l'on peut admettre l'akinésie fonctionnelle; surtout, lorsque la maladie dure depuis quelque temps. Cependant il existe un certain nombre de causes dont l'action est très-positive. — Nous admettrons dans cette classe les akiné-
(l) Mandl. Des névroses chroniques du larynx. ( Gaz. des hop. n° 4, 10 janvier 1861). — Potain. Anévrysme de la crossi', de l'aorte reconnu au moyen du laryngoscope (Gaz. des hôp. n° 106, 9 septembre 1865). — Mandl. Larynyoscopie ; luberculisaiion au l^r degré. (Gaz. des hôp. n" 74; 23 juin 18G0). Paris, 1868. — KnisiiAnEn. Gaz. hebd. de méd. et chirurgie, 1802. — Moiiell-Mackenzie. Loco cit.
12 PROLÉGOMÈNES, sies produites : 1° par les efforts de la voix; 2" par un usage irrationnel et immodéré de la voix; 3" par le froid; 4" par les émotions morales; 5° par l'hystérie; 6° par un état catarrhal prolongé. — Dans ces cas l'akinésie est amenée par une excitation anormale, plus ou moins prolongée des nerfs laryngés; ou par une action généralement de courte durée sur le système cérébrospinal; ou bien encore elle est produite par une action réflexe.
2° Akinésies dyscrasiqiies. — Les modifications dans la quantité et les altérations dans la qualité des principes constitutifs du sang, donnent naissance à des paralysies des muscles du larynx. Les akinésies laryngées se rencontrent dans l'anémie et la chlorose. L'intoxication par le plomb ou par l'arsenic les produit quelquefois. La diphthérie et la fièvre typhoïde sont souvent suivies de l'akinésie des muscles vocaux.
3° Akinésies organiques. — Les faits qui entrent dans cette catégorie sont fort nombreux et dissemblables. Cependant, ils présentent un caractère commun, c'est une lésion matérielle des nerfs qui se rendent aux muscles du larynx. Cette lésion est primitive ou secondaire. Les paralysies de cette classe sont souvent produites par une affection des centres nerveux. Un amas de tubercules au sommet du poumon droit, des exsudats pleurétiques coiffant le sommet du poumon, des dépôts tuberculeux autour de la trachée, le goitre exophthalmique, des tumeurs autour de l'œsophage, l'anévrysme de l'aorte peuvent également les amener. Le rhumatisme est encore une cause puissante.
Les paralysies des muscles du larynx ne permettent pas le rapprochement des cordes vocales ou leur tension dans les phénomènes de la phonation. Aussi la paralysie d'un des muscles ou de plusieurs d'entre eux, est-elle accompagnée par Taphonie, l'enrouement ou la dysphonie. Cependant, l'action des muscles est conservée dans une certaine mesure, pour les mouvements de la respiration, pour l'effort, mais l'accommodation nécessaire, à la phonation ne se fait pas. On a pu noter le timbre particulier de la voix correspondant à la paralysie de tel muscle ou de tel groupe de muscle. Cette étude des modifications de la voix forme pour notre sujet les signes subjectifs.