‹ Diagnostic différentiel entre l'abcès cérébelleux et la pyolabyrinthiteChapitre 41 sur 50 · ER TE · texte numérisé non relu

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un état somnolent, troublé par des crises de douleurs frontales. 11 demande lui-même que je l'opère une seconde fois.

En présence de l'aggravation des symptômes, je propose aux parents une nouvelle intervention, afin d'ouvrir le canal horizontal et de ponctionnes le cervelet en avant du sinus sigmoiïde. On me refuse d’ihtervenir, les intéressés jugeant le cas désespéré. Pouls très variable et irrégulier.

4, 5 et 6 février : l'état général est mauvias ; les accès douloureux se localisent dans l'os frontal droit et à la racine du nez ; les réponses aux questions sont lentes et le malade, très colérique, ne demande qu'à être laissé tranquille ; il se couche de préférence sur le côté malade et reste dans un état somnolent continuel ; il a des accès nauséeux ; l'intelligence est intacte ; il n'accuse plus de diplopie et le nystagmus a totalement disparu.

7, 8 et 9 février : le malade reste immobile et somnolent ; il ne se plaint de rien ; il n’y a plus de nystagmus spcntané, ni de diplopie ; pas de paralysies ; l'intelligence est intacte et par moments, il a des accès colériques. Le pouls filiforme et à peine perceptible frappe de 100 à 125 pulsations.

10 février : à partir de minuit, le malade fut très agité et les céphalalgies frontales et les vomissements réapparurent. Nous ne constatons aucun trouble moteur ; ni raideur de la nuque, ni signe de Kernig. Le pouls frappe 55 au repos, et 100 au moindre mouvement.

11 février : même état général pendant la matinée ; il réclame avec instance des cataplasmes de farine de lin très chauds sur la tête. À 5 heures, je fais le pansement pendant lequel le malade est très gêné de la respiration, répétant sans cesse : « J'étouffe ». Il se plaint aussi de ne pouvoir ouvrir facilement la bouche, à cause d’un léger spasme des wauseles masticateurs. Le malade complètement affaissé à partir de 7 heures du soir s'éteint doucement sans douleur ct sans fièvre, vers 1 heure : du matin.

Autopsie (résumé). — Pas de traces de méningite ni à la base, ni à la voûte. Le Iobe gauche du ccrvelet est fortement augmenté de volume, et sur le sillon circonférentiel, au niveau correspondant du trou auditif interne, se montre un orifice conduisant dans un volumineux. abcès, rempli d'un pus crémeux, verdâtre, d'une odeur nauséabonde. Un examen minutieux de la paroi labyrinthique fait voir une minuscule perforation ponctiforme située au niveau du ligament annulaire de la fenêtre ovale. Un mince fil. de métal passé par

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cette perforation sort par le conduit auditif interne pour entrer dans l'abcès du cervelet. Au niveau du canal horizontal on ne trouve pas de perforation, et cette tache sombre que l'on voyait au cours de l'intervention n'était que de l'usure de la paroi labyrinthique.

Réflexions (résumé). — Vande Calseyde ajoute : « Au cours de la première intervention, l’abcès extra-dural qui paraissait atteindre la pointe du rocher, et l'usure au niveau du canal semi-circulaire horizontal me paraissaient des raisons suffisantes pour expliquer la diplopie et le nystagmus horizontal. L'épreuve nystagmique thermique eût pu trancher ici la question, si mon malade eut été moins récalcitrant. Cette excitation du vestibule est, en effet, très énergique et, dans le cas où elle ait été négative, j'eusse été en droit d’attribuer le nystagmus spontané à une lésion située au niveau des centres vestibulaires, et qui ne pouvait être ici qu'un abcès du cervelet .

J'avais cependant dans le résultat négatif de la rotation active un signe de haute valeur qui, en ce moment, n’attira pas suffisamment mon attention, considérant ce mode isolé d'investigation du vestibule comme trop peu efficace pour servir de base à mon diagnostic ; plus tard les symptômes devinrent nets et le doute n'était plus possible.

A constater aussi l’absence de température qui permettait d’écarter la leptoméningite purulente.

Un autre point assez important à signaler dans cette observation, c’est la grande variabilité du pouls au moindre déplacement du malade. Ce symptôme a d'ailleurs été signalé par Oppenheim comme pathognomonique des tumeurs du cervelet.

Enfin il n’y avait point de troubles subjectifs dans l'oreille atteinte.

OBSERVATION XVI UFFENORDE. — Société Allemande d'Otologie, mai 1910

Labyrinthite suppurée circonscrite. — Empyème du sac endolymphatique. — Abcès du cervelet consécutif à une otite cholestéatomateuse.

Ce cas à présenté une suppuration du labyrinthe cantonnée uniquement dans le vestibule et dans les canaux semi-cir-

Culaires. De là la suppuration s'était propagée au sac endolymphatique, qui, comme toujours, à produit l'abcès cérébelleux. Cliniquement on pouvait constater seulement des phénomènes vestibulaires, tandis que l'audition, quoique très compromise existait toujours. L'existence d'une labyrinthite S'imposait néanmoins en raison de l'existence de phénomènes endocrâniens (vomissements).

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