‹ Diagnostic différentiel des tumeurs du seinChapitre 21 sur 33 · PRODUCTIONS A.CCIDENT. - TUMEUR IRRITABLE · texte numérisé non relu

PRODUCTIONS A.CCIDENT. - TUMEUR IRRITABLE

heureuse, sans le secours d’aucune médication : tantôt alo'rs on voit cesser les douleurs, bien que les tumeurs persistent, tantôt les tumeurs elles-mêmes disparaissent complètement.

Bien que A. Cooper ait eu l’occasion de voir cette affection sur des femmes âgées de trente à quarante ans et même d’un âge plus avancé, il pense qu’elle est plus commune de seize à trente ans; jamais il ne l’a observée avant la puberté. Elle se montre le plus souaent chez des femmes irritables et nerveuses, dont les fonctions utérines ne s’accomplissent point avec régularité: les unes ne perdent qu’une très petite quantité de sang; chez les autres, le flux sanguin est extrêmement considérable; plusieurs malades présentent un écoulement leucorrhéique très abondant.

M. Velpeau décrit une autre forme d’induration avec douleurs névralgiques, qui ressemble par ses caractères essentiels à la variété que nous venons de décrire, mais qui en diffère sous quelques rapports.

Dans cette variété, c’est le tissu même de la glande qui est le siège de l’indar£^on. Celle-ci envahit une partie seulement ou la totalité de la mamelle, <jui est bosselée, et ne présente jxis une augraentation sensible dans son volume. Les malades éprouvent dans le sein des douleurs lancinantes, profondes et sourdes; mais M. Velpeau n’a pas noté, comme pour la variété précédente , que ces douleurs soient éveillées par le moindre contact, qu’elles se propagent en rayonnant dans les régions voisin^es^ qu’elles se montrent sous la forme d’accès, presque de tout point semblables aux douleurs purement névralgiques.

Cette forme de l’induration mammaire paraît d’ailleurs , comme la précédente, liée à quelques troubles

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dans les fonctions utérines. Le célibat semble y pré. disposer. Bien cpi’on l’ait rencontrée che^ des jeunes filles mal réglées et à l’époque de la ménopause, c’est surtout entre vingt-cinq et quarante ans qu’on a le plus souvent l’occasion de l’observer.

Ajoutons, pour compléter cette description, la lenteur de la marche , l’absence des phénomènes inflammatoires, la disparition spontanée de l’engorgement plusieurs fois observée, et l’on aura un tableau assez complet de cette affection, qui a, comme on le voit, plusieurs points de ressemblance avec les affections cancéreuses, mais qui en diffère essentiellement par le défaut de tendance à une transformation de mauvaise nature.

On trouve dans la clinique de Dupuytren, dans un article ayant pour titre : D'une espèce particulière de tumeurs Jîhro-celluleuses enkystées, connues sous le nom de ganglions ou tubercules nerveux Dupuytren a eu plusieurs fois l’occasion d’observer de ces tumeurs dans la mamelle. Rien certainement ne nous autorise à nier l’exactitude de cette assertion ; mais n’est-il pas permis de croire que l’on a pu prendre pour ces tumeurs fibro-celluleuses la première variété de l’induration que nous avons décrite?

La tumeur irritable, de même que la tumeur mammaire chronique, diffère à tous égards des maladies qui précèdent. Peut-être pourrait-on la confondre avec cette dernière : elles ont toutes deux une marche lente, ne tendent point à la dégénération, etc. ; mais l’existence et la nature des douleurs propres à la première, la forme constamment lobulée de la seconde, établissent entre elles des différences tranchées.

productions ACCIDENTELLIiS. — LIPOME. gS

Section V. — Lipôme.

L’accumulation de graisse dans le sein se rencontre sous deux états. Dans le premier, le tissu adipeux subit une hypertrophie générale; dans le second, cette hypertrophie est partielle.

Nous avons déjà dit que nous ne faisions point une espèce distincte de la première forme d’hypertrophie graisseuse; nous avons fondu son histoire dans celle de l’hypertrophie, qui est décrite au chapitre III, et nous n’y reviendrons pas.

Quant à l’hypertrophie partielle, elle a tous les caractères assignés aux lipomes proprement dits. Elle est rare à la mamelle. M. Velpeau n’en a observé que deux exemples. Je sais de M. Denonvilliers qu’il a eu l’occasion d’observer une tumeur de ce genre, qui avait acquis d’assez grandes dimensions, car elle égalait le volume du poing. Le lipôme circonscrit présente l’aspect d’une tumeur lobulée, bien circonscrite, pendante, et même parfois pédiculée.

Il est une forme d’hypertrophie graisseuse qui paraît tenir le milieu entre le lipôme ordinaire et l’hypertrophie générale de la mamelle; elle consiste dans une sécrétion abondante de graisse, soit derrière, soit devant la glande mammaire. A. Coopéra seul fait connaître ce genre de maladie, dont il n’a observé qu’un exemple pour chacune des espèces secondaires qu’elle présente. Dans le premier cas, la tumeur avait débuté par la partie postérieure de la mamelle, et s’était développée entre la glande et la face antérieure du muscle grand pectoral. La mamelle offrait trente et un pouces de circonférence. La pièce, conservée dans le nuisée de riiôpital Saint-Thomas , pèse quatorze livres

g4 DIAGNOSTIC DES TÜMEUES Dü SEIN.

dix onces (poids anglais). Dans le second cas, l’hypertrophie portait sur le tissu adipeux placé au-devant de la glande. Il semblait, avant l’opéj ation , que tout le tissu glanduleux de la mamelle fût augmenté de volume ; mais on put, après avoir incisé la peau, enlever tous les prolongements sans toucher au tissu glandulaire. «Les diverses ramifications, est-il dit, qui constituaient la tumeur, furent retirées d’entre les différentes parties de la glande, de manière à laisser de larges cavités qui avaient servi de réceptacle à cette espèce de tumeur ramifiée. »

Enfin , M. Yelpeau a décrit une espèce d’hypertrophie graisseuse bien différente des précédentes en raison de sa gravité. La lecture attentive du passage consacré à l’exposition des caractères anatomiques de la maladie m’a conduit à penser que ce genre de tumeur appartient aux tumeurs cancéreuses dont nous parlerons plus loin.

Le diagnostic du lipome circonscrit ne présente aucune particularité digne d’être notée. Quant aux tumeurs observées par A. Cooper, elles offrent une grande ressemblance avec l’hypertrophie générale; mais les faits ne sont pas en assez grand nombre, et il n’y a pas assez de détails dans ceux qui sont publiés, pour qu’il soit encore possible d’établir le diagnostic différentiel entre ces tumeurs et l’hypertrophie.

Section VI. — Tubercules.

Les tubercules, seuls et isolés de toute lésion orga-* nique, se trouvent rarement dans la mamelle; il en existe cependant quelques exemples ; un des plus évi-* dents est celui qui a été rapporté par M. INélaton.

«J’ai vu, en i838, M. le professeur Gerdy extirpe»’

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