‹ Diagnostic du Cancer du Corps Utérin: En particulier avec les MétritesChapitre 14 sur 47 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Évolution

L'évolution du cancer utérin est très lente. Il faut plusieurs années au néoplasme pour envahir le péritoine, pour dépasser le stade de maladie purement locale où 1l se cantonne. Longtemps il évolue surtout en surface, le muscle réagissant par un épaississement quelquefois très important, avant d’être envahi. A la longue, la paroi utérine se laisse distendre, s’amincit, et, c’est dans les cas avancés seuls, qu’une mince couche musculaire sépare la tumeur du péritoine viscéral.

Le paramètre n’est pas envahi, car, comme l'ont montré Leveuf et Godard, les Iymphatiques du corps se détachent au niveau de ses angles, suivent les vaisseaux utéro-ovariens, vont se jeter dans les ligaments infundibulo-pelviens et, de là, dans les ganglions lombaires du côté correspondant. La base du ligament large n’est donc que rarement et très tardivement pénétrée par le cancer. Le péritoine atteint, le premier organe cancérisé est souvent l'S iliaque. Notre maître, le Professeur Bérard, en a publié, en 1910, une observation typique ; nous en avons également une observation dans notre statis-

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tique (obs. 3). Le grêle, l'épiploon peuvent être également atteints.

Malgré la lenteur de son évolution, si rien n’entrave son développement. le cancer se propage à distance.

Nous avons vu que les ganglions du paramètre ne sont que rarement atteints et que la propagation lymphatique était très lente.

La propagation au vagin n’est pas plus fréquente.

Le Professeur Tixier l’a fait étudier dans la thèse de son élève Mikaïlovith où, trois cas sur 27 observations, sont rapportés. Nous-même en avons observé trois sur nos 72 cancers utérin (obs. 18, 24, 44). Nous faisons observer, d’ailleurs, qu'aucune de ces malades n'avaient subi de curettage avant l’hystérectomie, et que, dans nos trois cas, on ne peut incriminer une manœuvre intra-utérine comme le fait J. Duval dans sa thèse.

L’envahissement des ovaires se rencontrent plus souvent, soit qu'il se fasse par la voie transtubaire, soit par la voie lÿmphatique. Cameron l’a constaté neuf fois sur 31 cas; Bisch quatre fois sur 60 cas ; nous-même quatre fois sur 72 observations.

Les métastases osseuses sont rares. Bisch cite une observation dans sa thèse; MM. Cotte et Bertrand en ont publié également un cas. Nous en avons une observation (obs. 59). Une de nos malades fut opérée à 39 ans pour un cancer du corps et fut revue six ans après, avec une métastase au niveau du col du fémur gauche.

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