D. — CONSIDÉRATIONS PATHOLOGIQUES
Ce sont les résultats des épreuves ci-dessus décrites, et, s'il v a lieu, Fobservation du nystagmus spontané qui peuvent nous permettre de diagnostiquer soit la labvrinthite simple, soit la labvrinthite compliquée d'abcès du cervelet.
Nous rappellerons, qu'en somme, toutes ces expériences ont pour but de démontrer que lappareil vestibulaire est normal où aboli, où hvperexcitable, ou hypoexcitable.
a. — Etat normal
A l'état normal, on à :
1° À la rotation, un post-nystagmus horizontal ou rotatoire, de durée normale des deux côtés, ou augmentée où diminuée également des deux côtés:
2 A l'épreuve thermique, un nystagmus franc des deux côtés, rotatoire, dirigé du côté de Foreille injectée, si on se sert d'eau chaude, du côté de l'oreille opposée, si on se sert d'eau froide :
3° À l'épreuve galvanique, un nystagmus se produisant, avec un courant de 10 à 25 milliampères :
% A l'épreuve pneumatique, aucune réaction :
9° Pas de nystagmus spontané,
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b) Appareil vestibulaire aboli
1° À la rotation. — Abolition bi-latérale : pas de post-nystagmus : abolition unilatérale : si la rotation est dirigée dans le sens de Foreille malade, le post-nystagmus se produit vers l'oreille saine : si la rotation a lieu dans le sens de l'oreille saine, il n°4 a pas de post-nystagmus :
2% L'preuve thermique. — Abolition bilatérale : pas de nystagmus thermique: abolition uni-latérale : si on opère du côté malade, pas de nystagmus: Si on opère du côté sain, il v aura un nystagmus dirigé du côté sain, si on emploie leau chaude, du côté malade, si on emploie l’eau froide :
30 Épreuve galeanique. — Elle est négative quand l'électrode négative (dans la méthode unipolaire) est placée sur l'oreille malade.
Nous ne citons cette épreuve que pour mémoire, étant donné que ses résultats sont encore {trop diseutés: ils n'auront d'importance que dans l'hyperexcitabilité.
4 Épreuve pneumatique. — Elle est négative dans l'abolition complète, comme dans l'état normal, par conséquent ne donne aucun renseignement.
Elle ne donne d'indication utile que lorsqu'il y a fistule du labyrinthe osseux avec intégrité du labyrinthe membraneux. Dans ce cas, on à un nvystagmus de sens variable.
5 Épreuve par excitation directe. — Les mêmes remarques peuvent être faites que pour l'épreuve pneumatique, |
G Nyslagnus spontané. — S' Y à un nystagmus Spontané, il sera dirigé vers l'oreille saine.
Dans ce cas, ce n'est que le labyrinthe qui est touché.
Sile nystagmus spontané est dirigé du côté malade, on peut affirmer qu'il y à abeès du cervelet compliquant la labvrinthite.
ec) Hyperexcitabilité
1° Epreuve par rotation. — Hyperexcitabilité unilatérale : Si la rotation est dirigée dans le sens de l'oreille malade, le post-nystagmus sera dirigé du côté de loreille saine: il ne sera pas augmenté.
Si là rotation se produit vers loreille saine, le post-nystagmus, dirigé du côté de l'oreille malade, sera plus fort que le précédent.
Hyperexcitabilité bilatérale : Le post-nystagmus dans les deux sens sera également augmenté etil v aura coexistence de symptomes vertigineux.
2, Epreure thermique. — Hyperexcitabilité unilatérale : Si lon opère du côté malade, le nystagmus sera rapide et intense, il se produira dans un délai de quelques secondes: si Fon opère du côté sain, la réaction sera un peu plus rapide que chez un sujet normal, à cause de l'irritation réflexe partie du labyrinthe atteint.
Hyperexcitabilité bi-latérale : Le nystagmus thermique sera très rapide et très intense des deux côtés.
3° Épreuve galvanique. — Le nystagmus galvanique apparaît avec moins de 10 milliampères,
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0 et 5° Épreuve pneumatique el épreuve par excilation directe. — Ces épreuves donneraient des réactions tellement vives, qu'on ne peut les utiliser.
6° Nystaginus spontané. — Il est dirigé du côté de l'oreille malade. Il n'existe qu'en cas de lésion aigüc:; ilest très souvent absent en cas de lésion
lente et progressive.
d.— Hypoexcitabilité
1° Épreuve par rotation. — Hypoexcitabilité uni-latérale. Si la rotation est dirigée dans le sens de loreille malade, le post-nystagmus se produit normalement, vers l'oreille saine: si la rotation a lieu dans le sens de l'oreille saine, le post-nystagnus, dirigé du côté malade, est fortement diminué.
