CHAPITRE: IV
Les associations
Fréquemment, le cancer utérin évolue associé à d’autres lésions génitales qui, tantôt sont au premier plan de l'histoire clinique, tantôt sont des découvertes opératoires.
a) Association d’un cancer ultérin et d’un fibrome
Ces deux affections coexistent assez souvent. Nous ne les avons rencontrées que deux fois associées (obs. 9 et 18), mais ce chiffre est en-dessous des chiffres habituellement cités. Bisch, dans dix pour cent de ses observations, note cette coexistence. Duval la signale neuf fois sur 136 cancers. Les chiffres, même importantsd’association de ces deux affections, n’ont d’ailleurs rien qui puissent surprendre, le nombre des fibromes restant inaperçu cliniquement étant très important.
Beaucoup moins souvent rencontrés sont les fibromes cancérisés, le myome étant le siège d’un épithélioma primitif. Piquand, dans sa thèse, a pu en réunir 19 observations dont douze sont indiscutables. Dans ces
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cas, le cancer se développe au dépens d'éléments épithéliaux inclus dans la tumeur, éléments qui existent fréquemment dans les fibromes-myomes.
Nous avons également une observation de leiomyome malin (obs. 67), tumeur assez rare dont notre maître le Professeur Bérard avait déjà publié, en 1910, une observation.
b) Association d’un goître et d’un cancer
Nous avons noté, dans nos observations, deux fois la coexistence, probablement due à un simple hasard, d’un cancer utérin et d’un goître (obs. 51, 54). La première malade était porteuse d’un goître banal associé à un cancer utérin; l’autre malade, plus intéressante, présentait un léger Basedow, une tumeur maligne de l’ovaire et un cancer glandulaire.
c) Association d’un cancer utérin et d’une tumeur ovarienne
Nous avons rencontré quatre fois un néoplasme associé soit à une tumeur bénigne, soit à une tumeur maligne (obs. 7, 28, 29, 51). Dans un seul cas la tumeur ovarienne était un kyste banal (obs. 7). Les trois autres étaient des tumeurs malignes.
Nous avons été frappé de ce fait que, dans deux cas (obs. 7, 29), les néoplasmes utérins étaient du type pavimenteut.
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Enfin, une de nos observations (obs. 28) montre l'association de trois lésions : cancer glandulaire, tumeur végétante de l’ovaire et fibrome.
Dans 5,5 pour cent de nos cas, il y avait donc coexistence, chiffre moins important que celui de la clinique Mayo qui est de 11,9 pour cent ; que celui de Bisch (4 cas sur 60) ; plus important que celui de J. Duval qui rencontre quatre fois la coexistence sur 136 observations. Nous avons vu qu'il y a des cas ou évidemment la tumeur ovarienne est secondaire au néoplasme utérin (obs. 28), mais, de même qu’il semble que les tumeurs de l’ovaire favorisent le bouleversement de la muqueuse, de même on a pu penser qu’elles facilitaient la transformation cancéreuse des glandes utérines.
Tout au moins, peut-on avancer trois choses :
19 L’association des tumeurs bénignes ou malignes de l’ovaire et de la métrite hyperplasique est un fait courant.
29 L'association tumeurs bénignes ou malignes de l’ovaire et cancer utérin n’est pas rare.
39 Les métropathies hémorragiques, d’origine ovarienne de la femme encore en période d'activité génitale, s’accompagnent d’hyperplasie glandulaire au niveau de la muqueuse du corps.
Autrement dit, les tumeurs de l’ovaire peuvent transformer la muqueuse utérine et cette transformation peut aller jusqu’au cancer.
On pourrait penser que les néoformations ovariennes amènent, chez les femmes âgées, la résurrection de la fonction de l’ovaire, depuis longtemps disparue,
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et que ce nouvel état physiologiques’accompagne d’un nouvel état anatomique de la muqueuse. Le fait est connu pour certaines tumeurs malignes rares, développées au dépens des cellules folliculaires, mais il reste difficile de comprendre pourquoi certaines tumeurs s’accompagneraient de cancer utérin, et pourquoi d’autres, d’un simple retour à l’état pré-menstruel, s’exagérant quelquefois jusqu’à donner les lésions de l’hyperplasie glandulaire. Ces coexistences sont d’ailleurs assez rares et il faudrait un nombre de faits semblables beaucoup plus importants pour qu’on en puisse tirer une conclusion.
Ces faits seraient plus compréhensibles si l’on admettait qu'avant de passer au stade cancéreux, l’utérus franchisse une étape d’hyperplasie simple ? Nous verrons qu'histologiquement il est bien difficile d’accepter cette façon de voir et que, cliniquement, il en est de même. Il est donc impossible d’expliquer l’action favorisante des tumeurs ovariennes sur le développement du néoplasme utérin.
Nous pensons qu’il y a là une simple coexistence et qu’on ne peut actuellement trouver entre les deux une relation de cause à effet.