‹ Diagnostic différentiel des tumeurs du seinChapitre 12 sur 33 · INFLAMMATION ET ABCÈS AIGUS DE LA MAMELLE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION ET ABCÈS AIGUS DE LA MAMELLE

mation idiopathique du tissu cellulaire sous-cutané peut être occasionnée par quelque cause qui a agi de la peau vers les parties profondes, telles qu’un érythème , un érysipèle, un eczéma, ou quelque autre affection cutanée, une irritation des téguments occasionnée par les frottements, une contusion légère , etc.

En troisième lieu., la connaissance de la marche des accidénts éclairera le diagnostic. La circonstance de plusieurs engorgements douloureux , des bosselures profondes disséminées dans l’épaisseur de là glande, suivie des symptômes qui annoncent la suppuration ; plus tard enfin, le développement des symptômes inflammatoires, du côté de la couche cellulo-adipeuse, ne permettront pas de douter de l’origine profonde de fa maladie. On a, comme le dit M. Velpeau , les signes de l’abcès glanduleux dans les antécédents, et ceux de l’abcès superficiel dans l’état actuel de la maladie.

Cette distinction si importante n’est pas admise par tous les praticiens qui se sont occupés des abcès laiteux de la mamelle. On lit dans le mémoire déjà cité de MM. Trousseau et Contour la phrase suivante : « On dit que, quand l’inflammation phlegmoneuse de la glande se propage au tissu cellulaire, on peut distinguer deux périodes dans la marche de la maladie : l’une lente, appartenant à l’inflammation glanduleuse , l’autre plus rapide, répondant à l’inflammation sous-cutanée. Il ne nous a pas été donné de pouvoir faire cette distinction. » {Loco citato , p. 53.) Nous tirerons de cet aveu cette conclusion que , dans les cas observés par les auteurs, il n’y a pas eu d’inflammation isolée et primitive de la glande, mais bien cette

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irritation simultanée de plusieurs des éléments anatomiques du sein, que nous avons mentionnée à la fin de la description des phlegmons et abcès de la mamelle.

Quatrièmement, la présence du lait dans le pus est un dernier caractère qui sert à distinguer les abcès de la glande, devenus superficiels, de ceux qui se développent primitivement sous la peau. Ceux-ci sont franchement phlegmoneux, et ne renferment pas de lait; ceux-là, au contraire, en laissent toujours écouler avec le pus : peut-être même, qu’avant l’ouverture des abcès au-dehors l’inspection du lait qni s’échappe du mamelon pourrait mettre sur la voie. Nous avons dit que , dans les abcès de la glande, le pus passe à travers les conduits galactophores déchirés, et se mélange au lait qui les parcourt; or, cette communication s’établit peut-être long-temps avant que l’abcès soit devenu superficiel. A l’appui de cette supposition, je vais rapporter une note prise aux leçons de M. Donné sur l’étude microscopique des liqueurs animales. « On rencontre du pus dans le lait, dans les cas d’abcès du parenchyme de la glande, de phlegmon profond, qui quelquefois n’est pas même visible à l’extérieur; cette présence du pus dans le lait peut être un moyen d’arriver au diagnostic de ces abcès. On distinguera facilement au microscope ces globules de pus de ceux du lait, à leur forme arrondie, sphérique, à leurs bords frangés et mal dessinés, à leur diamètre, qui est constamment de i/ioo de millimètre, enfin à ce qu’ils paraissent formés par une membrane albumineuse, transparente, enveloppant trois ou quatre petites granulations plus opaques, visibles pour l’observateur attentif. La solution aqueuse d’iode les colore en jaune , et ne change en rien les globules de

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