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Hypertrophie.
Il est une affection des testicules que j’aurais pu placer à côté de l’engorgement chronique, mais que j’ai renvoyée à cette place, à cause du peu d’analogie que ces deux affections ont entre elles ; c’est ce que je vais décrire.
Les testicules acquièrent parfois le double, le triple, le quadruple même, de leur volume normal ; ils n’offrent pas d’autre caractère que celui de l’augmentation du volume, ne présentent aucune trace d’inflammation et conservent leur souplesse, leur sensibilité. Cet état, qui n’amène aucun dérangement ni dans les fonctions de l’organe ni dans l’économie , peut durer un temps plus où moins long et quelquefois rester toujours. M. Velpeau en a observé plusieurs exemples et presque tous sur des habitants des pays intertropicaux. Serait-ce que cette maladie est propre à certains climats? C’est en effet l’opinion du célèbre chirurgien de la Charité. Par les particularités que je viens de signaler, on voit déjà qu’il est impossible de confondre cette affection avec toute autre , même y ressemblant beaucoup, par exemple l’engorgement chronique; en effet, ici comme dans l’affeclion que je désigne , nous avons bien une augmentation de volume ; mais la dureté chronique qui existe dans l’engorgement manque dans l’hypertrophie , mais l’engorgement chronique est sujet à passer souvent à l’état aigu ou au moins à présenter certaines exacerbations, tandis que l’hypertrophie reste inerte. Il n’est pas susceptible de dégénérer ; on ne peut pas en dire autant de l’autre affection. Comme on le comprend , le diagnostic ne présente aucune difficulté.
Spermatocèle ~
Cette affection consiste dans un gonflement douloureux et aigu des testicules et du cordon spermatique. Les anciens pensaient qu’il
était dû à la distension des vaisseaux séminifères, par une trop grande quantité de sperme, sous l’influence d’une continence trop prolongée. M. Bérard n’admet pas cette explication et pense quelle est plus souvent occasionnée par l’empêchement subit ou par l’interruption brusque de l’éjaculation. Fabrice de Hilden semble, par l’observation qu’il rapporte, venir à l’appui de cette assertion. C’est un jeune homme qui, surpris avec sa maîtresse au milieu du coït, ne put terminer l’acte; aussitôt les testicules se gonflèrent et devinrent douloureux. Le début du spermatocèle est brusque, les testicules et l’épididyme se gonflent , le malade ressent une douleur très-vive; les veines spermatiques, au dire de Larrey, se dilatent d’une manière instantanée; la peau du scrotum devient en même temps tendue, luisante et chaude. Tous ces symptômes acquièrent peu d’intensité , les érections sont douloureuses ; mais, si le passage est donné à la liqueur séminale , aussitôt on les voit disparaître ; heureusement le remède n’est pas loin du mal. L’orchite aiguë se rapprocherait un peu du spermatocèle ; mais il y a tant de caractères qui le différencient, que la méprise serait difficile. Cependant, comme la spermatocèle peut donner naissance à l’inflammation réelle, c’est-à-dire à l’orchite , il faudra surveiller le malade, pour saisir le moment du changement de nature de la maladie ; d’ailleurs le spermatocèle n’offre rien de bien sérieux.