‹ Diagnostic différentiel des tumeurs du seinChapitre 20 sur 33 · PRODUCTIONS ACCIDEINT. TUMEUR MAMMAIRE · texte numérisé non relu

PRODUCTIONS ACCIDEINT. TUMEUR MAMMAIRE

sauf toutefois le cas où elle débute par la foce profonde de la mamelle. Cet organe se trouvant alors soulevé par la tumeur et interposé entre elle et la main du chirurgien, il s’ensuit que les principaux symptômes manquent, et qu’il devient très difficile, sinon impossible, de reconnaître la maladie. Lors donc que celle-ci est accessible à nos moyens d’exploration, elle se montre sous la forme d’une tumeur très superficielle, extrêmement mobile, dure, non douloureuse. Telle est sa mobilité qu’on peut la faire glisser sous la peau, ainsi qu’à la surface de la glande mammaire, et lui communiquer des mouvements assez étendus sans déplacer cette dernière. Elle est aussi fort remarquable par sa division en lobules, séparés les uns des autres par des intervalles que le loucher permet facilement de constater : ce caractère ne disparaît point, quel que soit le degré de la maladie, et il est tellement tranché qu’on pourrait, dit Cooper, lui donner le nom de tumeur mammaire lobulée. L’absence de douleur au toucher est un symptôme assez constant; cependant A. Cooper a vu un cas où la tumeur devenait sensible sous la pression, principalement quand il survenait quelque indisposition ou pendant l’écoulement des règles.

Cette maladie, parfùtement compatible avec une bonne santé, ne présente aucun caractère de malignité, se complique très rarement d’engorgement des ganglions axillaires, et peut rester pendatit plusieurs années presque stationnaire pour disparaître ensuite dune manière graduelle. Le mariage, la grossesse et 1 allaitement semble;nt être des conditions qui favorisent cette heureuse terminaison. Plusieurs femmes qui portaient de ces tumeurs avant leur mariage les

DiAdNOîstifi nis TrMKtîKS bü srjîi'.

ont vues disparaître après une première grossesse, à la suite de laquelle elles avaient allaité leur enfant.

Quand la tumeur a été enlevée par une opération, il peut s’en développer une autre par la suite. Une des observations d’A. Coopéra pour sujet une femme de vingt-sept ans qui fut opérée deux fois à cinq ans d’intervalle.

Ui^ malade de M. Warren put allaiter son enfant par la mamelle sur laquelle on avait autrefois pratiqué l’ablation d’une de ces tumeurs.

Enfin, A. Cooper termine par les paroles suivantes le chapitre dans lequel il traite de cette affection :

« Bien que ces tumeurs n’aient dans leur début aucun caractère de malignité, et bien qu’elles continuent à être pendant plusieurs années exemptes de toute tendance semblable, cependant, si elles persistent jusqu’à l’époque de la cessation des règles, elles peuvent quelquefois devenir le siège d’un travail nouveau, et subir une dégénération de nature cancéreuse. >? (A. Cooper, trad. franç., p. 622 .)

La tumeur mammaire chronique diffère tellement par sa marche et ses symptômes des maladies dont nous nous sommes occupé jusqu’ici, que nous ne croyons pas devoir insister sur leur diagnostic différentiel. Cependant, un kyste à son début ne peut être distingué d’une tumeur mammaire chronique également récente; et, si l’on voulait comparer ces deux affections entre elles, on serait forcé de rester dans le doute jusqu’à ce que l’état à peu près indéfiniment stationnaire dans un cas , l’accroissement progressif et bientôt rapide dans l’autre, la fluctuation, etc., vinssent révéler l’espèce de tumeur à laquelle on a affaire.

î‘RODUCtt(>NS ACCirtoKNT. tllMlîÜR iftUl'TABtÉ. 8g Section IV. — Tumeur irritable.

On trouve dans A. Cooper, sous le titre de tumeur irritable de la mamelle, la description de deux affections, dont l’une ne paraît être autre chose que la névralgie delà mamelle, et ne doit point nous occuper. L’autre est caractérisée par l’existence d’une tumeur accompagnée de douleurs semblables à celles que l’on observe dans la névralgie; celle-ci appartient à notre sujet, et doit d’autant plus fixer notre attention que plusieurs des symptômes qu’elle présente pourraient faire croire à l’existence d’une affection cancéreuse, bien qu’elle en diffère sous plus d’un rapport.

La tumeur que l’on observe dans cette affection est ordinairement bien circonscrite. Son volume, souvent égal à celui d’un pois, dépasse rarement celui d’une noisette. Elle est très mobile, ordinairement unique; quelquefois cependant on en trouve deux ou trois, et même un plus grand nombre. A. Cooper n’indique pas quel est leur siège habituel ; cependant il est permis de croire qu’il les a rencontrées à la surface de la glande, car, dans les détails qu’il nous a donnés sur l’anatomie pathologique de ces tumeurs, il dit qu’elles paraissent être un produit du tissu cellulaire qui entoure la glande plutôt que du tissu glandulaire. M. Velpeau, qui les a décrites dans son chapitre consacré aux indurations avec névralgie, dit les avoir rencontrées au pourtour de la glande et sous le bord du muscle grand pectoral. M. le professeur Marjolin les a vues plusieurs fois dans le même lieu', et j’ai eu aussi l’occasion de les y observer.

Le moindre attouchement déveleppe dans ces tumeurs des douleurs lancinantes extrêmement vives,

UIAGNOSTIC DES TUMEURS DU SEIW.

qui s’irradient dans les régions voisines, qui s’étendent ordinairement vers l’aisselle, et se proj3agent quelquefois le long du bras jusqu’au coude, ou même dans les doigts. Quelques malades accusent une douleur, occupant le côté correspondant du tronc, et descendant jusque vers la hanche. La femme qui fait le sujet de la 48’;'observation de A. Cooper éprouvait une douleur qui se faisait sentir dans l’intérieur de la poitrine, du côté malade. Ces douleurs reviennent par accès, dont la durée peut varier de quelques minutes à deux ou trois heures. Tantôt ces accès apparaissent sans cause appréciable; tantôt, et plus souvent, ils sont développés soit par le frottement un peu rude des vêtements, soit par un mouvement du bras, soit par des attouchements..très légers exercés sur la mamellç, comme on le voit dans l’exanien nécessaire pour découvrir ces petites indurations ; et, chose remarquable , c’est que la crise douloureu§ç se prolpnge long-temps encore après çette exploration. Les douleursdeyiennent ordinairement plus violentes à rapproche de l’époque menstruelle ; elle s’affaiblissent pendant sa durée, et deviennent ensuite moins intenses, chez une des femmes observées par A. Cooper, elles augmentaient chaque^ foiç que la malade éprouvait quelque émotion désagréable. Lorsque les douleurs sont très violentes, on qbserye quelquefois

des troubles sympathiques de l’estpmac, des vomis* sements.

Bien que ces tumeurs persistent ordinairement plU" sieurs années, leur volume varie très peu; jamais elles ne s’enflamment; la peau qui les recouvre conserve sa coloration normale et sa souplesse.

Cette affection se termine quelquefois d’une manière

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