‹ Diagnostic différentiel des tumeurs du seinChapitre 13 sur 33 · INFLAMMATION ET ABCÈS AIGUS DE LA MAMELLE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION ET ABCÈS AIGUS DE LA MAMELLE

lait environnants. Ils sont solubles dans l’ammoniaque au bout de quelques moments, tandis que les globules de lait résistent à cet agent. Ces derniers s’en distinguent encore plus facilement par leur aspect général : ainsi, on voit des globules tout-à*fait transparents , surtout au centre, à bords très nets , parfaitement dessinés et sphériques ; il y en a de toutes les dimensions; en effet, ils ne sont pas organisés de manière à présenter toujours le même diamètre, puisqu’ils sont formés par du beurre en émulsion, à l’état de suspension. Ils sont solubles dans.l’éther, tandis que les globules de pus ne le sont pas. »

Cependant ici se présente une objection que nous croyons devoir soumettre aux lecteurs. Le pus qui sort avec le lait par les conduits galactophores, ne peutil pas provenir de l’inflammation même de ces conduits? Dans le cas où cette hypothèse serait vérifiée par les faits, il est évident que la circonstance du mélange des globules du pus avec ceux du lait, considérée comme signe des abcès profonds, perdrait beaucoup de sa valeur. Attendons de l’expérience la solution de cette question.

§ 3. Phlegmons et abcès sous-mammaires. — Les symptômes de l’inflammation aiguë et de la suppuration du tissu cellulaire sous-mammaire, diffèrent tellement de ceux cpii appartiennent aux deux premières espèces de phlegmasie, que je ne pense pas devoir m’arrêter à en établir le diagnostic différentiel. Mais ce qu’il importe davantage de savoir, c’est l’espece d’abcès sous-mammaire qui se présente. On aura lieu de le croire laiteux, si la femnre est dans l’état de lactation, et si elle vient d’éprouver les accidents d’une

mastite aiguë. Ici, comme dans le cas précédent, on aura les signes de l’abcès glanduleux dans les antécédents, et ceux de l’abcès profond dans l’état actuel de la maladie. D’autres fois, on trouvera la cause de l’abcès dans une lésion des parties profondes, des os, des cartilages costaux, de la plèvre, du tissu cellulaire du médiastin, et même du poumon. Il suffit d’avoir énuméré ces diverses origines de l’abcès, pour que le chirurgien soit en garde contre la confusion qu’il pourrait faire des uns avec les autres.

Section V. — Inflammation et abcès chroniques.

La plupart des auteurs parlent d’inflammation chronique, d’engorgement de la"^mamelle, suite d’inflammation aiguë ou d’abcès, qui persiste parce que l’inflammation passe à l’état chronique, état qu’il ne faut pas confondre avec le cancer, mais dont on ne trouve pas dans leurs écrits une description exacte et complète. C’est cette maladie que M. Velpeau, et après lui M. Vidal, ont décrite sous le nom d’hypertrophie fibro-cellula.ire. Nous allons dire quelques mots de l’une et de l’autre de ces affections, c’est-à-dire de l’inflammation et des abcès.

§ i®r. Inflammation chronique. — Elle s’observe, comme nous venons de le dire, à la suite des inflammations ou des abcès aigus de la mamelle ; mais elle peut aussi naître spontanément. Le sein est volumineux, plus ou moins bosselé, plus dur et moins élastique que dans l’état naturel. Il n’y a point de chaleur, point de rougeur, peu ou point de douleur. La masse est mobile, et cependant les téguments semblent col-

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