‹ Diagnostic différentiel entre l'abcès cérébelleux et la pyolabyrinthiteChapitre 44 sur 50 · MORE · texte numérisé non relu

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1° La thrombo-phlébite du sinus latéral. — A part les fongosités qui recouvraient sa paroi, lors de la première intervention, rien n'attire l'attention de ce côté. Il n’y a jamais eu de grand frisson, suivi de transpirations profuses, ni defièvre élevée.

20 La leptoméningile purulente. — Le marche de la maladie et l'absence complète de température n'y font pas sonzcer. De plus, le liquide céphalo-rachidien est pauvre en polynucléaires.

3° Méningite tuberculeuse. — La formule leucocytaire du liquide y fait penser, mais on sait que les abcès extra-duraux et les abcès cérébraux voisins de la corticale peuvent déterminer une irritation légère, qui se traduit surtout par de la lymphocytose.

4° L'abcès cérébral. — Certes, la marche de la maladie et l’ensemble des signes que présente tout à coup le malade rendent ce diagnostic possible. Mais, outre les troubles de l'équilibre, les désions d'ostéite et de pachyméningite localisées uniquement à la fosse cérébelleuse invitent tout naturellement à penser d'abord à un abcès du cervelet.

59 La pyolabyrinthite seule ou compliquée de méningite séreuse. +

6° L'abcès du cervelet, seul ou consécutif, ainsi qu'il arrive souvent à une suppuration du labyrinthe. Ces deux derniers groupes d’affections peuvent composer un tableau clinique identique, impossible parfois à différencier.

Apathie, céphalalgie, troubles de l'équilibre, nystagmus se rencontrent dans la pyolabyrinthite comme dans l’abcès du cervelet, D'autre part, cette première affection se compliquant souvent de méningite séreuse, l’état cérébral dans lequel se trouvait le malade et caractérisé par le ralentissement du pouls, la somnolence, les troubles de la mémoire, pouvait trouver ainsi une explication suffisante. L'hypothèse d’une méningite séreuse n'était plus guère possible après l'examen du liquide céphalo-rachidien, riche en éléments figurés.

D'autre part, la conservation presque complète de l'ouïe et l'absence de bruits subjectifs, dans l'oreille malade, per-mettaient d'écarter d'emblée la participation du labyrinthe acoustique au processus inflammatoire.

Il ne restait donc plus qu’à se renseigner sur l'état du labyrinthe vestibulaire, c'est-à-dire à éliminer l'hypothèse d'une labyrinthite circonscrite.

Ainsi que je l'ai dit plus haut, le malade était atteint de

Dr

mt de

nystagmus droit, dans le regard extrême droit. La présence de ce symptôme, bien que n'existant qu'à un léger degré, était ici d'un intérêt particulier. Etait-il ou non d'origine labyrinthique (simple irritation ou suppuration) ?

C'est par l'épreuve de Barany que Dortu a fait le diagnostic. En effet, s’il y avait eu labyrinthite, l'épreuve de Barany aurait été positive. Or, dans ce cas, l'injection d’eau chaude est restée sans effet sur l'œil : le nystagmus droit a persisté sans être influencé.

Il fallait donc admettre une destruction en un point de l'arc réflexe. Ce n'était certainement pas au niveau du labyrinthe, puisque dans ce cas nous aurions un nystagmus spontané gauche. C’est donc dans les voies de communication. Or, comme dans notre cas, tout faisait supposer un abcès du cervelet, c'est à ce niveau qu'il y avait lieu d’admettre la destruction. Enfin, en plus pour l’abcès du cervelet, il y avait toute l'aggravation de l’état général.

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