Hypoexcitabilité bi-latérale. Le post-nystagmus est diminué également des deux côtés, quel que soit le sens de là rotation, et il v a coexistence de Svmptomes vertigineux.
2 Épreuve thermique. — Le nystagmus thermique est retardé et faible, d’un seul côté ou des deux côtés, suivant qu'il y a hypoexcitabilité uni ou bi-latérale : |
3 Épreuve galranique. — Le nvstagmus galvanique peut ne pas se produire.
4 et 5° Épreuves pneumatique et par excitation directe, — L'épreuve par ceXcitation directé peut être encore positive, alors que la réaction calorique à disparu,
6° Nystagmus spontané, — [| n'y à pas de nystaginus spontané,
De tout ceci, il faut retenir que toutes ces épreuves se complètent et se contrôlent réciproquement. Chacune à son application spéciale suivant les eas.
Ainsi, l'épreuve par rotation est indiquée dans les cas où les symptômes vertigineux sont peu accentués. Elle à un inconvénient, c'est de ne point permettre une exclusion absolue du vestibule opposé à celui soumis à l'examen.
L'épreuve galvanique sera bien appropriée pour la mesure quantitative de lFhyperexcitabilité vestibüulaire, en raison de lintensité considérable (40 à 25 milliampères), nécessaire pour provoquer le nystagmus dans les conditions normales et de la facilité que l'on à à doser l'excitant.
L'épreuve pneumatique servira à mettre en évidence les fistules du labyrinthe osseux, avec intéerité du labyrinthe membraneux : elle est très utile également chez les hérédo-syphilitiques où les épreuves rotatoire, thermique et galvanique restent souvent négatives.
L'épreuve par excitation directe ne pourra être faite que dans quelques cas particuliers.
C’est l'épreuve thermique qui présente 1e plus d'avantages : elle pourra être faite très facilement, puisqu'elle n'exige aucun appareil spécial et qu'on peut la faire chez un vertigineux alité. L'excitation qu’elle produit porte pour ainsi dire presque exclusivement sur le labyrinthe examiné, à l’exclusion du labyrinthe opposé et elle porte sur l’ensemble du labyrinthe, alors que dans lépreuve rotatoire, ee
sont surtout les canaux horizontaux qui sont excités. On comprend dont que cette méthode soit recommandée par de nombreux auteurs : Barany, Lermovez, Hautaut, Chanoine d’'Avranches, etc.
C’est surtout l'épreuve par l'eau froide qui est Ta plus sensible, mais, comme elle est la plus désaoréable pour le patient, on ne devra lFemployer que lorsque l'épreuve à l’eau chaude n'aura pas donné desréniéxe:
. Toutes ces manœuvres devront être employées avec discrétion, car elles produisent toutes des symptômes vertigineux. Aussi, leurs plus importantes indications sont-elles les labvrinthites latentes, les états vertigineux sans signes objectifs, et, en médecine légale, la simulation du vertige. Dans ce dernier cas, comime lont montré Lermovez et Hautant, Lannois, l'épreuve calorique permettra souvent de faire 1e diagnostic de simulation labvrinthique. Dans bien des cas, en effet, dans les labvrinthites diffuses, l'appareil acoustique et appareil vestibulaire seront détruits et Fabsence du réflexe nystagmique permettra le diagnostic : mais il faut se souvenir que l'intégrité de Fexcitabilté vestibulaire, constatée par la méthode du nystagmus calorique, ne permet pas d'admettre que la surdité accusée par un blessé soit simulée. L'épreuve nystagmique ne peut exclusivement renseigner que sur l'état fonctionnel du labvrinthe postérieur. La démonsration de la simulation ou de la non-simulation de la surdité ne peut être faite que par les épreuves qui interrogent directement le labyrinthe antérieur ;
ns
dans ce cas, les épreuves acoumétriques gardent toute leur valeur.
Buys à imaginé un appareil, qu'il à dénommé nystagmographe, et qui permet de déceler le nystagmus dans les cas où il est peu apparent. C'est ainsi que, pour le nystagmus par excitation galvanique, Buys à pu révéler un nystagmus avec un courant de moins de 3 milliampères.
L'appareil se compose de deux ampoules réceptrices portées par un statif, relié lui-même à un bandeau frontal : Fampoule est mobile sur le statif et une vis sert à régler sa pression sur le globe oculire. L'ampoule communique par voie pneumatique les mouvements du globe de Foœil à un tambour enregistreur. Cet appareil permet d'enregistrer lintensité et la rapidité d'un nystagmus, complétant ainsi les données de Fexamen clinique, qui ne permet d'apprécier que la forme du nystagmus et sa durée.